Pourvu qu'elle soit blanche

Brussels by night. Rien que l'expression fait pouffer. A chaque fois c'est la même chose pour le Bruxellois. Un ami de passage pose la question, innocemment: `Et où y-a-t'il moyen de sortir le soir à Bruxelles?´. Et très vite, l'angoisse monte, la sueur perle sur le front, les joues rougissent. Un peu honteux, il bredouille le nom de l'un ou l'autre café, de l'un ou l'autre club, puis plus rien.

Pourvu qu'elle soit blanche
©Didier Bauweraerts
L.H.

Brussels by night. Rien que l'expression fait pouffer. A chaque fois c'est la même chose pour le Bruxellois. Un ami de passage pose la question, innocemment: `Et où y-a-t'il moyen de sortir le soir à Bruxelles?´. Et très vite, l'angoisse monte, la sueur perle sur le front, les joues rougissent. Un peu honteux, il bredouille le nom de l'un ou l'autre café, de l'un ou l'autre club, puis plus rien.

Ben oui, après minuit, dans la capitale, tous les chats sont gris et les bons citoyens dans leur lit. Il y a bien un petit frémissement le week-end, mais... `Plus de bruit, c'est la ronde de nuit´. Un peu groggy, un peu amorphe, Bruxelles s'endort. Trop longtemps privés de leur ville, les habitants se sont fatigués de leurs propres rues. `Bruxelles la nuit, c'est fini. Bruxelles va crever d'ennui´...

Pourtant, de ci de là, la lumière reste allumée. En pointillé, la capitale s'anime. Un café dans un coin d'Ixelles ou de Jette, une soirée qui s'improvise dans le quartier Saint-Jacques. En ordre dispersé, les Bruxellois reprennent leurs nuits en main.

Le chantier, il faut dire, a déjà été lancé en journée: les chancres qui se font plus rares, le centre qu'on réinvestit, les fêtes de quartier qui se multiplient, les rues qui se font branchées... La ville s'est même trouvé un carnaval, une Zinneke parade, pour lui redonner des couleurs. Manquait donc plus qu'à réapprivoiser ses nuits, laissées trop longtemps en jachères.

Alors ce week-end, histoire de marquer le coup, la capitale s'offre une nuit blanche. Toute blanche, immaculée. Le bar est ouvert, la musique hospitalière, et tout le monde bienvenu: habitués de la nuit ou nouveaux venus, beautiful people ou familles de passage,... Un seul principe: pas question de fermer l'oeil, mais bien de redécouvrir la cité sous un autre... jour.

Les musées, les gares et les métros, les salles de sport et de spectacle qui prolongent pour une fois la soirée. Cette nuit, on va donc l'embrasser, on va la danser, la boire, l'arpenter de long en large, parce que, pardi!, une ville cela bouge, cela vit. Même après minuit.

WebProgramme: www.nuitblanche.org.

© La Libre Belgique 2002

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