Psycho et bien-être

On vit de plus en plus longtemps, et en meilleure santé... Cette nouvelle donne a changé les habitudes des seniors. Hilde Lamberts, directrice de la maison de repos Saint-Joseph et des résidences services "Les Marguerites" et les "Anémones" (ces dernières ouvriront en novembre prochain) nous en dit plus sur le monde du 4ème âge...

Hilde Lamberts, quelles ont été les principales évolutions vécues dans le monde des aînés ces dernières années ?

Tout d’abord, les seniors entrent en maisons de repos et en résidences services plus tardivement qu’avant. On tourne aujourd’hui plutôt autour des 80-84 ans. Les seniors qui investissent un hébergement de leur choix en fonction de leurs capacités ont encore quelque chose à vivre... Leur vie ne s’arrête pas parce qu’ils ont quitté la maison... Ces personnes prennent un nouvel essor et nous nous chargeons de les accompagner dans ce changement de vie.

© Mère Joséphine
Comment faites-vous pour répondre à leurs exigences ?

Tout d’abord, on essaie de développer au maximum le sentiment d’humanité dans l’accompagnement de nos résidents. Les personnes souffrant de démence ont tendance, à un certain stade de leur maladie, à se renfermer dans leur monde à eux. Nous cherchons à ce qu’elles ne s’en coupent pas et conservent un contact avec le monde extérieur, aussi ténu soit-il. Pour chaque personne, nous essayons également de savoir qui elle est, quelle est sa personnalité, et quels sont ses préférences/centres d’intérêt. Quand la personne n’est plus capable de nous le dire, nous enquêtons auprès de sa famille. Nous pouvons aussi réunir l’ensemble du personnel qui est à son service (kiné, ergothérapeute, cuisiniers, service d’entretien...) afin d’obtenir un maximum d’informations et lui proposer un projet de vie qui lui convienne. Deux fois par mois, nous organisons aussi des réunions pluridisciplinaires au cours desquelles chaque personne qui accompagne le résident peut s’exprimer.

Qu’est-ce qui vous hérisse le plus lorsqu’on évoque les maisons de repos et résidences services ?

Dans le passé, il n’était pas rare d’utiliser le terme de « mouroir » pour qualifier les maisons de repos. Or, notre philosophie est vraiment de créer la vie et des projets de vie au sein de notre institution. Nombre de nos résidents ont un handicap ou souffrent de diverses pathologies (désorientation, démence, Parkinson) mais cela n’empêche pas de célébrer la vie et de s’en réjouir, jusqu’au bout !

Vous privilégiez également le caractère intergénérationnel dans l’institution ?

Oui, tout à fait ! Au sein de l’asbl Mère Joséphine (à laquelle appartiennent « Les Marguerites » et « Les Anémones », comptant 20 résidences services pour la première, 30 pour la seconde, ainsi que la maison de repos Saint-Joseph), nous favorisons les liens entre tous les âges. En ce sens, on trouve une crèche sur le site de Blegny Vill’Age, mais aussi une école maternelle et primaire, des appartements tous publics... Nous organisons aussi, autant que faire se peut, des moments et des lieux afin que les différentes générations puissent se rencontrer. Elles ont souvent beaucoup de choses à partager...

© Mère Joséphine
Le lieu est également très stratégique...

Oui, car nous nous situons à trois cents mètres à peine du village de Blegny. On y trouve plusieurs services comme un café, un coiffeur, un petit marché... C’est très pratique pour la vie sociale des personnes en résidence service, qui sont encore autonomes. Notons également que Mère Joséphine, qui gère « Les Marguerites », « Les Anémones », et la maison de repos Saint-Joseph, est une asbl. Cela signifie que nous sommes bénévoles au sein du conseil d’administration. Il s’agit en fait d’un service rendu à la population de Blegny par des personnes issues de la région.

Y a-t-il d’autres services intéressants pour les seniors au sein de votre maison de repos et de vos résidences services ?

Oui, nous avons réalisé que la personne âgée restait actuellement le plus longtemps possible chez elle, dans ses meubles. Mais il devient compliqué pour les seniors de suivre l’évolution de notre monde actuel (ordinateur, GSM, réseaux sociaux, compte en banque...). Dans le souci de permettre à nos résidents de rester autonomes le plus longtemps possible, nous veillons à les accompagner, à mettre des contacts à leur disposition ainsi que des liens intéressants.

Vous avez également décidé d’accepter les animaux de compagnie, ce qui n’est pas courant...

En effet, nous avons constaté que les personnes âgées, avant d’arriver chez nous, avaient souvent un animal de compagnie et qu’il était douloureux pour elles de s’en séparer. Nous avons donc décidé de les accepter en respectant un cadre bien précis afin que la quiétude des lieux soit respectée. Nous jouissons d’une expérience de vingt ans dans le secteur et cela nous a appris qu’il était important d’accompagner les seniors de la meilleure des façons qui soit, qu’il s’agisse des pensionnaires en maison de repos ou des locataires en résidences services. Et les animaux font clairement partie de leur bien-être.

© Mère Joséphine
Quelle est la différence entre la résidence-service et la maison de repos ?

La seconde se destine à des personnes plus dépendantes. Sur nos 120 pensionnaires en maison de repos, 78 présentent une démence légère à lourde, qui n’est pas toujours décelable au premier regard. Ces personnes sont totalement prises en charge. Dans le cas des résidences services, les personnes sont relativement autonomes, même si elles peuvent parfois être légèrement désorientées. Elles peuvent aussi bénéficier de repas si elles le désirent et de quelques services plus ponctuels. A noter, enfin, que chaque appartement dispose d’une terrasse privative, pour un plus grand confort de vie.

Infos : www.merejosephine.be