L’exercice de l’interview télévisée est subtil. Il n’est pas donné à tout le monde d’y être à l’aise. Ce dimanche à 20 heures (heure de Los Angeles) sera diffusé l’entretien accordé par le duc et la duchesse de Sussex à la papesse des médias américains Oprah Winfrey sur CBS. Les Anglais le verront donc le lundi. Mais depuis quelques jours déjà, des extraits ont été diffusés. À les voir, on comprend d’ores et déjà que ce n’est pas cette interview qui va rapprocher le prince Harry de sa famille, pire qu’elle risque de couper à jamais les liens tenus encore existants.

Au chapelet des lamentations que l’on peut déjà voir : la difficulté d’avoir décidé de quitter la famille royale pour que "l’histoire ne se répète pas", la chance pour Harry d’être à présent heureux à Los Angeles avec Meghan sur qui il peut s’appuyer ou encore les coups bas de la communication de Buckingham à l’égard du couple. Ceux qui aiment la polémique, seront servis à ne pas en douter !

Cet exercice de style n’a jamais été très favorable aux membres de la famille royale qui s’y étaient risqués. On ne parle pas ici d’entretiens généralement cadrés et convenus par exemple en marge d’une visite officielle ou lors de fiançailles ou anniversaires.

Le prince Charles accorda un entretien à Jonathan Dimbleby en 1994 où il avoua son adultère et son amour pour Camilla. Plus d’un s’en étrangla.

En 1995, c’est au tour de la princesse Diana de raconter sa version de sa vie conjugale, admettant aussi une relation sentimentale avec James Hewitt, prononçant la célèbre phrase : "Nous étions trois dans ce mariage, c’était un peu surpeuplé" ou laissant entendre qu’elle doutait des capacités du prince Charles - avec qui elle était encore mariée - pour exercer un jour la fonction royale.

Sarah Ferguson, duchesse d’York a accordé multitude d’entretiens la plupart sur des chaînes américaines très friandes des causeries des royaux contre monnaie sonnante et trébuchante.

Enfin, le prince Andrew s’est littéralement grillé vif en voulant s’expliquer sur ses liens avec le défunt Jeffrey Epstein et les accusations de viols sur mineures. Il n’eut pas d’autre choix que de renoncer à la vie publique.

Des pétitions circulent en Angleterre pour demander la déprogrammation de cet entretien, le même jour où Elizabeth s’adressera au Commonwealth et en cette période d’hospitalisation du duc d’Edimbourg. Au final, dire, redire toute la perception négative que l’on a d’une institution que l’on a quittée mais grâce à laquelle on conserve une notoriété, mène à quoi ? On en vient réellement à la conclusion que la reine Elizabeth a bien fait d’être conseillée à mener le Megxit jusqu’au bout.

L’interview sera rediffusée (avec traduction en français) lundi 8 mars 2021 à 21h15 sur la chaîne TMC.