Braquage de Kim Kardashian en 2016: 12 personnes renvoyées devant les assises

Cinq ans après le retentissant braquage à Paris de la star américaine Kim Kardashian, deux juges d'instruction ont ordonné vendredi le renvoi aux assises de douze personnes, a appris l'AFP de source proche du dossier.

Braquage de Kim Kardashian en 2016: 12 personnes renvoyées devant les assises
©AP
AFP

3 octobre 2016, 2H30 du matin : "Omar le Vieux" et "Yeux bleus" rentrent dans l’appartement parisien de Kim Kardashian, la ligotent et repartent avec ses précieux bijoux. Cinq ans plus tard, 12 personnes, dont des braqueurs à l’ancienne, sont renvoyés aux assises.

"Un tuyau en or"

Depuis qu’il s’est enfui à l’issue de son procès pour trafic de stupéfiants six ans plus tôt, Aomar Aït Khedache, alias "Omar le Vieux", est en cavale quand, en septembre 2016, une connaissance lui refile un "tuyau en or", selon une source proche du dossier : la vedette de téléréalité Kim Kardashian, 36 ans et multimillionnaire, va séjourner dans une discrète résidence hôtelière à Paris pendant la Fashion Week qui se tient quelques jours plus tard.

Pour les enquêteurs, "Omar le Vieux", qui à 60 ans vit sous une fausse identité et de petits boulots, a été renseigné par le gérant d’un bar, Florus Heroui, lui-même averti par un certain Gary M..

Gary M. aurait eu vent de la venue de la star par son frère, chauffeur, habitué à véhiculer les Kardashian lors de leurs séjours parisiens.

Fort de ce tuyau, "Omar le Vieux" monte une équipe, constituée notamment de "beaux mecs à l’ancienne".

Selon les enquêteurs, il fait appel à Didier Dubreucq, 61 ans, dit "Yeux bleus", condamné pour braquage et trafic de stupéfiants. A Yunice Abbas, 63 ans, "tombé" pour vol aggravé. Et à Pierre Bouianer, 72 ans, un ami de sa compagne Christiane. Est aussi convié le fils du "chef", Harminy Aït Khedache, chargé de véhiculer une partie de l’équipe sur les lieux du braquage.

Six millions de préjudice

Cette nuit-là vers 2H30 du matin, la vedette se trouve dans son appartement, sans garde du corps, quand "Omar le Vieux", "Yeux bleus" et Yunice Abbas arrivent, rejoints à pied par Pierre Bouianer.

Masqués, vêtus de blousons de police, ils menacent le veilleur de nuit qui leur ouvre la porte de l’immeuble. Trois d’entre eux font le guet, tandis qu’"Omar le Vieux" et "Yeux bleus" montent jusqu’à l’appartement de Kim Kardashian. Une arme braquée sur sa tempe, ils la ligotent, la bâillonnent avant de l’enfermer dans la salle de bain.

Les braqueurs emportent plusieurs bijoux en diamant et en or, dont une pierre de 18,88 carats. Montant total du préjudice : plus de six millions d’euros, le plus important vol de bijoux commis sur un particulier depuis 20 ans.

Les agresseurs prennent la fuite, mais Yunice Abbas, qui transporte à vélo une partie du butin dans un sac plastique, fait tomber un pendentif serti de diamants, retrouvé plus tard par un passant.

ADN

"Ils ont fait preuve d'un total amateurisme", estimait l'avocat de l'époque d'Aomar Aït Khedache : son ADN est retrouvé sur un lien et du scotch utilisés pour entraver la star.

"Omar le Vieux" est immédiatement placé sur écoute et la Brigade de répression du banditisme remonte la piste. Le 9 janvier, 17 personnes sont interpellées en région parisienne, dans le Gard et les Alpes-Maritimes.

Confondu par son ADN, "Omar le Vieux" a reconnu avoir participé au braquage, mais pas de l’avoir organisé. Yunice Abbas a reconnu avoir eu un rôle de guetteur.

La piste d’Anvers

Les investigations s’orientent vers Anvers, capitale de la joaillerie, où Aomar Aït Khedache, accompagné d’un autre suspect, Marceau Baum-Gartner, s’est rendu le 7 octobre.

Figure du milieu gitan, Marceau Baum-Gartner, 64 ans alors, "reconnaît avoir été à Anvers, mais pas pour écouler des bijoux", soulignait son avocat Me Jean-Laurent Panier.

En garde à vue, Aomar Aït Khedache a assuré que des bijoux en or avaient été fondus et vendus à Anvers.

Début décembre 2016, quatre des suspects étaient repérés dans un bar à Paris, une rencontre sans doute destinée à se répartir l’argent.

Lors des perquisitions, quelques centaines de milliers d’euros ont été saisis, dont 140 000 euros chez Florus Heroui.

"Seuls certains bijoux, perdus par les malfaiteurs dans leur fuite, ont été retrouvés", notent les juges qui ont renvoyé vendredi 12 suspects devant les assises.