La reine Elizabeth et le duc d’Édimbourg battent définitivement tous les records de longévité. Âgés respectivement de 94 et 99 ans, ils ont célébré ce vendredi leurs noces de fonte, à savoir 73 ans de mariage ! Retour sur les détails de cette journée du 20 novembre 1947.

Elizabeth a fait la connaissance enfant (en 1934) de son futur époux au mariage du duc de Kent puis l’a revu en 1939, moment où son cœur a commencé à battre la chamade pour le prince Philippe de Grèce et de Danemark, devenu ensuite Philip Mountbatten (il a pris le nom patronymique anglicisé de sa mère pour intégrer sous la coupe de son oncle lord Mountbatten, dernier Vice-Roi des Indes, la Royal Navy).

Peu apprécié dans un premier temps par ses futurs beaux-parents le roi George VI et de la reine Elizabeth, Philip fait sa demande en mariage en 1946 mais il faudra attendre le 9 juillet 1947 pour une annonce officielle. Le pays panse encore ses plaies de la Seconde Guerre mondiale et ce mariage, s’il doit être un rayon de soleil dans le quotidien de la population, ne doit pas faire trop étalage de fastes et démesure. Une semaine plus tôt avait lieu à Madrid le mariage de la fille du duc d’Albe. On parla alors du mariage le plus cher au monde avec un budget de 20 millions de pesetas. On en était loin à Londres.

La robe de mariée est dessinée par le couturier attitré de la Cour, Norman Hartnell. Des tickets de rationnement ont été utilisés pour l’achat des tissus. En satin duchesse avec des broderies de lys et fleurs d’oranger selon une inspiration de l’œuvre Le Printemps de Botticelli, elle est pourvue d’une traîne en soie et brodée de 10 000 perles importées des États-Unis.

Huit demoiselles d’honneur accompagnent la mariée : sa sœur la princesse Margaret, lady Pamela Mountbatten (cousine de Philip) et ses cousines la princesse Alexandra de Kent, lady Mary de Cambridge, Diana Bowes-Lyon, Margaret Elphinstone, lady Elizabeth Lambant et lady Caroline Montagu-Douglas-Scott.

Son bouquet de fleurs se compose d’orchidées et de mythe issue d’un buisson planté au temps du règne de la reine Victoria. Au moment de l’habillage, tout ne se passe pas comme prévu. Ainsi, au moment de coiffer la princesse du diadème en aiguilles de diamants de sa grand-mère la reine Mary, le fermoir se brise. Il faut l’intervention en urgence du joaillier de la Cour pour le réparer in extremis. Elizabeth s’aperçoit aussi que le collier de perles et les boucles d’oreille assorties offerts par son père, sont exposés comme tous les autres cadeaux de mariage au Palais Saint James ! On mande sur-le-champ un membre du personnel pour le récupérer.

Après la cérémonie en l’abbaye de Westminster, les jeunes mariés apparaissent au balcon de Buckingham. La foule est au rendez-vous de ce moment d’allégresse avec un million de personnes sur le parcours.

Au menu du déjeuner : filets de sole Mountbatten, du perdreau et une bombe glacée Princesse Elizabeth. Le gâteau de mariage est confectionné par Mc Vine&Price.

Même si Elizabeth et Philip étaient conscients de leur destinée royale, ils n’imaginaient certainement pas, en remontant la nef de Westminster que quatre ans plus tard, la mort prématurée de George VI les propulserait si tôt sur le trône et les nombreuses tempêtes qui ont jalonné toutes ces années.