Corinna Larsen, ex-princesse de Sayn-Wittgenstein-Sayn (il s’agissait alors de son second mariage de 2000 à 2005, cette fois avec un prince allemand) a fait état de sa relation sentimentale passée avec le roi Juan Carlos dans une entrevue accordée à la BBC.

On apprend (selon la version de Corinna Larsen) qu’ils ont fait connaissance lors d’une chasse organisée par le duc de Wellington en 2004. Corinna sympathisa rapidement avec le monarque à qui elle fournit des détails sur un meilleur maniement du fusil. Les premiers mois, ils communiquent par téléphone car le roi d’Espagne a un agenda chargé et elle est en train de développer à Londres sa boîte de consultance.

À cette époque, Juan Carlos a mis un terme à une relation sentimentale de près de 20 ans avec Marta Gaya, une décoratrice de Palma de Majorque, qui a toujours refusé de s’exprimer sur le sujet et qui est restée son amie même si contrairement aux rumeurs, elle ne l’a pas suivi dans son exil aux Emirats.

Corinna Larsen plante le décor à Juan Carlos : elle ne veut pas d’autre femme dans la vie du roi, hormis la reine Sophie qui selon ce qu’elle rapporte, a un modus vivendi avec son époux pour l’image de la monarchie. Chacun a sinon des vies séparées depuis des années.

La relation devient de plus en plus solide (le souverain l’appelant parfois 10 fois par jour) même s’il n’est pas toujours aisé de goupiller les agendas pour se revoir. Lorsqu’elle vient à Madrid, Corinna loge dans un pavillon sur le domaine du Pardo, l’une des résidences d’État. Elle est souvent accompagnée par son fils le prince Alexander dont Juan Carlos devient très proche. Des photos au moment des fêtes de fin d’année, prouvent si besoin cette grande proximité relationnelle.

Toujours selon ses affirmations, Juan Carlos se met en tête de l’épouser. Il va jusqu’à rencontrer son père et l’assure du sérieux de la relation. La santé de Monsieur Larsen se détériorant, Corinna passe beaucoup de temps à son chevet jusqu’à son décès en 2009. C’est alors que le roi lui avoue qu’il y a une autre femme également dans sa vie depuis 3 ans. Corinna, meurtrie, met un terme à leur relation sentimentale.

Quelques mois plus tard, Juan Carlos revient à la charge car il est fort inquiet pour sa santé. On craint une tumeur cancéreuse au poumon. Il demande à Corinna de venir auprès de lui. Il a besoin de sa présence. Elle dort sur un sofa dans sa chambre. La tumeur est bénigne. Lorsque la reine Sophie et des proches arrivent à leur tour, Corinna explique être éjectée avec peu d’égards par le personnel de la Cour. À cette époque, la vie sentimentale du roi ne s’étale pas ouvertement dans la presse comme aujourd’hui. C’est encore un monarque très respecté, le roi qui a permis la transition démocratique du pays. Toutefois dans les hautes sphères, c’est un secret de polichinelle. On relève juste que la reine Sophie ne s’est pas attardée à son chevet. Ensuite, au lieu de regagner le Palais de la Zarzuela, il part en convalescence dans une clinique privée de Barcelone, accompagné par Corinna qui en profite pour se faire quelques petits arrangements esthétiques.

Ils continuent à rester en contact même s’ils ne sont plus ensemble. En 2011, Juan Carlos lui fait part de ses intentions de testament. Il craint que l’on ne respecte pas ses dernières volontés surtout celles qui sont propres à Corinna au nom de leur amour passé et de l’importance qu’a représenté celui-ci dans sa vie. Il lui verse 65 millions d’euros (sur 100 millions) provenant d’une commission pour la réalisation d’un train à grande vitesse en Arabie-Saoudite.

En 2012, c’est elle qui organise la fameuse chasse à l’éléphant au Botswana, une idée du roi pour le fils de Corinna. Il fait une chute qui lui fracture le col du fémur et nécessite un rapatriement d’urgence en Espagne. Juan Carlos ne se remettra jamais de cet accident malgré plusieurs opérations successives. Ce sera le début de sa fin.

Lorsqu’il quitte sa chambre d’hôpital, la tête basse, et au vu de l’émoi dans l’opinion publique de cette escapade, il lâche "Je suis navré, cela ne se reproduira plus…"

Janvier 2014, pour les vœux aux forces armées, il se perd dans son texte, la salle du palais d’Orient étant fort sombre. Il avait passé la fin de l’année avec Corinna à Londres et était rentré à l’aube. Cet épisode lui fait prendre conscience qu’il lui faut tourner la page alors qu’il en est encore temps.

En 2014, au moment de son abdication, il réclame la restitution des 65 millions, ce qui ne se produisit pas. Corinna Larsen déplore que sur la pression de la Cour on ait terni son image et la fasse passer pour la mauvaise de l’histoire. Elle dit avoir eu des sentiments très profonds pour le roi Juan Carlos même si l’idée d’un mariage ne l’avait jamais convaincue, pensant à la stabilité de la monarchie.

Corinna Larsen n’avait jamais ouvertement évoqué sa relation sentimentale avec le souverain. Elle le fait à présent qu’il est en position de totale faiblesse. Une vengeance de femme blessée ? Ou l’envie de bien mettre en perspective la place qui fut la sienne dans le cœur de Juan Carlos ?

Âgée de 55 ans, la lobbyiste (qui jouit d’un carnet d’adresses important au Proche-Orient et dans les républiques de l’ex-URSS) affirme ne rien regretter. Pas sûr que ce soit le même constat du côté de Juan Carlos. De nouvelles déclarations qui ont enflammé la presse ibérique.