Turquie, Tunisie, Egypte: la carte des pays que les Belges désertent

La situation devient catastrophique pour ces destinations habituellement très prisées en plein été.

Turquie, Tunisie, Egypte: la carte des pays que les Belges désertent
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Vincent Schmidt & Marie Rigot

La situation devient catastrophique pour ces destinations habituellement très prisées en plein été.

Turquie, Tunisie, Égypte : trois destinations habituellement très prisées des vacanciers belges. Mais les attentats qui ont frappé ces trois contrées ont complètement modifié la carte des lieux de villégiature des touristes belges. La Tunisie fait d’ailleurs toujours l’objet d’un avis de voyage négatif de la part du ministère des Affaires étrangères. S’y rendre est donc compliqué, d’autant que les tour-opérateurs n’ont bien entendu pas repris la destination dans leur catalogue estival.

Turquie : -23 %

Le récent attentat à l’aéroport d’Istanbul ne va pas redorer le blason d’un pays déjà maintes fois frappé par le terrorisme cette année. Le 12 janvier dernier, une attaque près de la Mosquée bleue avait déjà coûté la vie à 12 touristes allemands. Le 19 mars, c’est à Istanbul que quatre autres touristes ont trouvé la mort dans un attentat. Pour une destination qui se classe en sixième position des pays les plus visités, les répercussions sont évidemment énormes. Au mois de mai, les arrivées de touristes affichaient un recul de 35 % ! Sur l’ensemble du premier semestre, la baisse se chiffre à 23 %. Avec les vacances d’été qui viennent de débuter et la menace toujours omniprésente en Turquie, le bilan risque d’être encore bien plus négatif dans les mois à venir.

Tunisie : des années noires

Côté tunisien, la situation est pour le moins dramatique. Pour un pays dont 400.000 emplois dépendent directement du tourisme (5,8 % du PIB), la reprise est capitale mais elle ne semble pas se profiler dans l’immédiat. Les tour-opérateurs belges, qui bouclent actuellement leur catalogue hivernal, n’ont toujours pas décidé de relancer les départs vers les stations balnéaires tunisiennes. Le printemps arabe (2011) avait déjà amorcé une baisse de fréquentation importante. Mais c’est en 2015 que le coup de grâce a été porté. Deux attentats perpétrés en mars au musée du Bardo (21 morts) et sur une plage de Sousse en juin (31 victimes) ont quasiment rayé le pays de la carte des destinations des touristes étrangers. Après une chute de la fréquentation de 30 % en 2015, c’est une nouvelle baisse de 21 % qui sanctionne le pays sur les six premiers mois de l’année.

Égypte : la dégringolade continue

C’est également avec le printemps arabe que le déclin a commencé en Égypte. En 2010, on comptait encore 15 millions de touristes par an dans le pays. L’an dernier, ils n’étaient plus que 9 millions à succomber aux charmes et au climat égyptiens. L’attentat perpétré par l’État islamique le 31 octobre dernier contre un avion parti de Charm el-Cheikh fut un nouveau coup dur pour l’industrie touristique. Très prisée jusqu’alors, la station balnéaire s’est rapidement vidée de ses touristes. Et si elle figure à nouveau au catalogue des principaux tour-opérateurs et qu’on n’y observe pas de réelle insécurité, les vacanciers belges ne sont visiblement pas rassurés. Au cours des derniers mois, seuls 30 à 40 % des hôtels étaient occupés ! Là aussi, c’est toute l’économie qui vacille quand on sait que le secteur représente 11,4 % du PIB et occupe pas moins de 2,6 millions de personnes lorsqu’il tourne à pleine capacité…

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"Levez l’interdiction de voyager en Tunisie !"

La foule s’est réunie petit à petit aux alentours de 16h, hier, devant le ministère des Affaires étrangères.

Les premiers arrivés discutaient déjà de la décision du ministre Didier Reynders de persister à déconseiller tout voyage non essentiel vers la Tunisie. "C’est un scandale", s’exclame Pierre, un retraité qui s’est passionné pour la Tunisie depuis quelques années.

Les deux femmes qui l’accompagnent partagent son avis et "aimeraient pouvoir continuer à voyager dans ce pays extraordinaire sans restriction".

Les gens arrivent de plus en plus nombreux, même si le succès n’est pas celui espéré. La foule ne dépassera pas les 40 personnes, mais le Comité de vigilance pour la démocratie en Tunisie, à l’origine du rassemblement, l’explique par le mauvais choix du jour, ce mercredi marquant la fin du ramadan.

Dans le petit groupe, on retrouve autant de Belgo-Tunisiens que de Belges. Un Belgo-Tunisien explique sa venue. "La Tunisie est en train de devenir un pays démocratique exemplaire par rapport aux autres pays de la région" , déclare-t-il . " C’est injuste de ne pas la soutenir. Il faut mettre fin à ce boycott."

Parmi ses camarades, une même incompréhension. "Nous ne comprenons pas cette politique de deux poids, deux mesures. La Tunisie n’est pas plus dangereuse que la Turquie", affirme avec force Mohamed.

Quoi qu’il en soit, même si ce rassemblement est avant tout symbolique, ils sont nombreux à espérer très bientôt voir les touristes belges reprendre le chemin de la Tunisie.

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À vos risques et périls…

Si vous désirez sortir des sentiers battus cet été en optant pour une destination inhabituelle ou exotique, mieux vaut faire un détour par le site du ministère des Affaires étrangères avant le départ.

Nous avons consulté les avis émis par les services compétents sur l’ensemble de la planète. Parfois, dans les contrées sans problèmes et le plus largement plébiscitées par les vacanciers belges, l’avis se limite à une phrase laconique et rassurante spécifiant que le risque est négligeable.

Afin de ne pas noircir - enfin, tacher d’orange ou de rouge - la majorité du globe, nous avons maintenu de nombreux pays en zone verte, mais l’avis est parfois nuancé. Dans certains États, il est en effet déconseillé de visiter certaines régions ou recommandé d’y faire montre d’une vigilance plus importante. Mais, globalement, en restant dans les zones touristiques, le touriste ne prend pas de risques particuliers. C’est notamment le cas au Mexique, où les resorts sont sécurisés mais certaines régions déconseillées en raison d’une violence parfois très importante.

Lorsque la couleur vire à l’orange, les Affaires étrangères recommandent généralement une vigilance accrue. La liste des précautions et comportements à adopter est parfois longue. Elle suffit généralement à décourager le touriste de s’y rendre. Clairement, ce sont donc des destinations à éviter.

Quant aux contrées en rouge, le ministère est clair : les voyages y sont totalement déconseillés.

De manière générale, on vous recommande donc de consulter ces avis avant d’effectuer un voyage dans un pays que vous ne connaissez pas. Et, surtout, de les respecter si certaines zones sont déconseillées, que ce soit pour des raisons de sécurité ou sanitaires…

Enregistrez-vous !

Vous êtes belge et vous partez en voyage ? Inscrivez-vous sur le site du ministère des Affaires étrangères (https ://travellersonline.diplomatie.be/). Sur le site, les Belges peuvent entrer leurs données personnelles et de voyage ainsi que celles d’une personne de contact en Belgique. En cas de crise dans le pays de destination - par exemple à cause d’une catastrophe naturelle, d’un attentat ou d’un accident - les Affaires étrangères pourront plus facilement contacter les voyageurs et leur famille en Belgique afin de mieux les aider.

Ce fut le cas lors du tremblement de terre en Équateur (mars 2016) et lors des différents attentats en Turquie, en Tunisie, en Égypte, en Indonésie, au Burkina Faso et au Mali.

En un an d’existence, le site a déjà enregistré 73.000 inscriptions. Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders conseille à tous les compatriotes de s’enregistrer sur le site à chaque fois qu’ils partent en voyage.


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