En suivant la Molignée

C’est une rivière qui prend sa source dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, du côté de Florennes, pour aller se jeter dans la Meuse à Anhée, rive gauche, à quelques kilomètres de Dinant. La Molignée profite de ce parcours champêtre pour dessiner une vallée très encaissée qui ne manque pas d’attraits touristiques.

Jean-Marie Antoine
En suivant la Molignée
©Jean-Luc Flémal

C’est une rivière qui prend sa source dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, du côté de Florennes, pour aller se jeter dans la Meuse à Anhée, rive gauche, à quelques kilomètres de Dinant. La Molignée profite de ce parcours champêtre pour dessiner une vallée très encaissée qui ne manque pas d’attraits touristiques.

Le plus connu est sans aucun doute l’abbaye bénédictine de Maredsous, fondée en 1872 sur une colline calcaire dans un style néogothique, et réputée mondialement pour ses travaux informatiques sur la Bible. La magnifique bibliothèque privée abrite un total de 400 000 volumes. L’endroit est aussi connu du grand public comme un lieu d’accueil, et de ressourcement, et comme le point de départ de six promenades balisées qui se faufilent dans les bois voisins. On vient aussi à Maredsous pour visiter le site, à l’exception du monastère fermé au public. On se recueille un instant dans l’abbatiale, histoire, tant qu’à faire, de demander une grâce ou un service à Saint-Benoît. Et on repasse bien sûr au centre d’accueil, où le magasin de souvenirs religieux côtoie une cafétéria (ont dit aussi la buvette) où il est de bon ton de manger une tartine de fromage de Maredsous en dégustant une bière... de Maredsous.

Brassée en terre anversoise, chez Duvel Moortgat, cette dernière n’est donc pas une bière trappiste et se range sous la bannière "bière d’abbaye". Bière de fermentation haute, filtrée avant d’être mise en bouteille, elle se décline en trois chiffres: la 6 % est une blonde, la 8% une brune et la 10% une triple ambrée dont la douceur masque avec habileté son caractère hautement alcoolisé.

De Maredsous à Maredret, il n’y a vraiment qu’un pas, ou plus exactement une descente dans la vallé. Maredret est avant tout un joli petit village aux maisons de pierre qui est aussi devenu un refuge pour des artistes et artisans, liés au départ à l’école d’art qui était anciennement implantée à Maredsous. L’ancienne école communale est maintenant devenue la Maison de l’artisanat. A Maredret existe aussi une abbaye bénédictine occupée elle par une petite communauté de moniales, et qui ne se visite pas.

Elles sont encore actuellement huit religieuses qui consacrent leur vie à la prière, mais aussi à la gestion de ce grand verger comportant de nombreuses espèces anciennes qui, dans la petite boutique attenante à l’abbaye, se déclinent en confitures, jus et pâtes de fruits.

Mais l’abbaye est avant tout réputée pour son art de l’enluminure et sa production d’images religieuses. Car dès la fondation de l’abbaye en 1893, on a voulu retrouver les techniques anciennes utilisées par les scribes et les enlumineurs du Moyen Age. Après de nombreuses années de recherche, les sœurs ont réussi à se familiariser avec tous les secrets du métier, maîtrise des écritures anciennes, pose de l’or, préparation des pigments. Des millions d’images pieuses ont ainsi été diffusées, trouvant le plus souvent refuge dans les missels d’autrefois.

En descendant vers la vallée de la Meuse, on fera ensuite une halte au village de Falaën, officiellement classé parmi les plus beaux de Wallonie, déjà pour découvrir la grande diversité du patrimoine bâti et admirer en particulier le fameux château-ferme, érigé au XVIIe. Même s’il a perdu une de ses quatre tours d’angle, que ses douves ont été rebouchées et que le pont-levis sous la tour porche a cédé la place à un chemin de pavés, ce magnifique ensemble témoigne encore de l’époque où l’on associait demeure seigneuriale et exploitation agricole.

Falaën est aussi très connu pour les ruines du château féodal de Montaigle, accrochées à l’éperon rocheux qui domine le confluent de la rivière avec le ruisseau, de la Molignée avec le Flavion. La vocation défensive du site de Montaigle s’était affirmée dès la fin de l’époque romaine dans ce cadre naturel sauvage et grandiose. La forteresse guerrière du XIVe siècle s’est transformée un peu plus tard en confortable résidence, avec larges fenêtres, latrines et four à pain. Le château a été incendié par les troupes du roi de France Henri II en 1554. Aujourd’hui, un musée archéologique installé au pied des ruines assure la vocation didactique de l’endroit en s’appuyant sur des techniques de gestion moderne du site.

A trois pas de Falaën, le village de Sosoye est l’un des derniers arrivés dans la très sélective famille des plus beaux villages de Wallonie. Le petit bourg aligne sagement ses maisons de pierre calcaire le long de la rue principale et se distingue par cet ensemble architectural positionné sur une petite butte: l’église de la Nativité, superbement restaurée, le presbytère et la (double) grange aux dîmes sont des monuments classés. La verdoyante petite plaine alluviale qui s’étend au pied du village se la joue carte postale. Vous avez dit havre de paix?

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