Victoria de Suède fête ses 45 ans: un parcours extraordinaire pour celle qui n'était pas destinée à régner

La princesse n’était pas, à sa naissance, destinée à régner.

R.S.
Victoria Of Sweden In Lilac From Head To Toe - Lisbon
©ABACA

À l’instar de la reine Elizabeth qui est devenue princesse héritière suite à l’abdication en 1936 de son oncle le roi Edward VIII, lui-même sans descendance directe, la princesse Victoria de Suède n’était pas à sa naissance destinée à devenir un jour reine de son pays. C’est le 14 juillet 1977 que voit le jour à l’hôpital Karolinska à Stockholm la princesse Victoria, duchesse de Vastergötland. Ses parents le roi Carl XVI Gustaf et la reine Silvia sont unis depuis juin 1976. La loi salique étant alors en vigueur, la continuité dynastique repose entièrement sur la descendance future masculine du couple, le roi n’ayant que des sœurs et des oncles qui ont tous renoncé à leurs droits dynastiques pour contracter des unions morganatiques. Seule exception, son oncle le prince Bertil alors âgé de plus de 64 ans, qui a dû attendre que la reine Silvia soit enceinte que pour pouvoir enfin s’unir après plus de 30 ans d’attente avec Lilian Craig, qui n’était pas non plus issue du sérail royal.

Si cette naissance est évidemment une joie familiale, elle ne règle donc pas le problème de la succession au trône d’une monarchie dont les pouvoirs ont été restreints lors de la montée sur le trône du roi Carl Gustaf en 1973. L’opinion publique montre toutefois depuis son mariage avec Silvia Sommerlath, hôtesse d’accueil rencontrée lors des jeux olympiques de Munich en 1972, un certain engouement pour la monarchie. Cette union qui brise les normes jusqu’alors en vigueur au sein de la famille royale puisque Silvia n’est pas une altesse royale, donne l’image d’un conte de fées moderne. La reine Silvia redonne en quelques mois tout son lustre à la dynastie des Bernadotte.

Après la naissance de Victoria qui compte pour parrain et marraine le roi Harald de Norvège et la princesse Beatrix des Pays-Bas, la reine fait une fausse couche. Le couple royal comprend qu’il n’aura peut-être pas d’autres enfants dont le fils tant espéré. Des contacts sont pris avec le gouvernement pour envisager une modification de la Constitution. Entre-temps, le 13 mai 1979, la reine met au monde le prince Carl Philip. L’avenir de la dynastie est désormais assuré. Du côté du parlement, on a entamé les travaux législatifs pour abolir la loi salique au profit de l’ordre de primogéniture (le premier enfant né fille ou garçon est l’héritier). Le vote passe mais au lieu de sauter une génération et de l’appliquer à la descendance du prince Carl Philip, il est décidé de la mettre en vigueur dans la descendance du roi. Carl Philip reste donc prince héritier l’espace de 7 mois et demi avant que Victoria ne le devienne. Cette décision consterna longtemps le roi et la reine. Un troisième enfant la princesse Madeleine vit le jour en 1982.

La princesse Victoria passa après son bac une année à Angers en France pour apprendre la langue de ses ancêtres, c’est en effet un général de Napoléon I qui coiffa la couronne de souverain de Suède. La Cour ne cacha pas ses problèmes de boulimie et d’anorexie qu’elle surmonta en s’expatriant loin de la pression médiatique pour étudier à Yale aux États-Unis. Maîtrisant l’anglais, l’allemand et le français, la princesse a suivi une solide formation académique et de stages aux Nations Unies, à l’agence suédoise de coopération et développement, à l’ambassade à Washington, en plus d‘un cursus dispensé par le Ministère des Affaires étrangères sans oublier une formation militaire, certes plus réduite que l’année de la princesse héritière Elisabeth de Belgique à l’École royale militaire.

Côté cœur, elle eut un premier petit ami Daniel Colert dont la séparation fut douloureuse. Encouragée par sa sœur Madeleine, elle s’inscrivit dans un club huppé de gym de Stockholm où elle ne tarda pas à tomber sous le charme de son propriétaire un certain Daniel Westling. Une relation que ses parents ne voyaient pas avec un bon œil. Après années d’attente, les fiançailles furent annoncées. Le mariage fut célébré devant tout le Gotha le 19 juin 2010 à Stockholm. Victoria, rayonnante, portait le même diadème de camées et perles que sa mère. Clin d’œil de l’Histoire, elle se mariait le même jour que ses parents 34 ans plus tard. Installée au palais de Haga, la princesse est aujourd’hui la mère d’Estelle et d’Oscar.

La famille communique régulièrement sur ses activités et centres d’intérêt comme le nettoyage de plages, la découverte de réserves naturelles, les visites de musée ou les traditions de Noël et de Pâques.

Si la reine Victoria était surnommée la grand-mère de l’Europe en raison de sa nombreuse descendance, la princesse Victoria est quant à elle la "marraine de l’Europe". Parmi ses nombreux filleuls, on compte de futurs monarques dont la princesse Ingrid Alexandre de Norvège, le prince Christian de Danemark, la princesse héritière Amalia des Pays-Bas mais aussi la princesse Éléonore de Belgique.

Toujours très spontanée, accomplissant des activités officielles quasi au quotidien, la princesse jouit d’une grande popularité dans son pays. Elle arrive d’ailleurs en tête des sondages.

Victoria de Suède est parfaitement prête pour prendre le jour venu la relève de son père qui fêtera en 2023 ses 50 ans de règne. La princesse peut aussi s’appuyer sur une vie de famille heureuse. Au printemps dernier, sortant de sa discrétion habituelle, elle avait fait émettre un communiqué officiel pour mettre un terme à des rumeurs calomnieuses d’adultère au sein de son couple, qui circulaient sur un site people suédois.