Psycho et bien-être

Beaucoup de femmes vivent leurs journées comme un marathon, mais à la vitesse du sprint ! Cette semaine, faisons un peu le point sur ces Wonder Woman.


Il ne se passe pas un jour sans que je sois face à quelqu’un à qui je dois dire quelque chose du genre « Vous ne pensez pas que vous avez le droit de penser à vous ? » ou alors, « Vous allez finir par vous épuiser en étant tout le temps sur tous les fronts », ou encore, « Vous cherchez quoi en courant après cette perfection ? ».

Je vous dresse le tableau : 18h30, WW sort du bureau où elle a passé la journée sous la pression d’un job et d’une équipe qui exigent le meilleur d’elle-même sans lui donner le droit de vaciller. Elle entre dans un magasin alimentaire afin de compléter le souper du soir pour sa tribu, elle est en même temps au téléphone avec son amie qui vit des choses difficiles et pour qui elle veut être présente.

Elle rentre, lance le repas du soir, donne le bain, fait faire les devoirs aux plus grands tout en vidant le lave-vaisselle. C’est comme si son cerveau se démultipliait pour être partout à la fois. Le repas se passe, les enfants doivent être couchés et après elle doit travailler sur sa présentation du lendemain sur laquelle elle n’a pas eu l’occasion d’avancer car sa collègue est venue l’interpeller pour qu’elle l’aide a trouver une solution à son problème.

Entre temps, si elle a un compagnon, il sera rentré et LUI sera fatigué parce que, vraiment, il a eu une dure journée. Pendant longtemps je n’ai pas voulu croire à ce cliché, mais à force d’entendre ce genre d’histoires, je dois me rendre à l’évidence.

WW finit par se coucher, épuisée, après avoir préparé la table du petit déjeuner du lendemain. « MINCE ! J’ai oublié d’appeler maman » se dit-elle en culpabilisant. Et voilà, après une journée trop remplie, elle se couche avec le sentiment de culpabilité qui s’installe parce que, encore une fois, elle n’a pas assuré puisqu’elle a oublié d’appeler sa mère/son père/sa soeur !

© Zhen Hu / Unsplash

Mais pourquoi s’inflige-t-elle tant de pression ?

Bonne question ! Car finalement, qui lui demande d’en faire autant ? Le syndrome Wonder Woman est piégeant car il pousse les femmes à en faire toujours plus et à mettre la barre trop haut, de plus en plus haut. Cette course à la perfection révèle certaines choses sur ces femmes :

  • besoin de reconnaissance

  • besoin de se sentir indispensable

  • recherche de la perfection

Il y a pourtant une grande absente dans tous ces paramètres : elle. WW est très douée pour s’oublier et se mettre complètement de côté. Elle ignore ses besoins. Oh, elle va probablement faire du sport (ou toute autre activité qui permet de créer l’illusion) en plus de tout le reste, cela lui donne l’impression qu’elle prend soin d’elle. Mais en fait, non. Les WW foncent, avancent, gèrent, et s’épuisent sans s’en rendre compte. Si vous lisez cette chronique en vous reconnaissant, il est temps de vous réintroduire dans votre programme de bons soins aux autres en cessant de vous oublier.


Comment rééquilibrer les choses ?

Voici quelques petites choses à mettre en place afin de bénéficier du même traitement que les WW prodiguent aux autres.

  • Apprendre à prioriser : avec la tête dans le guidon, tout semble être une urgence ! Sauf qu’en fait, non. Le problème c’est que les WW sont aspirées par les sollicitations et qu’elles ne parviennent pas à dire non ou à différer leurs actions. Elles veulent tellement être partout et disponible pour tout le monde qu’elles agissent vite, de plus en plus vite, pour satisfaire tout le monde. Posez-vous et demandez-vous ce qui est réellement urgent ! Cela vous permettra de prendre un peu de distance par rapport au reste. 

  • Apprendre à dire non : il n’y a pas que les WW qui devraient faire cet apprentissage. Mais c’est indispensable pour elles afin de ne pas se laisser noyer. Chères WW, vous n’êtes pas obligées de dire oui à tout, tout le temps. Vous avez le droit de différer vos réponses, de prendre un moment de réflexion, de dire « oui mais je ne peux avant telle date »,… 

  • Apprendre à penser à vous : que craignez-vous qu’il arrive si vous vous autorisez à prendre du temps pour vous ? C’est une vraie question à vous poser qui suppose un peu d’honnêteté envers soi. Vous avez le droit de prendre ce temps et de le revendiquer. Il faut être clair lorsque vous communiquez sur le sujet : je serai indisponible entre telle heure et telle heure, en cas de nécessité appelez mamy, papa, tata, tonton,… ou attendez mon retour.

  • Apprendre à demander de l’aide : les WW ont également ceci en commun, elles sont réticentes à demander de l’aide. C’est logique puisque leur injonction « débrouille-toi toute seule » les en empêche. Je vous encourage donc vivement à vous exprimer sur vos difficultés et à solliciter les autres afin de vous sentir moins seule.

Autorisez-vous à penser à vous, autorisez les autres à se débrouiller sans vous et mettez des limites respectueuses à chacun. Ce syndrome de Wonder Woman handicape votre capacité à vivre dans le moment présent et vous emmène systématiquement dans le futur ou vous ramène au passé, cet endroit où vous avez oublié de faire des choses. Le moment présent est pourtant le seul qui existe réellement et qui mérite toute votre attention…

>> Suivez-moi sur Facebookwww.juliearcoulin.com