Felipe VI fait une allusion remarquée au scandale Juan Carlos

Son allocution de Noël était attendue de pied ferme en Espagne.

Felipe VI fait une allusion remarquée au scandale Juan Carlos
©AFP
R.P.

En 2020, les Espagnols n'ont pas seulement dû faire face au coronavirus, ils ont également vu leur monarchie s'engluer dans un scandale retentissant : la désormais tristement célèbre affaire Juan Carlos. C'est donc avec un intérêt tout particulier que la population a écouté le discours de son fils Felipe VI le 24 décembre. Le Roi n'a pas manqué de faire allusion à celui qui est en exil à Abu Dhabi depuis le mois d'août.

"Principes moraux"

"Déjà en 2014, au cours de mon intronisation devant le Parlement, je m’étais référé aux principes moraux et éthiques que les citoyens attendent de nous", a-t-il expliqué, grave, la veille de Noël. "Des principes qui nous concernent tous sans exception, et qui prévalent sur toutes les considérations quelles que soient leur nature, y compris personnelles ou familiales", a affirmé l'époux de Letizia avant d'ajouter : "en accord avec mes convictions, cela a toujours correspondu à la manière de concevoir mes responsabilités comme chef de l’État dans l’esprit de réforme qui inspire mon règne depuis le premier jour". Une manière délicate de se distancier de son père, qu'il n'a toutefois jamais ouvertement cité durant sa déclaration officielle.

Alors que Juan Carlos, entaché par trois enquêtes judiciaires, s'est déjà acquitté d'une ardoise fiscale d'un montant de 678 393 euros au début du mois de décembre, Felipe VI a de son côté affirmé qu'il déclinerait son héritage. Un processus qui marquait le début d'une douloureuse, mais nécessaire séparation pour le bien de la monarchie espagnole. Cet été, un sondage relayé par El País révélait en effet que 40,9% des Espagnols seraient favorables à la mise en place d'une République dans le pays, alors que seuls 34,9% des interrogés se déclaraient pour le maintien de la monarchie en cas d'éventuel référendum sur le sujet. Une chose semble certaine : l'actuel Roi n'a pas le droit à l'erreur. 

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