All in, last minute...

Anne Masset

Dans l'organisation de voyages, il existe évidemment autant de formules qu'il y a de voyageurs dans un monde de plus en plus exploré et aux coins de moins en moins perdus. Certaines ont la cote. Petit tour de piste.

1 La plage. Pour partir d'une constatation tout à fait générale et qui ne date pas d'hier, il est clair que le tourisme balnéaire séduit énormément de monde. `Pour les vacances en avion, la plage arrive en tête de liste; pour les vacances en voiture, les motivations se révèlent plus nombreuses même si l'attrait de la mer reste un critère de sélection vital´, assure Jean-Luc Hans, président de l'Association belge des tour-opérateurs (ABTO) et vice-président de Mediterra, spécialisé sur le Maroc, la Tunisie et la Turquie et l'Egypte.

2 Les formules `tout compris´. À la mode, certainement, elles plaisent particulièrement aux familles avec enfants car elles apparaissent définies au point de vue financier sans cette part d'inconnu que peuvent constituer les `extra´. `La vogue a commencé en 1995 avec la République Dominicaine et la formule s'est étendue aux Caraïbes d'abord et ailleurs ensuite depuis 5 ans. Elle se retrouve fréquemment au bord de la Méditerranée par exemple´, commente Jean-Luc Hans. Habituellement, le `all in´ recouvre l'avion, la pension complète dans l'hébergement, le thé-café l'après-midi, le `p'tit snack´ en fin de soirée (style pizza ou soupe), les boissons locales (vin, bière, eau, sodas), les alcools du cru (comme l'ouzo en Grèce) et les sports non motorisés. En sus, les animations motorisées, les éventuelles excursions, le téléphone, les alcools d'importation et les surcharges mentionnées. `La majorité de ces `all in´ se déroule en villages de vacances et moins souvent en hôtels traditionnels aux programmes d'animations plus softs´, précise-t-il.

Et puis, il y a aussi le `ultra all in´ incluant alcools et sports.

Le Club Med avait ouvert la voie royale il y a un peu plus de 50 ans, et doit montrer les (tri) dents aujourd'hui pour résister à la montée en puissance de `quasi-concurrents´ parfois moins onéreux.

Le `tout compris´ doit représenter environ 20 à 25 pc des voyages organisés, selon Jean-Luc Hans qui ajoute: `Je ne suis pas persuadé que c'est toujours moins cher. Certains vacanciers qui ont pratiqué cette formule en reviennent et optent l'année suivante pour des lieux plus calmes offrant une meilleure qualité de service´.

3 Le `last minute´. Le principe: les professionnels mettent sur le marché... en dernière minute leurs surplus, sièges d'avion et hébergement. Les contraintes: le départ est prévu tel jour vers telle destination avec séjour dans tel hôtel et retour à telle date. Ce qui suppose une certaine adaptabilité du client qui tient à profiter de réductions qui peuvent aller de 10 à 60 pc. La formule concernait jadis les vols uniquement et d'abord les compagnies aériennes. Pour l'heure, les T.-O. essayent par ce biais de liquider leurs `packages´.

L'offre de `last minute´ peut atteindre 10 à 15 pc de l'offre globale. Elle est aléatoire puisqu'elle dépend des disponibilités inutilisées.

4 Les city-trips. Ils vont presque de pair avec le début des voyages eux-mêmes, même si la formule s'est évidemment systématisée avec le temps. Les années 1995 à 1997 furent l'âge d'or des city-trips, celui de leur explosion. Londres et Paris ont très vite émergé qui actuellement encore se disputent la première marche du podium. La capitale française est repassée en tête, Londres payant pour la troisième année consécutive le prix de sa livre élevée. Derrière, on retrouve Rome, Barcelone, Amsterdam, Venise, Vienne, Prague et Florence.

Ont décuplé le succès de la formule, la multiplication des moyens de communication et le morcellement des vacances. L'arrivée du charter, l'emballement pour les compagnies `low-cost´, le développement du train ont mis à portée d'un week-end prolongé une série de destinations devenues depuis populaires. En outre, le petit `break´ de printemps ou d'automne-hiver est rentré dans les moeurs. Un élément demeure décisif pour le choix du consommateur: le prix.

A noter au rang des corollaires de la vague des city-trips, le tourisme culturel activé par ces `sauts de puce´ centrés sur les villes.

5 L'Internet. Sa place, encore modeste, n'arrête pas de croître notamment via la présence sur les sites des T.-O. d'un aperçu des places restantes tant pour les hôtels que pour les avions. Mais son plus beau rôle demeure encore celui de la vente, particulièrement celle de tickets d'avion. L'exemple le plus retentissant étant celui de Ryanair qui opère en Belgique depuis l'aéroport de Charleroi-Bruxelles Sud. La compagnie `low-cost´ irlandaise concentre plus de 90 pc de ses ventes via son site, ce qui lui permet de réduire d'autant ses coûts...

6 Le vert, l'éthique, l'insolite. L'Onu a déclaré 2002 `Année internationale de l'écotourisme´, c'est dire que le `vert´ est dans l'air du temps. Le premier Sommet mondial sur le thème vient d'ailleurs de se clôturer à Québec, fin mai en présence de 130 pays. De quoi mettre en évidence le tourisme durable, qui tient compte des impacts environnemental, économique et social.

Le `vert´, c'est aussi et plus proche de nous, le succès rencontré, à côté des chambres d'hôtes, par le tourisme à la ferme.

L'éthique commence, enfin!, à entrer quelque peu dans les préoccupations des touristes souvent peu soucieux des conditions de vie de la population locale. La partie la plus visible de l'iceberg étant la condamnation du tourisme sexuel, particulièrement en Thaïlande.

Enfin, l'homo touristicus est plus versatile qu'avant, privilégiant une fois le fun une fois l'authentique, alliant culture et sport, aventure et confort du 4 étoiles en fin de séjour, se décidant au dernier moment, recherchant le `multi-options´ ou la tente au milieu du désert. Il est de plus en plus difficile de le séduire...

© La Libre Belgique 2002