Voyage au coeur de la civilisation maya

Le premier contact avec le Guatemala est rude. Seize heures de voyage, ça use. Et comme première vision, une capitale plus mégapole que jamais. Pollution, bruit, désordre... La question ne se pose pas longtemps; à peine débarqué de l'aéroport de Guatemala City, une seule direction s'impose: Antigua.

Voyage au coeur de la civilisation maya
©MICHEL DE BACKER
Nicolas Roelens

Le premier contact avec le Guatemala est rude. Seize heures de voyage, ça use. Et comme première vision, une capitale plus mégapole que jamais. Pollution, bruit, désordre... La question ne se pose pas longtemps; à peine débarqué de l'aéroport de Guatemala City, une seule direction s'impose: Antigua. Personne ici ne se demande comment les taxis ou les bus, plus vétustes, inconfortables et bondés que jamais, amènent leurs clients à bon port. Ce qui compte, c'est qu'ils y arrivent. A une heure de route de Guatemala City, Antigua est la capitale historique du pays. Elle figure parmi les plus anciennes villes des Amériques. Plusieurs fois détruite par des tremblements de terre, à chaque fois reconstruite, elle dégage une âme telle que les touristes en font souvent leur quartier général de voyage. Située entre trois volcans, dans un cadre somptueux, elle dénote avec la capitale par sa petite taille, ses rues pavées et la mosaïque de couleurs vives que forment ses petites maisons. Seul hic: victime de son succès touristique, elle regorge de jeunes Américains venus apprendre l'espagnol dans une des nombreuses académies de la ville. Pour le dépaysement complet, il faudra encore attendre un peu... La période la plus amusante pour visiter la ville est la Semaine sainte pendant laquelle les processions se succèdent. Les rues sont à cette occasion recouvertes de somptueux tapis multicolores élaborés à l'aide de sciure de bois teinte et de pétales de fleurs.

Si Antigua est attachante, que dire des villages qui bordent le lac Atitlan? Considéré par beaucoup comme un des plus beaux lacs du monde, il est situé dans les Hautes terres du Guatemala, entre trois autres majestueux volcans. Les pluies abondantes qui s'y déversent confèrent à la région toute sa luxuriance. Sur les flancs de montagne, le vert prédomine: les champs de maïs s'y succèdent à l'infini, interrompus ça et là par des rangées de pins. C'est là que se perpétuent les valeurs traditionnelles et les coutumes des plus anciens occupants du Guatemala. On y parle plus couramment un dialecte maya que l'espagnol. Les paysans qui vivent dans les Hautes terres sont d'ailleurs pour la plupart les descendants directs des grands bâtisseurs mayas. Les vêtements traditionnels qu'ils arborent en témoignent: ici, on ne rechigne pas sur la couleur.

Panajachel est le premier village qui permet une vue globale sur le lac Atitlan. On n'y restera pas longtemps, préférant s'attaquer à la périlleuse traversée du lac pour rejoindre les petits villages accessibles seulement par bateau. San Pedro la Laguna est de ceux-là. La gentillesse et l'accueil des locaux marqueront plus d'un blasé d'autant que l'hébergement y est parmi le moins cher du pays. Les possibilités de promenades à pied ou à cheval dans les petits sentiers qui longent le lac sont multiples. Et paradisiaques.

ASCENSION VOLCANIQUE

Située à 40 km au nord du lac, Chichicastenango ne vaut le détour que pour son gigantesque marché bihebdomadaire. Se lever avant l'aube pour voir se construire les innombrables étalages est un spectacle que l'on n'oublie pas. L'artisanat local est le centre de tous les intérêts. Attention, ici, le marchandage est sport national. Pas question de payer la superbe chemise bariolée plus de la moitié du prix proposé... Pas toujours évident, mais de bonne guerre!

Avant de quitter les Hautes terres, un inévitable s'impose: l'ascension d'un volcan. Actifs ou éteints, ils sont légion au Guatemala. Les petites agences locales proposent des guides à des prix raisonnables. Le jeu en vaut la chandelle. La montée du Santa Maria est à couper le souffle. Au propre comme au figuré. Au-dessus des nuages, à presque 4000m d'altitude (non-sportifs s'abstenir), il donne une vue sans pareil sur le Santiaguito, volcan gris encore actif qui crache des panaches de fumée à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Pétrifiant.

Les alentours de Coban sont plus reposants. Située à l'orée de la partie tropicale du pays, elle propose non loin de là des sources d'une beauté peu imaginable. L'eau transparente dans laquelle se baignent les heureux voyageurs fait dire à beaucoup que Shemuk Sampey est le plus bel endroit du pays. Pas sûr, car malgré sa petite taille, le Guatemala recèle encore beaucoup de secrets en tous genres. Montagnes et volcans, plages et cocotiers, sites mayas perdus en pleine forêt tropicale; cette diversité de sites et de climats donne une réelle spécificité au pays.

Sans oublier ce petit village, coup de coeur du voyage: El Remate, havre de paix autour du lac de Petén Itza où, avant de s'endormir dans les rudimentaires mais agréables paillotes de la Casa Rojas, on mangera tous les soirs chez Angelo, un italien francophone, marié à une Guatémaltèque et venu émigrer pour toutes les raisons que l'on devine... Heureux homme qui conseillera le proche Belize si l'objectif est de terminer le voyage par quelques jours plus reposants sur une des îles des Caraïbes où plongée sous-marine et farniente font le bonheur de tous.

© La Libre Belgique 2003


Carnet de voyage Y aller : Le prix des billets d'avion est fonction des saisons. Il est possible de trouver Bruxelles-Guatemala City à partir de 650 euros. Un passeport est suffisant pour les ressortissants belges. Sur place : Tous les moyens sont bons pour se déplacer! Mais ne ratez pas l'expérience des bus publics tellement plus folkloriques et beaucoup moins chers que les mini-bus privés. N'hésitez pas non plus à héler un camion ou un pick-up si vous voyagez en groupe. Au niveau logement, toutes les gammes d'hôtels existent. Pour les routards, il est possible de se loger à moins de 4 euros la nuit. Climat : La meilleure période pour se rendre au Guatemala s'étend de fin octobre à mai. Il y fait souvent entre 30 et 38°. Sans parler du taux d'humidité proche de 100pc. Le reste du temps, c'est la saison des pluies. Attention, de juillet à novembre, c'est la saison des cyclones. Infos : La plupart des Guatémaltèques parlent espagnol même si certains ne s'expriment que dans l'une des 23 langues indigènes. La monnaie est le quetzal (un euro = huit quetzals). Il est conseillé de partir avec des dollars à changer sur place. Les informations provenant des autorités belges quant à la sécurité au Guatemala sont souvent inquiétantes. Cependant, un peu de prudence élémentaire suffit à limiter les risques de problèmes. Santé : Le vaccin contre l'hépatite A est fortement conseillé. Faites attention à ce que vous mangez et buvez (pas d'eau du robinet). Enfin, consultez votre médecin pour un traitement antipaludéen.