Le duc d'Edimbourg sera inhumé dans le domaine du château de Windsor, où Philip a rendu son dernier souffle le 9 avril après une vie au service de la monarchie depuis son mariage, il y a 73 ans, avec sa "Lilibet".

Quelques jours avant son 95e anniversaire, la reine perd celui qui était selon ses propres mots sa "force" et son "soutien", celui qui depuis son couronnement en 1952 s'est placé en retrait. Connu pour son franc-parler et son humour flirtant parfois avec le racisme ou le sexisme, le prince consort à la longévité record dans l'histoire britannique aurait eu 100 ans le 10 juin.

Les circonstances aidant, le souhait du duc d'Edimbourg d'éviter des funérailles en grande pompe sera respecté davantage même qu'il ne l'aurait initialement imaginé.

En vertu des règles sanitaires en vigueur en Angleterre, seules 30 personnes - au lieu de 800 - assisteront à la cérémonie, masquées et espacées. Une démarche destinée à montrer que les consignes ne souffrent pas d'exception et saluée à Londres par Roger Charles Brackin, venu se recueillir devant le palais de Buckingham, "car d'autres gens qui ont perdu un membre de leur famille ont dû faire avec ces contraintes".

Bien que le public ait été appelé à ne pas se rassembler devant les résidences royales en raison de la pandémie, Windsor bruisse de badauds et d'habitants, bouquet à la main.

"Après la cérémonie, je laisserai ces fleurs près du château", explique à l'AFP Maggy Kalpar, 45 ans. "On était habitués à sa présence", souligne cette habitante installée à Windsor depuis 18 ans, venue "dire adieu à l'un de ses voisins": "C'est un homme incroyable qui nous quitte, tout le pays est tellement triste".

Saluant le dévouement du prince Philip, Santosh Singh, un chef cuisinier venu déposer des tulipes au palais de Buckingham, raconte sa peine, et espère "qu'avec le temps tout ça changera pour une autre ère".

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"Inébranlable loyauté"

En deuil national depuis la mort du duc d'Edimbourg, le Royaume-Uni est appelé à observer une minute de silence à 15H00 locales, au début de la cérémonie religieuse. Elle devrait durer 50 minutes. 

Retransmises à la télévision, les obsèques reflèteront le passé militaire que portait fièrement Philip, qui a combattu dans la marine pendant la Seconde Guerre mondiale.


Recouvert de son étendard personnel, son épée, sa casquette de la marine et d'une couronne de fleurs, son cercueil a quitté en fin de matinée le chapelle privée du château pour le hall du château.

En début d'après-midi, il sera transporté à bord d'un austère Land Rover vert militaire que le duc d'Edimbourg a lui-même contribué à concevoir.

La fanfare des Grenadier Guards, dont Philip a été le colonel pendant 42 ans, mènera la procession jusqu'à la chapelle Saint-George, où se tiendra la cérémonie religieuse.

Le doyen de Windsor doit y louer son "inébranlable loyauté" envers la reine, son "courage", sa "force d'âme" et sa "foi".

L'archevêque de Canterbury Justin Welby, chef spirituel des anglicans, donnera la bénédiction à la fin de l'office.

Retrouvailles

Pour les Windsor, ces funérailles sont aussi l'occasion de se réunir après les crises récentes.

C'est la première fois depuis sa mise en retrait tonitruante de la monarchie et son départ outre-Atlantique que le prince Harry retrouvera en public la famille royale, marquée par l'ombre des accusations de racisme et d'indifférence que son épouse et lui-même ont portées lors d'une interview retentissante accordée à Oprah Winfrey.

Enceinte de leur deuxième enfant, l'épouse de Harry, Meghan Markle, est restée aux Etats-Unis sur les conseils de son médecin.

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Un cousin entre deux frères

Unis en 1997 derrière le cercueil de leur mère Diana, les deux frères, William et Harry, marcheront sur la même ligne pour suivre le cercueil de leur grand-père. Mais leur cousin Peter Phillips prendra place entre eux, un choix abondamment commenté dans la presse.

Sur le plan vestimentaire néanmoins, la famille royale britannique va s'attacher à présenter un front uni. Tous seront en tenue civile, une manière d'éviter de distinguer les princes Andrew et Harry, tous deux très attachés à l'armée mais en retrait de la monarchie.

Même s'il appartient toujours à la Navy, l'apparition en uniforme du prince Andrew, deuxième fils de la reine et ex-pilote d'hélicoptère, aurait fait mauvais genre vu son amitié avec le défunt financier Jeffrey Epstein, poursuivi pour trafic de mineures.

A la fin de la cérémonie, le cercueil sera descendu dans le "Royal Vault", crypte où il restera jusqu'à ce que la reine l'y rejoigne à sa mort. Les époux ainsi réunis auront alors pour dernière demeure la chapelle du Memorial du roi George VI, père d'Elizabeth II.