"Dès lors que l'on m'a assuré que l'envoi d'une signification de dégel de fonds libyens conforme à l'article 21 de la résolution 1970 de l'ONU est imminent, je remercie vivement tous ceux et celles, dont les membres du gouvernement, qui ont œuvré au respect des décisions judiciaires et à la restauration de mon outil de travail, mon ASBL", a indiqué le prince Laurent dans un communiqué à Belga.

"J'espère donc pouvoir, dans un proche avenir, reprendre, avec ma femme la princesse Claire, mon activité d'intérêt général de développement de projets d'énergies renouvelables et de reboisement forestier", a ajouté le prince.

Le ministre des Finances Vincent Van Peteghem a annoncé vendredi que le gouvernement adressera au comité des sanctions des Nations unies une notification en vue d'un dégel des fonds libyens placés en Belgique pour permettre d'honorer une créance due à cette ASBL du prince Laurent, Global Sustainable Development Trust (GSDT).

La décision a été prise en comité ministériel restreint car le Premier ministre Alexander De Croo souhaitait l'aval de l'ensemble du gouvernement dans ce dossier sensible.

La société Euroclear, installée à Bruxelles, détient sur ses comptes des fonds libyens de la Libyan Investment Authority (LIA) gelés en raison de sanctions internationales pour un montant tournant autour de 14 milliards d'euros. GSDT réclame le paiement de 44 millions d'euros pour un projet avorté de reforestation en Libye. Elle s'appuie sur un arrêt de la cour d'appel de décembre 2014 qui donne raison aux liquidateurs.

Le frère du roi Philippe s'est plaint à plusieurs reprises de ne pas avoir été soutenu par l'État belge dans ses tentatives de récupérer cette créance auprès des autorités libyennes, au contraire d'autres entreprises qui ont été dédommagées.

Les liquidateurs ont essayé d'obtenir le dégel des fonds libyens bloqués pour honorer la créance mais le gouvernement s'y était toujours opposé. En janvier 2019, le Premier ministre Charles Michel, en réponse à un courrier du prince, avait invoqué une note du SPF Affaires étrangères concluant à l'impossibilité de dégeler les fonds.

En 2017, l'ONU avait épinglé la Belgique qui avait autorisé en 2012 un dégel, sans notification au comité des sanctions, au motif que des intérêts de ces fonds étaient concernés et non les fonds en eux-mêmes. Au total, 2 milliards d'euros avaient ainsi été libérés. Cette décision avait suscité de nombreuses interrogations et entraîné des auditions à la Chambre.