"Il fait des bras d'honneur à qui il veut, à l’État et aux Français, à ceux qui achètent des billets et des tickets de cinéma pour aller le voir et qui eux paient leurs impôts", a lancé le ministre délégué à la consommation Hervé Hamon sur Canal+.

"Et lui, il décide de ne pas les payer parce qu'il considère qu'il en paie trop et dans une période de crise comme celle-là, je trouve que c'est de l'antipatriotisme", a ajouté le ministre.

Même tonalité du côté du PCF dont le porte-parole, Olivier Dartigolles, a estimé qu'"en refusant de payer ses impôts, de participer à la solidarité nationale, le très oubliable soutien de Nicolas Sarkozy durant la dernière campagne électorale entache durablement son image auprès des Français".

"Gérard Depardieu nous joue l'avare mais ce n'est pas un rôle de composition", a-t-il ajouté.

"Après Bernard Arnault, la plus grande fortune de France, voici au tour de Gérard Depardieu, l'acteur français le mieux payé, de succomber aux charmes fiscaux de la Belgique", a-t-il regretté. "Inquiétante épidémie qui commence sérieusement à gréver les recettes budgétaires de l'Etat".

C'est "assez honteux", a jugé Nathalie Arthaud, la porte-parole de Lutte Ouvrière. "Ca ne me choque pas, quand on gagne plusieurs millions par an, d'en laisser aux impôts. Le travailleur, le smicard, le chômeur, il en paie des impôts et lui ne peut pas y échapper". Pour elle, il faut "une politique de lutte contre l'évasion fiscale" et "obliger (les riches, ndlr) à payer leur dû".

A droite, Jean-François Copé a mis en garde contre un risque de "délocalisations de fortune en permanence au détriment de ceux qui restent, les classes moyennes". "Il n'y a pas d'exemple de délocalisation de grands entrepreneurs ou de grandes stars en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Belgique ou en Italie", a affirmé le président proclamé et contesté de l'UMP. Il a prôné "une politique fiscale progressive, que quand on est riche, on paie beaucoup d'impôts mais que l'on reste comparable aux pays d'Europe".

De la même manière, Chantal Jouanno, sénatrice de Paris et vice-présidente de l'UDI, a préconisé une réflexion sur "une harmonisation fiscale européenne". Quant à Marine Le Pen, elle considère que "la différence aujourd'hui en France, entre ceux qui peuvent partir et ceux qui ne peuvent pas, c'est en quelque sorte parce qu'ils en ont les moyens". "Toutes ces personnes en revanche en général reviennent en courant dès qu'elles ont un problème de santé", a ajouté la présidente du FN, les accusant de "profiter de la sécurité sociale" alors qu'"on ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre".

Au PS, Frédérique Espagnac, la co-porte-parole du parti, a commenté sobrement le départ de l'acteur dans un village belge proche de la frontière française connu pour abriter de riches expatriés. "La France sans Depardieu n'est pas la même, mais Depardieu sans la France ce n'est pas la même chose non plus. J'ai envie de dire à Gérard: +reviens vite+", a-t-elle dit devant la presse.