Sous les tropiques de Tikal

N.R.

La dense forêt tropicale du Petén, qui couvre tout le nord du Guatemala, n'abrite pas que des bébêtes... Certes, il n'est pas rare de se retrouver nez à nez avec un serpent, une tarentule ou un scorpion. La principale attraction n'en demeure pas moins le monumental centre cérémonial de Tikal, soit le plus impressionnant site archéologique maya. Perdu en pleine jungle, il est majestueux. Les temples, fortement pentus, se dressent jusqu'à 44 mètres de hauteur, perçant la voûte sylvestre. Ses nombreuses plazas ont dû être libérées des arbres et des lianes qui les enserraient. Ses temples en partie ensevelis ont également dû être dégagés et restaurés.

Les premiers Mayas s'y sont installés aux alentours de 700 avant Jésus-Christ. Mais Tikal connut son apogée entre 700 et 900 après JC. La ville faisait office de grand centre religieux, économique et culturel. Elle fut subitement délaissée et abandonnée. Les raisons de son effondrement demeurent encore assez inconnues.

Au total, le Parc national de Tikal s'étend sur 576 km2. La partie centrale de la ville occupe 16 km2 avec 3000 bâtiments recensés. La majorité est encore enfouie sous une épaisse végétation.

Une bonne journée est nécessaire pour visiter l'ensemble du site. L'idéal est d'y être dès le lever du soleil, vers cinq heures, afin d'y apprécier les premiers rayons qui se faufilent à travers les plantes. Auparavant, moyennant un menu pourboire aux gardes, il était possible de dormir au sommet d'un temple. Pour des raisons de sécurité, il est dorénavant conseillé de dormir dans les petits cabanons à l'entrée du parc. A condition toutefois de ne pas se laisser impressionner par la présence discrète des jaguars et celle, beaucoup plus bruyante, des singes hurleurs qui hantent le site. Emotions assurées.

Quand bien même, les temples sont grandioses. La montée des étroites marches est un exercice périlleux tant la raideur de la pente est vertigineuse. Du sommet des pyramides, la vue panoramique sur la jungle en impose. Difficile alors de ne pas s'émouvoir devant ces ruines qui émergent de la forêt, chargées du mysticisme maya. On y resterait des heures.

© La Libre Belgique 2003