Le temple Uluwatu de Bali, où ciel et mer se rencontrent

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©Maria Udrescu
Maria Udrescu A Bali, du côté d’Uluwatu

On sait que Bali est un endroit de rêve, paradis bleu sur terre qui, alors qu’on l’expérimente, ne faillit pas à sa réputation. Mais saviez-vous qu’ il est possible de toucher un peu plus encore à l’authenticité de Bali, en partant à la découverte de sa nature et de ses temples ? Aux portes du temple.

Le soleil a à peine pointé le bout de son nez que la chaleur colle déjà à la peau comme un torchon humide. Mais Augung, coiffé d’un turban et drapé dans le traditionnel sarong, ne semble pas en souffrir.

Cet Indonésien d’une quarantaine d’années qui en paraît à peine 25 a vécu toute sa vie à Bali. "Je suis né à Seririt, au Nord de l’île, là où on produit beaucoup de vanille, de coco, de café. Nous n’avions pas d’électricité, juste du feu. Et je devais marcher 7 km pour aller à l’école, sans chaussures", raconte le guide touristique, avant que le bus ne s’arrête devant "Abian Subak", un commerce qui promeut l’agrotourisme où est produit le prestigieux "Café Luwak", récolté dans les excréments de la civette et considéré comme le plus cher au monde. Sa saveur est certes inégalable, mais la vue d’animaux enfermés dans des cages minuscules laisse comme un arrière-goût amer. Beaucoup dénoncent d’ailleurs la surexploitation de cette espèce asiatique pour le plaisir des touristes.

Un temple qui protège les îliens

Reste que le café Luwak fait partie de la culture balinaise. Tout comme le temple Pura Luhur Uluwatu, perché sur des falaises vertigineuses à 70 mètres d’altitude sur la mer de Java. Cet édifice, figurant parmi les neuf temples directionnels de l’île censés la protéger, est sculpté dans une roche qui, selon la légende, serait la proue pétrifiée du bateau de Dewi Danu, la déesse de la mer. Un mystère entoure même l’origine du temple, certains estimant qu’il aurait été construit au XIe siècle par le prêtre Mpu Kuturan. Pour d’autres, il serait né des mains de Dang Hyang Nirartha, pèlerin fondateur du courant de pensée hindouiste de Bali.

Après la montée de dizaines d’escaliers, l’on découvre un temple modeste qui contraste avec une vue grandiose. Si l’Indonésie est le plus grand pays musulman au monde, l’île de Bali est, elle, à plus de 90 % hindou. Une croyance basée sur des règles aussi multiples que strictes. "Puisque je suis né dans le Nord, je ne peux pas entrer dans ce temple, du Sud", explique Augung. Pas question donc pour les touristes d’y mettre un pied.

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©Photo News


Comment photographier le plus beau paysage

Mais si des milliers de gens de toutes nationalités visitent Uluwatu, c’est pour observer l’un des plus magnifiques paysages de l’île : des vagues qui s’éclatent contre le rocher, enveloppé par des fleurs de mille et une couleurs et des arbres à perte de vue. Des couples se prennent en photo avec des selfie-sticks. Un guide explique à des Françaises que les Balinais ne fument pas de Malboro, mais des cigarettes faites avec des clous de girofle. Un jeune asiatique multiplie les clichés en essayant de capturer la beauté du lieu. En vain. Il finit d’ailleurs par baisser son appareil et lancer à sa copine "regarde, c’est magnifique", comme s’il venait de réaliser où il se trouvait.

Au plus on s’éloigne du temple, pour rejoindre une plateforme située à l’autre extrémité de la roche, au plus les hommes se font rares. Parfois, celle-ci se vide, vous laissant comme seul au monde, juste avec le son des vagues, le bruit des arbres et cette vieille dame aux yeux laiteux qui tient en main un paquet de bracelets faits à la main. Habillée de vêtements imprégnés de poussière, elle supplie les quelques passants de lui acheter ses créations.

Des habitants cleptomanes

Des minutes passent sans qu’un bruit ne perturbe la sérénité qui règne en ce lieu. D’un coup, un iguane surgit, avant de disparaître aussitôt. Il est suivi par un couple de singes qui s’arrêtent au milieu de la plateforme pour s’y reproduire, sous le regard gêné ou amusé des touristes. L’autre attraction d’Uluwatu, ce sont ces petits habitants du site, connus pour leurs tendances cleptomanes.

En quelques secondes, le mâle se rue sur un touriste et lui hôte le téléphone des mains, qui ne sera récupéré qu’en échange de quelques fruits et jets de pierres lancés par les habitués du temple. "C’est un risque à prendre si vous venez ici", lance un Balinais tout sourire à la "victime". Mais le contact avec la nature qu’offre l’expérience vaut bien le sacrifice d’abandonner son téléphone au fond du sac pendant quelques heures.


Le Club Med, plus "local"

Récemment, le Club Med a rouvert en grande pompe son hôtel fraîchement rénové à Bali. Des restaurants aux chambres avec vue sur un jardin de palmiers, tout est flambant neuf. Tandis que le concept d’oasis où on peut se déconnecter du monde en paressant sous un parasol, un cocktail à la main, n’a pas changé d’un iota. Des piscines - dont deux "zen", interdites aux enfants -, des cours de yoga, de surf, de trapèze,… la liste des activités n’en finit plus.

L’on regrettera par contre le besoin de traverser des kilomètres de boulevards - où l’on ne croise pas une seule âme et sur lesquels s’étendent des dizaines d’hôtels de luxe - et une barrière en fer, avant pouvoir goûter à l’ambiance locale balinaise.

L’enseigne, parfois accusée d’isoler les touristes des traditions et paysages du pays, fait des efforts pour promouvoir la culture locale. "Il est vrai que le Club Med a été perçu comme vivant un peu en dehors de son environnement. Mais on veut s’y intégrer plus fortement. Le Club Med doit être une oasis de bonheur, mais ce bonheur doit être partagé autour de nous. Notre fondation soutient les villages et l’agriculture locale. C’est du gagnant-gagnant : ça redonne du travail à la population et nos clients ont des fruits et légumes bio", explique le CEO de l’entreprise, Henri Giscard D’Estaing.

Ainsi ce nouveau Club Med de Bali se prévaut-il d’être "l’harmonie parfaite entre le confort moderne et la culture balinaise". Il met en avant l’architecture inspirée du style traditionnel de l’île, des excursions aux quatre coins de Bali (voir ci-contre), des spectacles de danse balinaise - même si celui auquel nous avons assisté ressemblait plus à une pièce de Bollywood - ou encore sur des cours de langue pour apprendre le Bahasa Melayu.

De quoi faire du Club Med "une vitrine du pays, du savoir-faire local" afin d’essayer de répondre aux attentes des touristes de plus en plus sensibilisés à la coopération au développement, à la protection de l’environnement et à la qualité des produits.

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©Maria Udrescu



Bali par 3

Le Rock Bar offre une vue époustouflante sur l’océan. Situé sur les falaises du village de Jimabran, au sein de l’hôtel Resort Ayana, cet endroit est l’un des plus prisés de Bali. L’idéal est de s’y rendre en fin d’après-midi pour y admirer le coucher du soleil, en croisant les doigts pour y trouver de la place.

Ubud est la capitale culturelle et artistique de Bali. Mais la ville est aussi connue pour la beauté de ses rizières. Ne quittez pas l’île de Bali sans y emprunter les petits chemins pour observer la nature à perte de vue.

Prévoyez toujours le double du temps estimé pour vous rendre à n’importe quel endroit. Le trafic balinais est toujours imprévisible.

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