Cent millions d’euros cachés par l’ex-roi Juan Carlos s’avèrent très embarrassants pour la couronne d’Espagne.

En retrait depuis qu’il a laissé le trône à son fils Felipe VI, Juan Carlos, 82 ans, revient sur le devant de la scène accompagné d’un éclatant scandale. L’ancien roi est accusé d’avoir reçu 100 millions d’euros de l’Arabie saoudite et est désormais dans le radar de la justice suisse, a rapporté La Tribune de Genève.

Les faits, mêlant maîtresse, gros sous et géopolitique, remontent à 2008. À cette époque, Juan Carlos reçoit cette somme colossale des mains du roi Abdallah de Jordanie et la cache à la banque Mirabaud de Genève. L’argent est ensuite transféré vers Lucum, une fondation domiciliée au Panama dont il était le seul et unique bénéficiaire. Peu après, l’Espagne décroche un juteux contrat pour construire une ligne de TGV entre Médine et La Mecque à hauteur de 6 milliards d’euros, devançant la concurrence française au passage. Puis ce sont 65 millions d’euros qui vont tomber entre les mains de Corinna zu Sayn-Wittgenstein (née Larsen), philanthrope allemande et accessoirement maîtresse de Juan Carlos, en 2012.

Selon des enregistrements clandestins réalisés par l’ancien commissaire espagnol José Manuel Villarejo, elle aurait déclaré que le roi émérite aurait reçu une compensation financière pour son intervention dans ce projet XXL et qu’il aurait géré ces fonds par l’intermédiaire d’hommes de paille via des comptes à l’étranger. Un micmac financier qui agite déjà toute la caste politique espagnole.

Si la classe politique, en particulier à gauche, exige la levée de tous les doutes sur les agissements de l’ex-souverain, Corinna Larsen, jusqu’ici empêchée de divulguer ce lourd secret, a, elle, déjà annoncé qu’elle pourrait porter plainte contre Juan Carlos pour "menaces et harcèlement."