Valérie Messika a lancé une marque qui lui ressemble : Je voulais venir avec un autre état d’esprit, une énergie, une façon autre de porter le diamant... Messika, c’est un style !"

Messika, la marque de diamants qui claque : Gigi Hadid en a été l'égérie récente et a réalisé une collection pop-up, Beyoncé a fait découvrir les pièces Move au monde entier quand elle a découvert la boutique parisienne en 2014 et c'est Kate Moss qui cet hiver en est l'image (avec Joan Smalls et Sylvia Hoeks). Cette maison parisienne qui n'a que 15 ans a même inspiré les vénérables maisons de la place Vendôme pour regarder le diamant et la joaillerie avec un oeil neuf. Et il n'est pas rare de voir des jeunes filles économiser anniversaire après anniversaire pour s'offrir un "bijou de peau" signé de la marque : collier, bracelet ou boucles d'oreilles qui pourront lui apporter "ce supplément de mode et de confiance" qui se veut justement dans l'ADN de la société lancée par Valérie Messika.

Rencontre avec une créatrice devenue aussi fine stratège... Mais qui suit toujours son intuition, c'est ce qui la rassure !

La marque Messika est véritablement apparue sur le devant de la scène il y a 5 ans, pourquoi selon vous?

On a ouvert la toute première boutique à Paris en 2013, suivie quelques mois après de l’Atelier de joaillerie, cela a été deux temps forts. Mais surtout, on a eu la chance que Beyoncé croise la route de Messika. A cette époque, elle a commencé à porter nos bijoux et comme elle est incroyablement prescriptrice de la mode au niveau mondial, elle nous a ouvert la porte d’une visibilité extraordinaire. Depuis, elle nous est fidèle, elle a une tendresse particulière pour la maison, elle porte des bijoux Messika sur moult tapis rouges mais aussi chez elle et même dans ses clips. Par la suite, travailler avec Gigi Hadid en 2017 nous a aussi donné une visibilité considérable.

En fait, les Etats-Unis vous adore !

Cela reste cependant une toute petite partie de notre chiffre d'affaires mais c'est une vitrine avec des événements qui brillent worldwide ! En fait, le premier marché en dehors de la France qu’on a développé il y a 15 ans, c'est la Belgique. Cela a été une opportunité de rencontre avec la maison Tollet. Je me souviens, j’étais venue avec ma petite valise contenant mes premières collections pour les présenter à Didier Tollet qui a tout de suite embrayé alors que c'est un acteur fort du secteur. Et nous avons inauguré l'hiver dernier notre première boutique au Sablon à Bruxelles.

Mais pourquoi le diamant et rien que ça ?

Le diamant, c'est mon engagement par rapport à mon père notamment qui est toujours mon fournisseur. Plus jeune, c’était mon mode de communication avec lui. Mon père est un passionné, j’ai rapidement compris que si je voulais rentrer dans son univers, je devais comprendre de quoi il retournait. J’ai été toujours très admirative de son parcours et en tant qu’aînée, j’ai voulu rendre hommage à son entreprise. Il me montrait des diamants, me demandait de choisir qu’elle était la plus belle pierre selon moi, on cherchait l’inclusion, le détail, l'éclat. C’était assez ludique et c’est comme ça que j’ai aiguisé mon œil. Je joue encore avec ça dans l'exécution de mes bijoux très fins.

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Beyoncé est une fidèle de la marque. Ici lors d'un récent shooting avec le bracelet Angel Hand.

Votre succès a étonné les grandes maisons de joaillerie parisiennes

On me l'a dit donc oui je peux le dire : des grandes maisons de joaillerie ont été surprises et même admiratives de la fulgurance de notre succès dans un secteur très conservateur. Certaines marques nous ont même dit que cela avait contribué à donner un coup de pied dans la fourmilière. Quand on voit un jeune acteur qui casse un peu les codes, qui crée des néo-porters, cela donne envie d'innover, de se dire que ce n’est pas parce qu’on est centenaire qu’il faut se reposer. Bien sûr, je ne dis pas que ce n’est que grâce à nous mais indubitablement, on a fait bouger le secteur.

Vous avez fait entrer la joaillerie dans la mode...

Quand des top-models et des stars ont commencé à porter nos bijoux. Conjointement à cela, les magazines se sont mis à beaucoup plus parler de joaillerie et des bijoux portés sur les tapis rouges. Un phénomène du it-bijou est apparu, comme le it-bag auparavant. C'était clairement ce que je voulais quand j'ai lancé Messika : offrir une autre approche plus fashion au diamant. Je voulais venir avec un autre état d’esprit, une énergie, une façon autre de porter le bijou... Messika, c’est un style ! Et cet ADN disruptif qui me mène toujours se retrouve au coeur de la création mais aussi de la "stratégie" Messika.

On a dit de Messika qu'elle rendait le diamant accessible à tous. Est-ce encore le cas?

Ce n’est pas parce que j’ai fait de la haute joaillerie que j’ai laissé de côté l’accessible. On a lancé des produits avec Gigi Hadid à partir de 700 euros ou 1000 euros. On a une densité de produits très importante dans cette entrée de gamme en or et argent. Mais d’autre part, cela ne pouvait être que bénéfique pour celles et ceux qui achètent ces produits de voir la marque monter en gamme. L'objectif de tout cela, c'est finalement de voir les femmes se sentir plus confiantes, contrinuer à leur empowerment.

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Alicia Keys, sur scène avec des créoles Move Romane.

L'inspiration, elle vient toujours à vous de la même façon qu'avant ?

je regarde les bijoux bien sûr partout, tout le temps sur tout le monde mais aussi les accessoires de mode comme les sacs, les chaussures. J'enregistre aussi ce qui ressort des bijoux fantaisie, de l’architecture, du design d'une lampe, d'un geste autour d’une chaise ! J’accumule plein de choses par les yeux et puis à un moment il y a une idée qui vient comme si l’ordi se mettait à tout combiner, c'est toujours mystérieux et étonnant.

Votre collection fétiche ?

La collection Move parce que sans elle, il n’y aurait pas de marque en fait. Pour exister, il faut avoir un produit reconnaissable, iconique. Aujourd’hui il y a 350 références mais je suis très contente que les gens reconnaissent le produit, même s’ils ne connaissent peut-être pas la marque. Là où j’ai cette fierté c’est qu'avec Move, je peux tirer le fil en le transformant chaque année avec des formes différentes et c’est une force. C'est notre intemporalité à nous !

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La nouvelle collection Lucky Move

Qu'est-ce que vous ne quittez pas ?

J’aurais toujours une paire de boucle d’oreilles et mon bracelet Skinny qui font partie de mes bijoux de peau, qui ne me quittent pas.