La route de la soie

La route de la soie fut, dès avant le Christ, une fabuleuse piste de 8 000 km

reliant Xian, l'ancienne capitale de la Chine, aux rives de la Méditerranée. Cette artère a brassé les trésors, les religions et les cultures pendant plus de mille ans. Les Romains étaient déjà très désireux d'acquérir la soie (`sericum´) venue de Chine, qu'ils voyaient sur les bannières des archers Parthes. Et, en Chine, l'empereur Wu-Ti envoyait ses diplomates aux portes du Moyen-Orient et voulait acquérir les célèbres chevaux de Ferghana. Un ensemble de haltes se mirent ainsi en place, avec des caravaniers s'échangeant les marchandises à postes fixes, avec des tours de guet et des soldats pour protéger les marchands des pillards. On partait d'Antioche et de Tyr pour rejoindre Boukhara et Samarkande, traverser l'Afghanistan actuel, passer les redoutables pics du Pamir et le mortel désert de Taklamakan avant d'arriver à Dunhuang, la porte de la Chine. On échangeait l'or, le jade, la soie, le lapis-lazuli, les chevaux, mais aussi les religions car la route de la soie favorisa l'entrée du bouddhisme en Chine. Les chrétiens nestoriens chassés d'Occident entrèrent ainsi en Chine. L'art et les cultures s'amalgamèrent. L'art grec et le Gandhara se sont infiltrés en Chine, l'art Serindien du Turkestan chinois naquit aussi, mélange de Chine et d'Inde. Pendant mille ans, ce fut le chemin des métissages des peuples, mais cette route s'est éteinte après l'an mil, à cause du déclin des empereurs chinois, de l'assèchement des oasis du Taklamakan, de la concurrence de la voie maritime et de la poussée musulmane. L'Asie centrale s'est alors repliée et il fallut attendre les grands explorateurs du début du XXe siècle pour redécouvrir ces oasis et les trésors de Dunhuang (lire le très beau livre de Peter Hopkirk `Bouddhas et rôdeurs sur la route de la soie´ chez Picquier poche). (G.Dt)

© La Libre Belgique 2002