Un château, des vautours et au milieu coule un fleuve

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La forêt méditerranéenne est un écosystème à part entière. Avec ses 30.000 hectares, le Parc de Monfragüe, premier espace protégé d'Extremadure, en est le meilleur représentant. Les sierras ensoleillées, contenant quelques zones ombragées, sont peuplées de chênes (verts ou de liège) mais aussi, entre autres nombreuses espèces végétales, de genévriers, d'ifs, de frênes ou encore de genêts. Royaume des champignons aussi, dont cinq espèces décrites pour la première fois à Monfragüe.

Deux cent nonante espèces animales répertoriées, dont cinquante-trois sont des mammifères et cent quatre-vingt des oiseaux. Ce qui en fait un paradis pour les ornithologues.

Un paradis dont les anges les plus nombreux sont les `gitano´, le surnom du vautour noir. Une colonie forte de 250 couples nicheurs, la plus forte concentration de l'espèce au monde. Le long de la route qui relie Trujillo à Plasencia, nombreux sont les amateurs qui font halte au pied du Salto del Gitano, un éperon rocheux qui émerge du Tage, pour les observer à la jumelle. Avec sans doute l'opportunité d'observer en même temps les vautours fauve, encore plus nombreux, ou la chance de voir voler un des dix couples d'aigles impériaux.

Mais promenade et observation de la faune et de la flore ne sont pas les seuls intérêts d'une réserve naturelle qui propose également des peintures rupestres ou

des reproductions de villages ancestraux, au temps où les huttes circulaires étaient encore couvertes d'un toit de chaume.

C'est à Villareal de San Carlos, où se trouve le centre d'information du parc, que débute la visite de la (petite) partie de la réserve accessible au public. Ensuite à chacun de choisir ses centres d'intérêt. Pour une belle vue générale de la région, la montée vers le château de Monfragüe est la meilleure option. Et quel plaisir de profiter de la brise au sommet de la vieille tour!

Pour redescendre vers le Tage, un sentier ombragé parcourt les sous-bois, histoire de prendre un peu congé du soleil. Plusieurs miradors et points de vue sont, par ailleurs, accessibles dans le parc afin de profiter au maximum de la diversité des paysages.

Ensuite, pour les jambes fatiguées, des campings sont prévus, mais en dehors de la réserve naturelle. Et les plus douillets qui veulent combiner séjour dans la nature et lit bien moelleux peuvent se rendre à l'Hospederia de Torrejon el Rubio. Situé à proximité du parc et au milieu de la `pampa´, il permet de continuer à jouir du contact avec cette nature préservée. En attendant le coucher de soleil sur la terrasse, par exemple.

Les fêtards s'abstiendront. Pas de night-club dans ou à proximité de l'hôtel, juste un bar qui ferme à minuit. Une heure à laquelle la plupart des valeureux randonneurs ont déjà rejoint leurs plumes. A moins qu'ils n'écoutent le hululement du hibou grand-duc...

© La Libre Belgique 2002

© La Libre Belgique 2002

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