Diest, la douceur de vivre

En venant de Bruxelles par l’autoroute E314 qui file vers Aix-la-Chapelle, on laisse Leuven sur la droite avant d’emprunter, un peu plus loin, la sortie 24. Ne restent plus alors que 6 kilomètres pour découvrir la ville de Diest, ancrée le long du Demer.

Jean-Marie Antoine
Diest, la douceur de vivre
©Olivier Pirard

En venant de Bruxelles par l’autoroute E314 qui file vers Aix-la-Chapelle, on laisse Leuven sur la droite avant d’emprunter, un peu plus loin, la sortie 24. Ne restent plus alors que 6 kilomètres pour découvrir la ville de Diest, ancrée le long du Demer.

La cité brabançonne apparaît tout de suite attachante, peut-être déjà parce qu’elle donne l’impression de vivre au ralenti. Ce qui ne l’empêche pas de veiller jalousement sur un foisonnement architectural qui témoigne d’un passé opulent. C’est que la grande Histoire est aussi passée par ici, lors de l’occupation espagnole, mais surtout avec l’omniprésence de la famille d’Orange-Nassau.

Philippe-Guillaume, prince élevé dans la religion catholique, décédé en février 1618 à Bruxelles, est d’ailleurs enterré ici, dans le chœur de l’église Saint-Sulpice-et-Saint-Denis. Dans son testament, le fils aîné de Guillaume le Taciturne avait en effet stipulé qu’il voulait être enterré dans une des villes chères à son cœur, à choisir donc entre Breda, Orange, Lons-le-Saunier ou Diest selon le lieu le plus proche de son décès.

Côté architecture, cette collégiale de style gothique est aussi une curiosité de par la rupture très nette entre les deux types de matériaux utilisés pour sa construction. D’une part le grès ferrugineux régional pour la grande partie de l’édifice, d’autre part la pierre de sable qui habille la puissante tour ouest ouvrant sur la Grand-Place. L’intérieur vaut une petite visite pour sa riche décoration d’objets d’art, dont notamment les statues baroques adossées aux colonnes. A noter que le petit clocher baroque ajouté au-dessus de la croisée du transept a été surnommé "Mosterdpot" (moutardier) en raison de sa forme.

Grand-Place toujours, et il est sans doute intéressant de commencer votre visite ici, l’hôtel de ville abrite dans ses caves le petit musée communal. C’est ici aussi que se trouve l’office du tourisme où vous pourrez acquérir (au prix de 2€, mais l’investissement en vaut la peine), une brochure en français intitulée "Promenade à travers le patrimoine" qui vous permettra de profiter au mieux de votre petite excursion.

En route vers le béguinage, incontournable. On le rejoint en empruntant la Koning Albertstraat et en admirant au passage l’ancienne halle aux draps et d’autres demeures remarquables datant du XVIIe et du XVIIIe siècle. Conseil d’ami : n’oubliez pas de lever le nez pour bien observer ces façades qui recèlent de petites perles décoratives ou architecturales. C’est notamment l’occasion de mesurer l’importance du passé brassicole de la ville en admirant les façades superbement ouvragées de deux anciennes brasseries, Les Trois couronnes et Le Palmier. Un peu plus loin, le Spikker, ancien refuge de l’abbaye de Tongerloo et grenier à blé de la ville, est aujourd’hui devenu un hôtel de belle tenue.

On entre dans le béguinage en franchissant un majestueux porche baroque orné d’une statue de sainte Catherine d’Alexandrie. Inscrit sur la liste du Patrimoine universel de l’Unesco en compagnie d’autres béguinages flamands, le site se compose d’une église, d’une cour centrale, d’une infirmerie transformée maintenant en centre culturel, et aussi bien sûr d’un ensemble de maisonnettes souvent datées par des ancres et des inscriptions, le tout formant un ensemble magnifiquement conservé, même si le grès des petites habitations sagement alignées le long de ruelles pavées présente parfois quelques signes de faiblesse.

Au cours de votre promenade dans ce véritable havre de paix, on vous conseillera de faire une petite halte au n° 1 de Heilige Geeststraat. C’est ici que le restaurateur bien connu Felix Alen, ancien cuisinier du Roi Baudouin et de la Reine Fabiola, a ouvert un centre de formation culinaire. L’endroit abrite également un petit musée de la cuisine du XVIe siècle et se prolonge par un adorable jardin d’herbes potagères.

Retour vers le centre-ville et plus spécialement la Guido Gezellestraat où l’on peut découvrir la maison natale du célèbre jésuite Saint Jean Berchmans, transformée maintenant en un petit sanctuaire où l’on vient se recueillir ou simplement allumer une bougie, histoire de trouver du réconfort ou d’obtenir une grâce Sachez encore que les sites et les lieux à visiter sont principalement ouverts l’après-midi. D’autre part, Diest, la belle endormie, retrouve une vie plus trépidante le temps du marché du mercredi matin, sur la Grand-Place bien sûr.

A deux pas de Diest, le village de Scherpenheuvel (Montaigu en français) est célèbre pour son imposante basilique baroque. Flanqué de six chapelles et d’une tour restée inachevée, l’édifice est aussi la plus vieille église à coupole des anciens Pays-Bas. La basilique a été construite au début du XVIIe siècle sur ordre des archiducs Albert et Isabelle, pour remplacer la chapelle en bois marquant l’emplacement d’un ancien chêne séculaire au pied duquel, il y a six siècles, les pèlerins se pressaient pour implorer l’aide de la Vierge, représentée par une statuette aux pouvoirs miraculeux. Aujourd’hui encore, la cité mariale de Scherpenheuvel attire beaucoup de pèlerins.

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