Knokke-Heist, du luxe à la nature

Knokke-Heist, entre Zeebrugge et la frontière hollandaise. Une station et cinq plages, sur un total de 12 kilomètres. De gauche à droite, plus exactement du sud-ouest au nord-est, voici tout d’abord Heist la familiale, puis Duinbergen la résidentielle, Albert Plage la sportive, Knokke la select et Le Zoute la belle élégante.

Jean-Marie Antoine
Knokke-Heist, du luxe à la nature
©Photonews

Knokke-Heist, entre Zeebrugge et la frontière hollandaise. Une station et cinq plages, sur un total de 12 kilomètres. De gauche à droite, plus exactement du sud-ouest au nord-est, voici tout d’abord Heist la familiale, puis Duinbergen la résidentielle, Albert Plage la sportive, Knokke la select et Le Zoute la belle élégante. Ce sont donc les deux dernières citées qui donnent à la station balnéaire le titre incontestable de la plus huppée de la Côte belge. "The place to be", dit-on, quand on veut faire coïncider son lieu de villégiature avec un statut social du genre plutôt aisé.

A Knokke, les galeries d’art (une cinquantaine en tout), les restaurants haut de gamme, les magasins de luxe et les enseignes prestigieuses occupent le terrain en bordure de mer. Mais, après avoir goûté à l’ambiance particulière de ce luxe balnéaire, on peut aussi très vite lui tourner le dos et suivre encore et toujours la plage pour très vite arriver au Zwin.

Cette fameuse réserve naturelle de 158 hectares seulement (dont 25 en Hollande), est l’un des principaux lieux de reproduction pour les oiseaux sur la côte nord-ouest de l’Europe. On recense ici quelque 250 espèces dont certaines assez extraordinaires : pluvier argenté, bruant lapon, garrot à l’œil d’or, grèbes huppés, castagneux, esclavon, tadorne de Belon et autre sterne pierregarain. Une énumération très pointue, qui n’empêche pas d’observer aussi sur place des espèces plus communes, cigognes, bécasses, oies ou canards. On dit que l’on vient au Zwin au printemps pour les oiseaux, et aussi en été pour les fleurs. Mais bien sûr toute l’année pour goûter au simple et vivifiant plaisir de la promenade par dunes et par digues, à travers un fascinant univers de prés salés et de chenaux soumis à la marée.

Le Zwin est aussi régulièrement inondé par la mer, lors des marées d’équinoxe ou des violentes tempêtes venues du nord-ouest. Le sol spongieux produit une végétation très variée et, l’été, le Zwin se transforme en un lieu particulièrement coloré, lorsque la statice, aussi appelée immortelle bleue ou lavande de mer, forme un immense tapis violet.

Créé lors du raz-de-marée de 1134, l’ancien bras de mer ensablé depuis huit siècles s’est aussi retrouvé une nouvelle jeunesse, avec la transformation du parc ornithologique en centre naturaliste moderne où il s’agit déjà de conscientiser les visiteurs à l’importance de préserver ce patrimoine d’exception.

C’est vrai que le Zwin est le seul endroit du littoral qui témoigne encore du plat pays tel qu’il existait il y a mille ans. Depuis cette année, il est possible de visiter le site avec un guide audio à télécharger gratuitement sur votre lecteur MP3. Au total, 22 endroits ont été sélectionnés et font l’objet d’explications qui combinent l’histoire, la biologie, la géographie et aussi les anecdotes amusantes.

La région du Zwin est aussi le thème d’un petit musée installé à Heist. Le Sincfala n’est pas très connu mais vaut franchement la visite, par exemple un jour de pluie et surtout si les enfants sont de la partie. On y survole 2000 ans d’histoire et on y évoque la vie des pêcheurs, le phénomène de la poldérisation, la ville voisine de Sluis vers l’an 1400 ou encore l’avènement du tourisme. Le tout présenté le plus souvent de manière interactive, voire ludique. Avec en prime la possibilité de monter à bord d’un crevettier qui a jeté l’ancre dans le jardin.

On profitera aussi du passage à Knokke pour admirer quelques belles réalisations urbanistiques et architecturales, ruelles piétonnières, cottages traditionnels et villas modernistes. Par exemple, ne ratez surtout pas cette étonnante Zwarte Huis, une maison vraiment unique en son genre, imaginée dans sa globalité comme une œuvre d’art. Construite en 1924 sous la direction de l’architecte Huib Hoste, elle témoigne toujours solidement de l’échappée postmoderniste et concrétise les principes du mouvement esthétique néerlandais De Stijl, popularisé côtés arts graphiques et peinture par Piet Mondrian. Il s’agissait ici de créer une symbiose entre l’architecture, les arts plastiques et le design. Et pour ne pas confondre l’endroit avec une classique maison côtière obligée de se fondre esthétiquement dans un environnement de dunes, on a peint les murs des façades en noir.

La Zwarte Huis de Knokke a bénéficié d’une rénovation qui lui a rendu son style initial. Elle a aussi trouvé sa nouvelle voie en abritant maintenant une galerie d’art contemporain. La station chic s’est d’ailleurs clairement positionnée comme un des centres de l’art moderne en Belgique. René Magritte, Paul Delvaux ou encore Jean-Michel Folon sont les illustres inspirateurs de bon nombre d’œuvres exposées dans les galeries.

L’art est aussi présent à tous les coins de rue. La station enrichit en effet son architecture urbaine avec des œuvres d’art contemporaines, transformant ainsi la balade promenade en parcours culturel. La brochure "Route des arts" (1,9 € à l’Office du tourisme) peut vous servir de guide. C’est l’occasion par exemple, près de la réserve du Zwin, de caresser le lièvre "Hospitality" du célèbre sculpteur anglais Barry Flanagan, ou d’admirer, au Vege Meer près du Centre culturel, l’œuvre "L’Ode à la femme", de l’artiste flamand Jef Claerhout.

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