L'homme qui détient plusieurs casquettes s'est ainsi penché sur plusieurs sujets chauds de l'actualité. Il y a quelques mois, il avait été la cible des internautes après son texte "Arrêter tout" à propos du coronavirus. Il avait d'ailleurs quitté les réseaux sociaux à la suite de cette polémique.

Le réalisateur du futur OSS 117 est revenu sur ce moment douloureux. "Sachant le niveau d’indignation que je peux porter en moi, je préfère m’écarter d’une arme - les réseaux - qui m’a fait commettre des choses assez suicidaires. Si j’étais seul, romancier par exemple, je ne me serais pas déconnecté. Mais un film… Je ne veux pas faire du tort au travail de toute une équipe. Pour autant, je ne changerai jamais de discours. Et puis… Ça ne m’empêchera pas de revenir."

L'homme de 41 ans a énormément mal vécu cette période coronavirus. À cause de la polémique, il s'est notamment fait cracher dessus dans un avion par une voyageuse. Surtout, il a été touché par une série de deuils: son parrain, Jean-Loup Dabadie, son père, Guy Bedos, sa marraine. Indéniablement, cela fait beaucoup pour un seul homme. Pour nos confrères français, il a évoqué la mort de son humoriste de père. "Mon père a énormément souffert de ne plus pouvoir nous voir, il a cessé de s’alimenter au début du confinement. Jean-Loup est mort quasiment seul dans une chambre d’hôpital, privé de notre amour, de celui de sa famille. Ce que j’ai posté vient de là."

Et ce n'est pas la première fois qu'il connaît la dépression. "Je dois mon plus grand succès de théâtre à Mélanie Laurent. Qui vint me chercher dans un état déplorable dans une boîte de nuit à la mode, et me dit : “J’ai honte d’avoir aimé si fort un type qui est devenu ça'." En plein manque de confiance, les mots de l'actrice auront eu l'effet d'un électrochoc.

Nicolas Bedos a brassé large lors de cet entretien. S'il estime avoir le droit à l'erreur, il s'est aussi confié sur le président de la République, Emmanuel Macron. "Si je devais caricaturer l’époque, je dirais que nous avons un président qui vit et pense comme un premier de la classe de 14 ans, quand la plupart de mes idoles sont des cancres libertaires."

En cela, l'humoriste assume aimer le débat et les contradictions. "On inflige à des histrions, des poètes, des créateurs, les mêmes responsabilités qu’à un ministre de la Santé, ou à un politologue. Et toute une jeunesse s’accommode de cette limitation de la liberté d’expression, voire l’appelle de ses vœux. (...) J’admire des personnes avec lesquelles je ne suis pas d’accord. Qui bousculent mon rapport au monde."