Royals Celle qui deviendra impératrice du Japon en mai, a fêté ses 55 ans. Retour sur une vie pour le moins peu enviable.

Dans moins de cinq mois, la princesse Masako perdra son titre au profit de celui d’impératrice du Japon. Le 1er mai, son mari, le prince héritier Naruhito montera sur le trône du Chrysanthème suite à l’abdication de l’actuel empereur, Akihito. Cet important changement de statut signifiera-t-il la fin du calvaire de celle qui, aux yeux des Japonais, devait incarner le renouveau de la dynastie avant de plonger dans la dépression ? Rien n’est moins sûr. Car depuis son mariage en 1993, la brillante fille de diplomate n’est plus que l’ombre d’elle-même, la princesse sacrifiée.

C’est à l’occasion d’une réception organisée au palais Togu en l’honneur de l’infante Elena d’Espagne, en octobre 1986, que la future princesse, alors diplômée en économie de Harvard et étudiante en droit au Japon, a rencontré le prince héritier Naruhito. Ce dernier, qui semblait adepte du célibat, a très vite succombé aux charmes de cette jeune femme moderne qui fut chargée des négociations pour l’environnement à l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique). Elle a du caractère, elle est intelligente et elle se démarque des épouses discrètes, et généralement soumises, dévolues aux empereurs japonais.

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Autant de qualités qui ne sont pas du tout au goût du Kunaicho, l’agence de la maison impériale, chargé de veiller aux traditions de la lignée. Celui-ci voit d’un mauvais œil sa vivacité d’esprit et les nombreuses années pendant lesquelles elle a séjourné aux États-Unis. Jugée trop intellectuelle et considérée comme une étrangère, l’agence fait tout pour empêcher l’union annoncée avec le prince héritier. Elle ira jusqu’à pointer l’implication du grand-père de la future princesse dans le scandale économique et sanitaire de Minamata, du nom d’une ville côtière du pays.

Mais rien n’y fait, Naruhito est amoureux et attend avec impatience le retour de sa promise partie terminer ses études à Oxford. À plusieurs reprises, le Kunaicho refuse de donner son feu vert au mariage jusqu’à ce que la mère du prince ne finisse par donner son consentement. Mais le mariage célébré en juin 1993 met fin aux rêves de modernité des Japonais. La princesse Masako est contrainte de renoncer à son poste de diplomate et se voit rappelée à l’ordre de façon répétée car elle ne remplit pas correctement son rôle d’héritière. Elle sombre dans la dépression et disparaît du paysage impérial. Cependant, depuis août 2016 et l’annonce de l’abdication de l’empereur Akihito, l’agenda officiel de la future impératrice se remplit à nouveau. Reste à savoir ce qu’en pense l’implacable Kunaicho…