"Nous sommes Belges, et nous avons eu la chance de travailler avec elle", ont commencé Vincent et Bruno Taloche, devant le parterre de proches et de connaissances d'Annie Cordy, décédée la semaine dernière à 92 ans après un malaise chez elle à Vallauris, tous rassemblés pour un dernier hommage.

"Annie a été précurseur des artistes belges en France", a déclaré Vincent Taloche, avant que son frère ne raconte une anecdote qu'il a vécue avec l'interprète de Tata Yoyo. Ayant fait plusieurs sketchs avec Annie Cordy, les deux humoristes ont connu son caractère fort et sa persévérance: "En répétition, elle n'était jamais fatiguée. Annie, c'était la rigueur, le perfectionnisme. Et ce perfectionnisme se terminait toujours sur scène par un éclat de rire, ce rire légendaire".

Autre Belge présent à Cannes, le comédien Alain Leempoel s'est exprimé sur le vide laissé par Annie Cordy en Belgique : "Je ne sais pas si vous vous rendez compte de la déferlante d'émotion en Belgique". "Annie, malheureusement pour la première fois, tu vas générer le chagrin des Belges", a-t-il conclu, avant de laisser la parole à Virginie Hocq. Émue, l'humoriste a raconté quelques moments passés avec l'interprète de "La bonne du curé".


La cérémonie se déroulait en plein air sur la Butte de Saint-Cassien, un cadre bucolique bien connu des Cannois. A son image, elle était ouverte au public, une jauge limitée à 500 personnes avec masque obligatoire. Outre Dave ou Michèle Torr, l'humouriste Roland Magdane ou la chanteuse Charlotte Julian étaient également présents.

Son cercueil était encadré sur la scène de deux grands portraits de l'artiste et autour d'innombrables gerbes fleurs notamment de la famille de Luis Mariano, la ville de Bruxelles, qui a baptisé un parc à son nom il y a deux ans, ou de l'ex-roi belge Albert II.

A Bruxelles d'ailleurs, le métro lui rendait à sa façon hommage, en diffusant toute la journée une sélection de ses chansons dans les stations.

Léonie Cooreman est née à Laeken, quartier de Bruxelles, le 16 juin 1928.

Blonde piquante, elle avait débuté dans des orchestres en chantant des standards américains, avant d'être engagée comme meneuse de revues au "Boeuf sur le Toit" à Bruxelles, puis à Paris au "Lido" en 1950, où elle devient Annie Cordy.

D'opérettes en comédies musicales, en passant par le rire, la chanson, le théâtre, le cinéma et les téléfilms, l'infatigable fantaisiste a fait preuve d'un perfectionnisme quasi maniaque. Et l'amuseuse professionnelle était également une excellente actrice.

Après avoir débuté avec Sacha Guitry ("Si Versailles m'était conté", 1953), elle avait élargi par des rôles dramatiques dans "Le Passager de la pluie" de René Clément, "Le Chat" (Pierre Granier-Deferre), aux côtés de Jean Gabin et Simone Signoret, ou "La Rupture" (Claude Chabrol).

En 2015, elle sonnait tout aussi juste dans son rôle de grand-mère fugueuse dans "Les souvenirs" de Jean-Paul Rouve.