Ostende, reine rajeunie

Ostende a longtemps cultivé la nostalgie d'un passé prestigieux de ville de toutes les mondanités. Elle avait accueilli une ligne de chemin de fer venant de Malines dès 1839. La liaison maritime avec Douvres ouvrira aussi largement les portes de la grande et prestigieuse Angleterre.

Jean-Marie Antoine
Ostende, reine rajeunie
©Reporters

Ostende a longtemps cultivé la nostalgie d'un passé prestigieux de ville de toutes les mondanités. Elle avait accueilli une ligne de chemin de fer venant de Malines dès 1839. La liaison maritime avec Douvres ouvrira aussi largement les portes de la grande et prestigieuse Angleterre.

C'est Léopold II, le roi bâtisseur, qui avait décidé d'en faire la Reine des plages, avec un casino de style pseudo-mauresque, des galeries de colonnades en bordure de mer, le Chalet royal, un théâtre et encore un hippodrome.

Plus tard, au milieu du XXe siècle, les promoteurs, intéressés par le développement du tourisme de masse, vont bétonner résolument la ville et la digue, érigeant en front de mer des immeubles en forme de tour où s'empilent les appartements.

"ville sur mer" a heureusement subi ces dernières années une solide cure de rajeunissement et de modernité, qui se conjugue avec une vie associative et un dynamisme culturel dépassant largement le cadre temporel de la haute saison estivale.

Il s'agit donc de redécouvrir Ostende. Sa récente métamorphose se marque bien sûr par la rénovation de quelques lieux emblématiques comme le casino, mais aussi et surtout par cette nouvelle mise en avant de l'image maritime de la cité. On a ainsi réaménagé en profondeur le fameux quai des Pêcheurs (le Visserskaai), qui s'étend de la gare à la Promenade Albert Ier. Vous aurez ici l'embarras du choix côté restaurants où sont bien sûr mis en avant tous les délices de la mer, ce qui les rend malheureusement tous un peu copie conforme les uns des autres.

Le marché aux poissons est à deux pas et le va-et-vient des bateaux de pêche vous donne des envies de grand large. Le long du Montgomerydock, on déambule dans un décor urbain entièrement repensé en dégustant des cornets de crevettes ou du poisson séché. La digue elle-même a été équipée d'un sentier promenade fait de lattes de bois qui se déroule du palais des Thermes jusque Mariakerke.

, la petite place des Saints-Pierre-et-Paul a elle aussi subi un lifting bienvenu alors que la piétonnière Kapellestraat est plus que jamais le cordon ombilical du dynamique petit quartier commerçant où la Adolf Buylstraat joue des coudes avec des boutiques plus personnalisées.

Si vous préférez les plaisirs de la vie nocturne, cap sur le quartier de la Langestraat où se regroupent les bars, les cafés et les discothèques. Indissociable de l'image d'Ostende, le fameux voilier Mercator, fidèle au poste dans le port de plaisance, présente aux visiteurs son intérieur authentique où sont rassemblés des objets accumulés au cours des voyages de cet ancien navire-école pour les officiers de la marine marchande belge. De temps à autre, le fier trois-mâts, qui fêtera son 80e anniversaire en 2012, s'offre encore l'une ou l'autre escapade pour participer aux grandes manifestations de voile.

, c'est l'Amandine qui offre une autre image de la vie maritime. Le bateau, qui a pris sa retraite le 3 avril 1995, constitue le dernier témoin de l'histoire de la pêche ostendaise dans les mers d'Islande. Il est maintenant devenu un musée interactif qui intéressera surtout les enfants, déjà parce qu'il est assez odorant : odeur de poisson dans les cales, mais aussi, dans les cabines, odeur des... chaussettes des marins pêcheurs. Au-delà des événements ponctuels, Ostende la culturelle se décline déjà en deux musées de belle tenue.

Celui consacré à l'histoire locale, baptisé De Plate a pris ses quartiers, il y a quelques années, dans un magnifique immeuble de la Langestraat (n° 69) qui fut la résidence d'été de Louise-Marie, la première reine des Belges, et où elle est morte en octobre 1850. Souvenirs de la vie ostendaise à la Belle Époque, reconstitution d'une maison de pêcheur et d'un estaminet ancien, évocation de la liaison maritime avec l'Angleterre, tout invite ici à la nostalgie d'une glorieuse époque révolue.

Installé dans la Romestraat (n°11), dans un immeuble moderniste qui a fait office de grande surface, Le Mu. ZEE offre un aperçu passionnant, étendu et cohérent de l'art moderne et contemporain en Belgique. Tous les courants importants, du début du XXe siècle jusqu'à nos jours, y sont représentés. Peintures, sculptures, gravures, photographies, des objets d'art, des installations, ainsi que du verre et de la céramique.

Envie d'exotisme ? Dans le Koningspark, en bordure de digue et des galeries royales, le jardin japonais Shin Kai Tei (traduction libre : Profond Jardin Bleu) est un lieu de promenade agréable où l'on découvre différents aménagements articulés autour d'un grand étang qui a la forme d'une tortue.

© La Libre Belgique 2009

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