Les rues de Bruxelles réinvesties

La´ Nuit Blanche´ voulait `ouvrir la ville et en éloigner le sentiment d'insécurité´. Pari réussi, avec près de 30000 participants dans la nuit de samedi à dimanche. Aucun incident n'a été signalé, en dépit de petits problèmes. A la Raffinerie de Molenbeek, la fête ne s'est jamais arrêtée.

Les rues de Bruxelles réinvesties
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N.R.

C' est parti!´ crie un homme sur le podium de la Raffinerie de Molenbeek, lieu choisi pour l'inauguration de la `Nuit Blanche´. Un feu d'artifice explose et deux troupes de percussionnistes, Fanfarah et Dianfasko, déboulent d'un échafaudage en lançant des rythmes endiablés entraînant avec eux la foule qui commence à danser et à frapper des mains. Le décor est planté. Les festivités peuvent commencer.

Mais tout d'abord, il fallait faire son choix parmi les très nombreuses activités proposées. Et ce n'était pas chose facile. En effet, dès l'inauguration terminée, toutes les têtes se penchaient sur le petit dépliant reprenant les heures et les lieux des concerts, des conférences, des expositions, des contes urbains, etc.

Beaucoup de monde décide alors de se diriger vers le centre ville. Parmi toutes les activités, l'Espace Senghor, à Ixelles, mettait à l'honneur le cinéma indien. La salle était pleine à craquer. Certaines personnes rigolent, d'autres restent muettes, subjuguées par ce style bien loin des grosses productions hollywoodiennes.

Dans un autre registre, le centre sportif de Saint-Gilles ouvrait ses portes aux personnes désireuses de se remettre un peu forme en effectuant quelques matches de volley, de badminton ou encore de basket. Les terrains sont restés occupés jusqu'à deux heures.

Vers 3h, la deuxième partie de la nuit commence. Les expositions, les musées et les théâtres font sortir leurs derniers visiteurs. Place à la danse. A 3h45, le bal populaire de la gare du Nord résonnait aux sons des cornemuses. Des farandoles se forment mélangeant jeunes et moins jeunes. Et cela continuera encore jusqu'à 5h du matin.

A la Raffinerie de Molenbeek, la fête ne s'est jamais arrêtée. Jusqu'aux premières lueurs du jour, toute la salle dansait sur les rythmes de la soirée `Drum and Bass´. La fête commence petit à petit à toucher à sa fin. Juste le temps d'aller piquer une petite tête aux bains publics et le moment est venu de rejoindre les Halles de Schaerbeek pour un petit-déjeuner bien mérité. Les visages marqués par la fatigue arborent tous le même sourire après une soirée bien remplie en événements et en rencontres.

Une organisation difficile

Un événement d'une telle ampleur risquait de se heurter à quelques petits problèmes. Certains spectacles ont changé d'horaire suscitant parfois le désarroi des visiteurs.´ Nous avons travaillé en collaboration avec un grand nombre d'associations et d'asbl et parfois la communication a été difficile´ explique Mario Gotto, directeur des éditions Vista et organisateur de la `Nuit Blanche´.

Pour encore compliquer tout ça, la pluie, elle aussi, était au rendez-vous, forçant les gens à se rabattre sur les activités en intérieur. Pour des raisons de sécurité, les organisateurs ont donc refusé l'entrée sur certains sites trop remplis. Enfin, on notera que les navettes organisées par la Stib ne desservaient pas assez d'endroits. Il devenait alors difficile pour les plus fatigués de rentrer chez eux retrouver leur lit. Mais ce ne sont là que les erreurs d'un premier essai. Le tir pourra aisément être rectifié pour la prochaine édition.

Une demande importante

Malgré que la promotion ne fût pas très importante, pratiquement toutes les activités ont rencontré un vif succès. Partout dans Bruxelles, on pouvait voir des personnes munies d'un passe au poignet et de plans de la ville dans les mains.

`Enfin, il se passe quelque chose à Bruxelles. C'est vraiment une super initiative. Espérons qu'elle se reproduira´, dit un jeune les yeux mi-clos en train de déguster son café aux Halles de Schaerbeek. Mais une des principales choses à retenir de cette soirée de fête est qu'aucun incident ne s'est produit. Malgré que les animations se soient déroulées principalement dans les quartiers `chauds´ de Bruxelles comme, par exemple, Matonge ou la commune de Molenbeek. La démonstration est ainsi faite que la meilleure méthode pour contrer l'insécurité n'est pas de bombarder les gens de mesures répressives mais au contraire de promouvoir la rencontre entre les différentes cultures qui peuplent notre ville. Assurément, une leçon à retenir.

© La Libre Belgique 2002

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