Bali, le paradis, pardi!

Un tapis de palmiers. Du sable. La mer. Comme une impression d'atterrir sur une île déserte. Finalement, on sait gré à quelques iconoclastes d'avoir érigé, au début des années 60, le Grand Bali Beach Hôtel à Sanur. Car au lendemain de son achèvement, les autorités religieuses locales décidèrent d'interdire toute construction dépassant la hauteur des cocotiers - arbres d'une grande valeur spirituelle aux yeux des autochtones.

Bali, le paradis, pardi!
©LLB
Marie-Anne Georges

Un tapis de palmiers. Du sable. La mer. Comme une impression d'atterrir sur une île déserte. Finalement, on sait gré à quelques iconoclastes d'avoir érigé, au début des années 60, le Grand Bali Beach Hôtel à Sanur. Car au lendemain de son achèvement, les autorités religieuses locales décidèrent d'interdire toute construction dépassant la hauteur des cocotiers - arbres d'une grande valeur spirituelle aux yeux des autochtones.

Au sortir de l'aéroport, la chaleur guette - on n'en attendait pas moins -, la moiteur saisit. Voyager hors saison offre l'avantage de ne pas devoir faire de réservation à l'avance. Et si, sur foi d'un guide touristique, une adresse a été retenue, vous pouvez très bien vous retrouver tout à fait ailleurs. A l'instigation d'un chauffeur de taxi, par exemple, proposant, dépliant à l'appui et sans engagement aucun, l'hôtel d'un de ses amis. A l'aventure, comme à l'aventure! L'enchantement est au rendez- vous. La saison n'a pas encore commencé, les prix se marchandent aisément.

Tous ceux qui se sont rendus à Bali insistent: surtout éviter l'extrême sud - avec Kuta et ses hordes de touristes australiens. Par contre, en guise de première étape afin de se remettre du long voyage et du décalage horaire, Sanur demeure hautement fréquentable. Sa promenade pavée et ombrée en bord de mer reste des plus délectables; une mer qui se révèle on ne peut plus calme étant donné la présence d'une barrière de corail. Voilà pourquoi le public est plutôt familial, les enfants barbotant sans danger dans une petite quantité d'eau. C'est également à Sanur que le peintre belge Le Mayeur s'installa dans les années 30. Sa maison, transformée en musée, mérite l'effort de se rendre jusqu'à la pointe nord de la plus ancienne station de villégiature de l'île.

GRANDE QUIÉTUDE

Avec ses 5633 km2, dont on ne sillonne généralement que sa moitié est, Bali se visite aisément. Nombreux sont ceux, d'ailleurs, qui rayonnent à partir d'un lieu déterminé. Evidemment, prendre la peine de faire étape ajoute une plus-value. Celle de vivre au rythme de la population - dont on se rend vite compte de l'importance qu'elle donne à l'accueil.

Carrefour incontournable, Ubud l'est assurément. Nombreuses sont les excursions d'un jour organisées à partir de ce bourg, qui ne cesse de grossir. Les boutiques d'artisanat se sont à ce point démultipliées qu'elles rallient à présent la réserve naturelle de la forêt des singes. Dans la rue principale, les offres de circuits d'un jour s'alignent les unes à côté des autres.

C'est ici que la possession d'un bon guide de voyage s'avère de la plus grande utilité. Suivant le temps disponible et les priorités, certains temples seront privilégiés. Il y en a pour tous les goûts: en bord de lac, surplombant la mer, en pleine ville, calfeutré dans une vallée, sur la pente d'un volcan... Par ailleurs, il est toujours intéressant, avant de les visiter, de repérer les jours fériés. Par essence d'une grande quiétude, ces lieux sacrés connaissent une certaine effervescence un jour de fête, quand ils sont fréquentés par les autochtones en costumes traditionnels. Correctement vêtus - sarong et écharpe en sus -, les touristes sont acceptés. Inscrites dans le calendrier, les processions ou cérémonies sont tout à fait officielles. Par contre, crémations et spectacles de transe sont devenus, pour la plupart, payants. Ceci dit, en logeant dans une petite guesthouse, l'occasion vous sera peut-être donnée d'assister aux répétitions, par les enfants de la maison, d'un concert de musique traditionnelle.

On l'avait lu, on nous l'avait dit, mais on se doit de le répéter: le long des routes qui mènent aux différents sites, les rizières et leur déclinaison du vert à l'infini sont un véritable régal pour les yeux; un tel déploiement de beauté invitant inévitablement à la contemplation.

L'heure du déménagement a sonné. Destination Kalibukbuk. Surtout ne pas se laisser impressionner par la grand route qui dessert la côte. Depuis la longue plage de sable noir surnommée Lovina Beach - mai 68 est certainement passé par là -, on ne se lasse pas d'assister au lever et au coucher du soleil. Difficile de ne pas se laisser tenter par le farniente. Ni de résister à l'invitation de `007´ - nom de baptême d'une des pirogues traditionnelles à balancier - afin d'aller faire un petit coucou aux dauphins. Pour qui veut encore moins touristique - même si cela ne le restera pas - ouest toute, direction Amed.

© La Libre Belgique 2002


Y Aller. Singapour Airlines propose des vols promotionnels (comptez 620 €) hors saison Bruxelles-Denpasar, avec transit par Singapour. Une quinzaine d'heures de vol par une des meilleures compagnies au monde. Service raffiné et personnalisé. Grande attention envers les enfants. Se déplacer. Sur place, de nombreux touristes louent des voitures. Pour ceux que la conduite à gauche effraie, la formule avec chauffeur est à retenir. Exemple, Sanur-Ubud (avec chargement et déchargement) devant l'hôtel: 12 € (quel que soit le nombre de personnes). Il est également possible d'emprunter les cars locaux (surtout fréquentés par les étrangers). Exemple, Ubud-Kalibukbuk: 5 € par personne. Pour rayonner dans une région spécifique, la location d'un vélo ou d'une mobylette est conseillée (hélas, les sièges pour enfants ne sont pas encore d'actualité). Quant aux bémos (sorte de mini-cars comprenant une petite dizaine de places), ils ne sont quasi plus utilisés que par les locaux. Climat. Mousson sèche de mai à octobre, mousson humide de novembre à avril. Pour cette dernière période, le taux d'humidité peut atteindre 100 pc. Soit l'on prend en considération le temps et l'on voyage de juin à septembre. Soit l'on est davantage préoccupé par le portefeuille et l'on s'envole un peu avant ou juste après. Logement. Toutes les gammes de prix. Depuis 3 € (pour une chambre toute simple) jusqu'à 100 € pour un superbe palais balinais dans un jardin luxuriant. Guides. Les traditionnels `Guide du Routard´, `Lonely Planet´ et `Voir´ de chez Hachette se complètent très bien. © La Libre Belgique 2002