Une route des vins, bières et fromages wallons en 2017

Le ministre René Collin lance le thème touristique de 2017 : Wallonie gourmande.

Magali Veronesi

Le ministre René Collin lance le thème touristique de 2017 : Wallonie gourmande.

Quand on est à la fois ministre du Tourisme et de l’Agriculture en Wallonie, comment ne pas rêver de réunir les deux ? Soutenir les agriculteurs, producteurs et transformateurs ainsi que les opérateurs touristiques d’un seul coup. René Collin nous l’annonce en primeur : après le vélo en 2016, le thème de l’année touristique 2017 sera la Wallonie gourmande.

C’est le succès du salon C’est bon, c’est wallonqui vous a donné cette idée ?

Je ne sais pas quelle idée est arrivée en premier. Une chose est sûre : j’étais certain que C’est bon c’est wallon allait marcher. Pour une première, le salon a rassemblé 9.000 visiteurs. L’an prochain, il est question d’investir un deuxième palais, d’organiser une nocturne ou encore de l’étendre à trois jours au lieu de deux. On débriefe et on lance des pistes à la fin de ce mois.

Il y avait déjà eu La Wallonie des saveurs par votre prédécesseur en 2012…

Je n’ai rien inventé. Mais il me semble que c’est le moment de mettre en avant les produits wallons connus et moins connus, les producteurs locaux, les labels de qualité, les régions et les terroirs qui ont chacun leurs spécialités…

Que comptez-vous mettre sur pied concrètement ?

Une route des vins, une route des bières et une route des fromages par exemple. Certains tronçons existent déjà. Je voudrais que pour le lancement de l’année touristique Wallonie gourmande, elles soient dessinées en parcourant les cinq provinces. On va aussi éditer un guide touristique gourmand et travailler en partenariat avec les chefs de Génération W notamment, ainsi que la Fédération de l’Horeca.

Une façon de montrer qu’il n’y a pas que la bière Jupiler et le fromage de Herve ?

On ne va pas passer à côté de ces institutions de notre patrimoine gourmand ! Mais savez-vous qu’il existe 500 sortes de fromages wallons alors que les producteurs flamands se bornent à imiter le gouda ? Qu’il soit à pâte molle, dure, persillée, de vache, de chèvre, de brebis, j’adore le fromage. Je ne peux plus trop en manger malheureusement.

Et le vin, deviendra-t-il une référence belge au même titre que la bière selon vous ?

J’aime beaucoup le vin et c’est grâce à lui que je connais aussi bien la France. Une chose est sûre : le Wallon est trop modeste. Il m’est donné l’occasion de goûter des vins blancs, rouges et rosés wallons d’une grande qualité. 90 vignerons ont produit environ 1 million de bouteilles pour le millésime 2015. Rien que dans le Hainaut, le Rufus est concurrencé par son voisin, le très bon pétillant chant d’Eole, qui a reçu le Coq de cristal 2016.

Relancer le bistrot de terroir

En 2010, Paul Furlan avait chargé la Fédération Horeca Wallonie d’élaborer et de développer la filière Bistrot de terroir sur le modèle Bistrot de pays français. L’idée était bonne, mais elle n’a pas tenu ses promesses.

Parallèlement à la création du label Artisan Restaurateur de terroir pour valoriser le circuit court avec le ministre de l’Économie, René Collin compte rebooster en 2017 les Bistrots de terroir. En revisitant avec la fédération Horeca les critères qui se sont révélés à la fois trop vagues et trop pointus pour s’appliquer aux lieux auxquels le label pourrait s’appliquer. "De la même manière que notre appel à projets de cette année a permis d’enrichir le réseau Bienvenue Vélo et de développer l’offre de cyclotourisme, je vais lancer un appel à projets. Il bénéficiera, grosso modo, d’un budget de 1,5 million d’euros qui pourrait revenir à une bonne centaine d’opérateurs touristiques aussi bien publics que privés. La promotion d’un réseau plus dense de bistrots du terroir en fait partie."

Les labels de qualité aussi, qu’ils soient bio, AOP (appellation d’origine protégée), IGP (indication géographique protégée), ou encore la qualité différenciée qui s’applique aux produits apportant une plus-value notable : sans OGM, la taille humaine de l’exploitation, la rémunération équitable du producteur, bien-être animal…