Belge hiver à Benidorm

Officiellement, Benidorm ne compte que 60 000 habitants. Ses gratte-ciel n'ont pourtant rien à envier aux plus grandes métropoles du monde. 130 hôtels, 35 000 chambres, 5 000 appartements, une dizaine de campings et un quart de million de lits disponibles. Et chaque jour, une foule de nouveaux chantiers qui démontrent que cette énorme capacité - plus d'un tiers de toute la région de Valence - ne suffit pas à satisfaire pleinement les 10 millions de nuitées réservées par an

Texte: KOEN SONCK et PETER VAN HOOF Photos: PETER VAN HOOF
Belge hiver à Benidorm
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Officiellement, Benidorm ne compte que 60 000 habitants. Ses gratte-ciel n'ont pourtant rien à envier aux plus grandes métropoles du monde. 130 hôtels, 35 000 chambres, 5 000 appartements, une dizaine de campings et un quart de million de lits disponibles. Et chaque jour, une foule de nouveaux chantiers qui démontrent que cette énorme capacité - plus d'un tiers de toute la région de Valence - ne suffit pas à satisfaire pleinement les 10 millions de nuitées réservées par an.

En hiver, ce Manhattan du tourisme se transforme en Hollywood du troisième âge: une dame à la coiffure choucroutée, une vieille - elle doit avoir au moins nonante ans - qui soigne les ongles de ses mains fripées sur la promenade, des commères au maquillage excessif sous les sèche-cheveux du coiffeur belge. Une à une des personnes sortent d'une comédie américaine.

Coupez! Autre scène, sur la plage, sur la terrasse ombragée de la bibliothèque: trois rangées de pensionnés, immobiles, les pieds dans le sable, le nez dans les journaux. Plus loin, ça bouge. Beaucoup plus. Ramn, vingt-cinq ans tout au plus, montre des exercices de souplesse à une vingtaine de retraités. Les trainings roses et turquoise tentent en vain d'imiter le jeune homme bien robuste en tenue spandex. Ramn se plie gaiement en deux et touche le bout de ses orteils. Lorsqu'il encourage ses `élèves´ à suivre son exemple, je m'enfuis avant qu'il ne se démantibule.

Il est aisé d'être Belge à Benidorm: après le petit-déjeuner à la pâtisserie belge, on fait ses courses chez Theo, le charcutier belge, ou à la boutique d'Hubert, où l'on trouve les mêmes collections qu'à Bruxelles. A côté: la chocolaterie belge. L'après-midi, on se fixe rendez-vous entre compatriotes sur la promenade, à la fête de l'Association des Belges ou au club de bridge. Après le dîner, au restaurant belge, on boit une Stella ou une Hoegaerden dans un des nombreux cafés belges. Pour regarder le show des travestis. Dommage. Eux, ne sont pas Belges.

© La Libre Belgique 2002