Psycho et bien-être

Cette semaine, je vous emmène à la découverte de ce jeu psychologique auquel nous avons tous joué. Source de beaucoup de tensions, en sortir est parfois compliqué ! Mais en l’identifiant et en appliquant quelques techniques simples, vous allez y arriver.


Un triangle dramatique

C’est Eric Berne, psychiatre américain et fondateur de l’Analyse transactionnelle, qui découvre et met en lumière l’existence de ces jeux psychologiques. C’est ensuite Stephan Karpmann qui, grâce aux découvertes de Berne, met en évidence ce qu’il appellera : le triangle dramatique. C’est donc sous le nom de « triangle dramatique de Karpmann » que l’on entend souvent parler de ce « jeu » psychologique.

Il s’agit donc d’un scénario relationnel où chacun des protagonistes prend le rôle du sauveur, de la victime et/ou du bourreau. Dans ce jeu, culpabilisation et manipulation sont au rendez-vous afin de faire passer chacun à un rôle différent au cours d’une même conversation. Ce triangle naît au moment de conflits ou de tensions qui sont enclenchés par l’un des rôles.

Je précise d’emblée que ce triangle ne s’applique PAS dans les relations d’emprise avec un manipulateur. Dans ces relations, c’est un lien de dominant-dominé, pas une triangulation.


3 rôles à distribuer

  • La victime : ce rôle consiste à se faire passer pour quelqu’un de fragile, pleurnichard, dépendant des autres, plaintif,… La victime cherche à attirer de l’attention en quémandant et en faisant des demandes que l’autre doit comprendre au travers des sous-entendus. Grosso modo, l’objectif du rôle de victime est de se faire prendre en charge en rendant l’autre responsable de son malheur (et de son bonheur). Tenir ce rôle est assez facile : culpabiliser l’autre, se proclamer reine/roi de la poisse, trouver que la vie est injuste et qu’elle s’acharne,…

  • Le bourreau : dans ce rôle tout est permis : critiques, méchanceté, cruauté, irritabilité. Lorsqu’on est dans le rôle du bourreau, nous avons tendance à être critique et désapprobateur. La culpabilisation est très utilisée aussi dans ce rôle là. Il est cassant et intransigeant.

  • Le sauveur : son nom pourrait nous faire croire qu’il est la solution à tout et que son rôle est le plus positif de tous. Mais il n’en n’est rien ! Le sauveur va se positionner en personne indispensable et va ensuite le reprocher à l’autre à coup de phrases comme « Après tout ce que j’ai fait pour toi », « Sans moi tu n’y arriverais pas »,… Il se pose en solution aux problèmes et vous envoie au passage des messages subtils qui vous dévalorisent l’air de rien.

Ces trois rôles sont joués par chaque protagoniste et ce au cours d’une même conversation. Le rôle de chacun n’est pas défini une fois pour toutes et pour tous les conflits. Nous passons tous de l’un à l’autre sans grande difficulté. Les rôles s’inversent en une seconde au cours d’une même discussion.


Analyse d’exemple et sortie du triangle

Prenons un exemple de discussion au sein d’un couple :

  • Lui : « Salut chérie, j’ai décroché mais je suis en réunion, je n’ai pas beaucoup de temps. »

  • Elle : « Tu n’as jamais de temps pour moi » (rôle de la victime)

  • Lui : « Ho écoute, ne commence pas ! Tu n’es plus un enfant ! (rôle de bourreau). Je me demande pourquoi tu n’es pas capable de comprendre que j’ai beaucoup de boulot en ce moment (du bourreau il passe à la victime et « elle » a maintenant pris le rôle du bourreau)

  • Elle : « Ha oui ! Et qui s’occupe de tout en attendant que Monsieur finisse de travailler ? » (victime)

Je pourrais continuer un certain temps ce ping-pong et ces inversions des rôles, mais j’imagine que vous avez compris l’idée principale.

Tour à tour, mari et femme passe d’un rôle à l’autre. Leur objectif ? Obtenir de la reconnaissance (eh oui, encore et toujours cette fichue reconnaissance).


Astuces pour éviter de tomber dans ces pièges relationnels

  • Faire des demandes claires : donc, au lieu de dire « tu n’as jamais de temps pour moi », dire quelque chose comme : « Tu me manques. J’aimerais qu’on passe du temps ensemble, quand pouvons-nous programmer cela ? »Il est possible de ne pas tomber dans le piège du jeu psychologique.

  • Au lieu de répondre « Oh écoute ne commence pas ! …), dire : « J’entends ton besoin que nous passions plus de temps ensemble, je suis dans une période chargée au boulot mais je vais faire plus attention. »

  • Être à l’écoute de ses besoins et prendre soin de soi sont aussi des bonnes façons d’éviter les jeux psychologiques. Si vous êtes à votre écoute, vous serez plus à même de prendre vos responsabilités et de ne pas les faire porter aux autres. Ainsi, vous pourrez formuler des demandes claires sans tomber dans le jeu et l’autre pourra y répondre (ou pas) plus sainement sans se sentir attaqué.

Vous l’aurez compris, pour sortir des pièges et des jeux psychologiques, il est essentiel d’arriver à avoir une communication saine et claire, sans ambiguïtés, sans sous-entendus exprimés dans l’espoir que l’autre devine. Chacun est responsable de la façon dont il communique ses besoins. Si vous vous attendez à ce que les autres devinent, vous n’avez pas encore fini d’être déçu.

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