D'une maîtresse à l'autre. Si le nom de Marta Gayà était sur toutes les lèvres depuis l'exil de Juan Carlos à Abou Dabi, c'est l'une de ses autres conquêtes qui mobilise désormais l'actualité... et la justice suisse. Corinna zu Sayn-Wittgenstein, qui a fréquenté le Roi d'Espagne de 2004 à 2009, est visée par une enquête pour blanchiment d'argent depuis plusieurs années. Et le manoir anglais de la Danoise, née Larsen, intéresse particulièrement les autorités en charge du dossier. 

C'est en 2015 que la businesswoman de 56 ans jette son dévolu sur cette demeure cossue de Bridgnorth qui comporte pas moins de onze chambres. Le hic ? Les conditions de la transaction à 6,7 millions d'euros - puis autant en divers travaux - demeurent floues. Deux informations retiendraient à présent l'attention des enquêteurs. Tout d'abord, il faut savoir que Corinna zu Sayn-Wittgenstein avait reçu un virement à hauteur de 65 millions d'euros de la part de Juan Carlos en 2012. "Un cadeau extraordinairement généreux" au nom de leur amitié passée, a-t-elle assuré à la BBC ce 20 août. 


Du côté de la Suisse, le procureur pense qu'il pourrait s'agir du reste des 100 millions d'euros envoyés au roi espagnol par l'Arabie saoudite en 2008, point névralgique du vertigineux dossier de corruption qui éclabousse la monarchie. Si tel était le cas, sa maîtresse serait donc un rouage dans un vaste scénario de blanchiment d'argent. Ensuite, il s'avère que la Chyknell Hall Estate, c'est son nom, a été achetée via l'obscur fonds panaméen Jade Trust. Fonds dont le bénéficiaire n'est nul autre qu'Alexander Larsen, le fils de Corinna, qui n'avait que 13 ans à ce moment-là, souligne bien Gala citant la presse espagnole. 

La Danoise, elle, a toujours nié en bloc les accusations qui pèsent sur elle, mais l'étau serait-il en train de se resserrer ?