Les enfants du voyage

M.-A.G.

Les voyages forment la jeunesse. Et pourquoi pas les tout-petits aussi? Les parents doivent-ils vraiment abandonner leur passion de partir à la découverte de contrées lointaines à partir du moment où la famille s'agrandit? Que nenni! Mais avant d'effectuer le grand saut, on peut envisager les choses progressivement et voir comment la progéniture réagit. Exemple d'un parcours: le Portugal la première année, le Maroc à 2 ans et Bali à 3 ans.

Si papa et maman possèdent l'esprit routard, il est plus que probable qu'ils transmettront le virus à leur enfant. Ne fût-ce que par mimétisme: de voir son entourage s'activer à la préparation des bagages suscite déjà la curiosité du bambin. Le moment idéal se présente alors de lui situer le pays élu sur une mappemonde, de lui dire qu'il va prendre l'avion et de lui parler de ce qu'il va trouver sur place.

Evidemment, côté parents, les appréhensions ne manquent pas. La plupart peuvent être vite apaisées. Si bébé n'est pas encore propre, il faut s'assurer de pouvoir trouver des langes sur place en petites quantités. Transbahuter d'une ville à l'autre des sacs remplis de couches-culottes ne s'avérerait pas des plus confortables. Question alimentaire, à l'heure des multinationales, il n'y a pas de grosses craintes à avoir. Les laits premier âge et de croissance sont en circulation un peu partout dans le monde. Ceci dit, par sécurité, autant caler sur les côtés du sac le lait en poudre auquel votre petiot (e) est habitué (e). Pour le reste, soupe et pâtes sont des plats universels.

C'est souvent en ce qui concerne les risques sanitaires que les parents nourrissent le plus d'inquiétudes. Un petit passage chez le pédiatre de l'enfant permet de vérifier les vaccins et d'emporter la liste des médicaments indispensables. Attention, pour les pays chauds, il faut se les procurer conditionnés en sirop. En outre, si Bali a autant de succès auprès des jeunes parents, c'est notamment parce que la malaria n'y sévit pas. Et que l'île enchanteresse ne se trouve qu'à deux heures de Singapour - qui abrite l'un des meilleurs hôpitaux de l'Asie du Sud-Est. Rappelons qu'une bonne assurance-rapatriement est loin d'être un luxe!

Evidemment, le budget qu'il va falloir consacrer à une telle aventure n'est pas négligeable. Il est bon de savoir que jusque deux ans, l'enfant ne paie pas de billet d'avion: soit un landau est prévu à son intention - en cas de long trajet -, soit il voyage sur les genoux d'un parent. De 2 à 12 ans, une réduction (environ un tiers du prix) est accordée et il possède alors son propre siège. Sur place, les hôtels offrent la plupart du temps le troisième lit - si ce n'est le cas, la majoration est minime. Finalement, quand des extras ont lieu, c'est davantage parce qu'une chambre d'une catégorie supérieure a été préférée: la salle de bain commune sur le palier, c'était bon quand on avait 20 ans...

Quant aux déplacements sur place, tout dépend du budget. Pour le Maroc et Bali, il s'est avéré très facile d'emprunter les moyens de transport locaux. Il faut juste prévoir des trajets fractionnés. Avec, parfois, à la clé, le débarquement dans des endroits sortis de nulle part!

Enfin, quand on voyage, c'est aussi parce qu'on aime partir à la découverte des spécificités du pays. Il n'est pas toujours évident pour des enfants de 2-3 ans de passer toute une journée à visiter des monuments d'intérêt culturel. Alors on goupille un programme où le plaisir des parents alterne avec celui des enfants. De nouveau, dans cette optique, Bali reste un must: magnifiques temples mais aussi merveilleuse encyclopédie à ciel ouvert: pouvoir donner des cacahuètes aux singes en liberté dans une forêt ou se rendre en barque pour voir des dauphins se déplacer en bancs à quelques kilomètres des côtes... restent des expériences inoubliables aux yeux d'un tout jeune enfant. Et guère moins mémorables pour les parents.

© La Libre Belgique 2002