Kedist Deltour a donc coiffé la nouvelle couronne de Miss Belgique 2021 (laquelle est descendue sur une balançoire!). De par son parcours de vie touchant -elle a été adoptée à l'âge de 10 ans, a perdu sa maman à 7 ans et a donc dû s'occuper de son frère et de sa soeur-, Miss Flandre Orientale a ému tout le comité, le jury et les présentatrices qui ont tous fondu en larmes sur le plateau. "Je pense qu'on n'a jamais vécu autant d'émotions sur une élection de Miss Belgique", dixit Jill Vandermeulen, co-présentatrice, émue aux larmes après son discours.

Reprenant son souffle, l'animatrice de RTL poursuit. "Elle nous a raconté qu'elle portait sa soeur sous le bras en venant en Belgique et qu'elle voulait donc remercier son pays d'adoption". Une "Miss Belgique d'Ethiopie" comme disent certains sur les réseaux sociaux et qui la voient déjà comme la prochaine Miss Univers. "C'était important pour moi que l'on reste ensemble avec mon frère et ma soeur et j'espère qu'aujourd'hui, maman serait fière de moi", conclut Kedist Deltour. "Son papa est encore là-bas, rajoutait encore Virginie Claes, coprésentatrice de ce couronnement 2021. Il ne voulait pas prendre soin de ses enfants. C'est une histoire lourde qu'on voulait vous partager."

Sa première dauphine est Thanaree Scheerlinck, Miss Brabant Flamand et sa deuxième Louise-Marie Losfeld, Miss Flandre Occidentale. Bref, un palmarès à nouveau 100% néerlandophone qui risque encore de faire grincer des dents du côté francophone. La couronne n'étant plus revenue sur une tête wallonne depuis... Noémie Happart en 2013.

© KEVIN SWIJSEN

Une élection sous haute tension

D'abord programmée en janvier comme à l'accoutumée, l'élection de miss Belgique 2021 a finalement eu lieu ce 31 mars. La crise sanitaire ayant obligé le comité à se réinventer vu la suppression de toutes les activités et de l'habituel voyage des miss. En effet, les 33 finalistes ne se sont pas envolées vers l'Egypte mais elles ont plutôt été se ressourcer au centre de bien-être énergétique Elaisa à... Maasmechelen, dans le Limbourg.

Parmi les membres du jury pour départager les 33 finalistes (dont 14 francophones), on retrouvait le relookeur et chroniqueur du Grand Cactus David Jeanmotte, le bourgmestre de La Panne (où se déroule l'élection) Bram Degrieck, la Présidente du comité Miss Belgique Darline Devos ou encore nos miss Belgique 2012 (Laura Beyne) et Miss Belgique 2018 (Angeline Flor Pua) ou encore Sandrine Gobbesso, la directrice de la télévision à RTL-TVI. L'élection étant diffusée sur RTLPlay depuis l'année dernière et sa directrice venait peut-être y rechercher une nouvelle speakerine comme ce fut souvent le cas dans le concours. "La télégénie, c'est transmettre une émotion à travers la caméra", a d'ailleurs déclaré Sandrine Gobbesso durant la soirée.

Une cérémonie... klaxonnante!

Présentée par Jill Vandermeulen (pour la partie francophone) et miss Belgique 2006 Virginie Claes (pour le côté néerlandophone), la soirée était sous haute protection. Covid oblige. Seuls quelques journalistes et sponsors ont pu accéder au théâtre Plopsa de La Panne. Pour le reste, le public se retrouve sur RTLPlay, hln.be, eclipstv.be ou encore... dans le drive-in du cinéma du parc Plopsaland. Les klaxons résonnaient donc lorsque les présentatrices le demandaient. Klaxonner des filles à un concours?

Mesures sanitaires strictes obligent, les filles ont été testées deux fois et mises en quarantaine -dans l'hotel Plopsa- avant la cérémonie. "Une bulle voire même un cocon", déclarait Jill Vandermeulen. Sans oublier un "manager corona" qui suivaient les finalistes et des répétitions avec masques. Même les techniciens et les présentatrices ont été testées négatives le jour même. "Mais nous, on reste positives!" renchérit, toute sourire, Virginie Claes. Les danseurs, par contre, étaient restés masqués durant le show.

© Kevin Swijsen

Des larmes, des critiques et quelques bourdes déjà cultes

Entre "amateurisme", couacs techniques (pas de sous-titres bilingues, problèmes de son et "un animateur-forain au micro") ou des cadeaux de Miss qui n'en sont plus (une voiture, un chèque cadeau ou... un feu ouvert), Twitter s'est déchaîné sur le côté toujours aussi "cheap" du concours. "Cette élection, c’est le premier avril avec quelques minutes d’avance... Vivement la retraite de Darline Devos". La présidente du comité Miss Belgique en a en effet pris pour son grade sur les réseaux sociaux. "Une élection truquée, tout pour l'argent".

Si le groupe de musique liégeois Ykons ou, en coulisses, l'humoriste Sophie Barbi et ses capsules humoristiques ("Quand Miss Belgique a commencé, ils ont décidé de faire le concours sur la plage car, comme il y avait déjà des thons, au moins on n'était pas dépaysés!") ont tenté de relever le niveau, rien n'y a fait. Même pas une chute pour décoincer l'affaire... mais bien une Virginie Claes qui révèle avoir "dormi dans la chambre du lutin Plop", une finaliste qui "rêve d'aller en Inde pour faire une formation sur la chute des cheveux" ou encore une publicité qui a attiré l'attention. "C'est quoi cette pub avec les deux personnes âgées qui s’embrassent... pour la vente de feu ouvert?!?"

Outre le traditionnel défilé en bikini et les pleurs de quelques finalistes perdantes, la soirée a aussi eu son lot de bourdes. A commencer par Miss Namur, Pô-Lynn Koopmans qui, lorsqu'elle devait s'exprimer sur l'émancipation des femmes, une cause qui lui tient à coeur, a lâché un: "il faut que les femmes apprennent à digérer" au lieu de "diriger". Sa fougue l'a emporté et provoqué un lapsus légendaire. Mais la Miss Sympathie s'est bien rattrapée en terminant par un message touchant. "Nous ne sommes pas des victimes mais des combattantes!"

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