Bons plans pour un voyage abordable en Asie du Sud-Est

textes et photos: Jean Bernard
Bons plans pour un voyage abordable en Asie du Sud-Est

On sait que dès les années 60, la Thaïlande attirait les routards peu regardants au niveau du confort. Mais saviez-vous qu’ en vieillissant, ceux-ci ne crachent pas sur un peu de luxe; et ils le trouvent, à petit prix. Bons plans en Thaïlande du Nord, Malaisie et Indonésie.

Dix-huit jours de voyage, sept vols (cinq locaux), neuf nuits en hôtels quatre étoiles, neuf autres dans des guest-houses fort confortables, petit-déjeuner compris, le tout pour 1070 euros. L’Asie du Sud-Est a toujours été terre de prédilection pour les routards, mais ceux-ci, à notre image, ont vieilli et ne dédaignent pas un lit moelleux dans une jolie chambre avec conditionnement d’air et un plongeon dans la piscine au retour d’une excursion sous la chaleur humide.

Alors qu’en 1990, il vous fallait débourser au moins l’équivalent de 700 € pour vous rendre à Bangkok moyennant deux escales, désormais, le prix a chuté à moins de 400 €, via Kiev, avec Ukraine International Airlines. Non, nous n’avons pas dû pédaler ! Les avions, pas récents certes, étaient dans un état impeccable.

Bangkok à 30 € la nuit

Loger à Bangkok dans un hôtel avec piscine est chose courante pour environ 30 €. Encore faut-il supporter l’agitation et les embouteillages permanents que subit la mégapole de 15 millions d’âmes seulement traversée par trois lignes de métro…

Notre petit conseil si vous y séjournez : sélectionnez bien les sites que vous souhaitez visiter et restez dans le même secteur, sinon vous perdrez beaucoup de temps dans les bouchons.

Le charme fou de Chiang Rai

Pour récupérer du jetlag, et échapper à l’agitation de la capitale, mettez le cap plein nord, destination Chiang Rai. Plusieurs compagnies vous y emmènent pour environ 25 € depuis l’aéroport low cost de Dong Mueng et 40 € depuis l’aéroport international de Suvarnabhumi où vous aurez atterri en provenance d’Europe.

Compagnie low cost créée en Malaisie en 2003, fidèle à Airbus, Air Asia se décline entre autres en Thai Air Asia et Indonesia Air Asia et dessert toute l’Asie, et même l’Australie et la Nouvelle-Zélande, à des prix compétitifs et pour une qualité de confort incomparable pour ce type de compagnie. En cas de retard, vous serez averti par SMS, ce qui vous permet de ne pas stresser et de profiter encore de votre lieu de villégiature.

Mais revenons au nord de la Thaïlande : climat plus respirable, douceur de vivre, sourire et serviabilité proverbiaux font de Chiang Rai une petite ville au charme fou renforcé par son marché de nuit - le plus animé a lieu le dimanche -, où l’on ne manquera pas de goûter… les insectes grillés, de suivre un cours de danse ou de profiter d’un massage des pieds après les achats de fruits exotiques, de saucisses parfumées et de légumes.

mondrian
©D.R.

Le Wat Rong Khun à Chiang Rai est devenu l'un des monuments les plus célèbres de Thaïlande. Son créateur estime qu'il sera achevé en... 2070!

De Chiang Rai, le Myanmar et le Laos sont proches; le Mekong sépare les trois pays. L’endroit est mieux connu comme étant le Triangle d’or, haut-lieu du trafic d’opium; la culture du pavot est désormais éradiquée en Thaïlande. De retour à Chiang Rai, on filera au temple blanc puis à la maison noire, deux ensembles architecturaux sortis de l’imagination sans borne d’artistes contemporains.

De cette cité, une belle balade consiste à remonter la rivière Kok jusqu’à Thaton où vous partirez à la découverte des tribus des collines et, de là, filer en camionnette puis bus vers Fang et Chiang Mai, la grande ville du nord de la Thaïlande, riche de son passé lanna.

Kuala Lumpur et ses Petronas Towers

Changement radical de décors avec la moderne Kuala Lumpur, capitale de ce dragon économique qu’est la Malaisie, marquée par ce symbole de réussite que sont les Petronas Towers culminant à 452 m. Les complexes commerciaux et gratte-ciel s’y multiplient (250 en tout !), les conditionnements d’air tournant à plein régime tant la chaleur suffocante étreint cette ville.


Coucher de soleil sur Chiang Mai

Avec ses, paraît-il, trois cents temples, Chiang Mai mérite plusieurs jours de visite, sans oublier qu’elle constitue une base idéale pour un trekking de quelques jours dans les collines du nord de la Thaïlande. En matière d’édifices religieux, faites-vous un menu d’une petite dizaine de temples (c’est déjà copieux). Dans le centre-ville, ils sont assez proches les uns des autres et des tuk-tuks peuvent vous soulager de la marche. Les Wat Phra Sing, Wat Chiang Man (le plus ancien de la ville) et le Chedi Luang, endommagé par un tremblement de terre au XVIe siècle et laissé en l’état, sont incontournables. Mais pas question de quitter la ville sans avoir grimpé sur la colline du Doi Suthep pour y admirer le Wat Prathat Doi Suthep. Le meilleur moment pour le faire est la fin d’après-midi; vous profiterez alors du coucher de soleil sous lequel les cheddi feront étinceler leur cuivre doré. Site sacré depuis le XIVe siècle, le temple mélange des caractéristiques bouddhistes et hindouistes. Et la vue sur la ville vous éblouira.

Idéalement situé à moins de cent mètres du Wat Phra Sing, le 99 Gallery Hotel offre les services d’un trois étoiles pour un peu plus de 30 €/nuit. Pour des budgets plus serrés, la ville regorge de guest-houses situées dans des ruelles assez calmes.


A la rencontre des Padaung

mondrian
©D.R.

Très longtemps en lutte armée avec la junte au pouvoir au Myanmar, plusieurs peuples - Karen, Palaung,… - se sont réfugiés en Thaïlande. Dans un village de fortune, les Padaung - formant un sous-groupe du peuple karenni - se débrouillent comme ils peuvent pour subsister, ne bénéficiant de quasi aucun droit de la part du gouvernement thaï; majoritairement chrétiens, ils ont bâti une église. Pour subsister, les femmes tissent des écharpes et des foulards assez originaux qu’elles vendent aux touristes curieux de voir ces femmes portant de grands colliers spiralés, d’où leur surnom - péjoratif - de "femmes-girafes". Si l’origine du port de ce collier, symbole fort de l’identité du peuple padaung, n’est pas connue, la Thaïlande profite pleinement de l’attrait touristique que ces femmes représentent pour percevoir une taxe sur chaque visite. Au sortir du village, on a donc un sentiment partagé : d’un côté, on serait tenté de regretter d’avoir effectué une telle visite, mais de l’autre, on se dit que seul l’artisanat que ces femmes réalisent et vendent leur permet de subsister. Sans touriste, les Padaung seraient totalement oubliés et abandonnés.


Cap sur l’île de Java

De Kuala Lumpur, direction l’Indonésie et plus particulièrement le sud de l’île de Java pour deux jours à Yogyakarta, "Djodja" pour les intimes, point de départ idéal pour se rendre au petit matin dans le haut-lieu du bouddhisme qu’est Borobudur (couvert de bas-reliefs, lesquels mis bout à bout, constituent un ruban sculpté de cinq bornes).

Sublime au lever du soleil, avec le volcan Merapi au lointain, Borobudur se visite conjointement avec le complexe hindou de Pranbanan, situé à 80 km, un ensemble de 240 temples shivaites, construits au IXe siècle. Et puis, et puis, ce fut Bali…


Odyssey Submarine à Bali

mondrian
©D.R.

L’expérience n’est possible qu’en deux endroits au monde : Hawaï et Bali. C’est donc à Amukbai que le rendez-vous est fixé pour une balade en sous-marin d’une durée de 45 minutes. Pour le non-plongeur que nous sommes, c’est l’occasion unique de profiter du spectacle fascinant qu’offre le récif de corail à une trentaine de mètres de profondeur. Le sous-marin peut accueillir 36 passagers, installés face aux grands hublots. Et pour une fois, ce sont les poissons qui observent les humains dans leur bocal ! Rien ne vous empêche ensuite, après un bon buffet balinais, de faire un peu de snorkeling, au même endroit où à un autre spot. (Prix : +/- 85 €. Trois départs en haute saison (9h30, 10h30, 11h30), un seul en basse saison (10h30).


Java: Borobudur et Prambanan

mondrian
©D.R.

Si Java est devenue terre d’islam, ses habitants, à l’image des élèves qui s’y rendent en rangs serrés, sont fiers du patrimoine laissé par les bouddhistes et les hindouistes.Borobudur se visite au lever du soleil, quand la brume rend forêts et champs fantomatiques et qu’au loin fume le volcan Merapi. Situé sur la ceinture de feu, l’Indonésie subit éruptions et tremblements de terre. Le Prambanan se redresse doucement de celui de 2006. Les deux ensembles sont couverts de bas-reliefs, d’une part relatant la vie de Bouddha et d’autre part, présentant les différentes divinités hindoues.


Bali: les rizières en terrasse de Jatiluwih

mondrian
©D.R.

Un véritable décor de carte postale vous attend. Moyennant un petit écot, vous pourrez déambuler au milieu de ce paysage balinais classé au patrimoine de l’Unesco, à pied, mais il existe aussi la possibilité de le faire en pousse-pousse ou rickshaw (balirickshaw@gmail.com). Les petits villages s’alignent, où vous pourrez déguster le thé préparé par une grand-mère ou donner un petit coup de main au riziculteur.


L'Asie du Sud-Est par 3

Quand partir ? L’Asie du Sud-Est est marquée par un climat tropical ou équatorial; en gros, il peut pleuvoir n’importe quand; les ondées sont courtes et brutales mais juste après, il fait délicieux ! En combinant les mêmes destinations que nous, vous tomberez forcément en pleine saison des pluies à un endroit et en saison sèche à un autre.

Gastronomie. La cuisine thaï est plus relevée que les malaisienne et indonésienne. Dans les trois, on constate qu’il existe une volonté de moderniser les plats traditionnels. Et cela reste léger et délicieux. Devenez quasi-frugivores : testez les ramboutans, mangoustans, fruits du serpent (salak) ou du dragon (pitaya); et pour les intrépides, le durian est un must.

Transports. Outre l’avion qu’on prend comme un taxi, les taxis justement sont bon marché, tout comme les bus intervilles; vous pouvez aussi louer une mobylette, à Bali par exemple où une voiture avec chauffeur-guide revient à un total de 40 € par jour. En Thaïlande, une expérience en train est un plus, si vous avez le temps. La Malaisie vient elle d’achever la modernisation de la ligne, entre la frontière thaï et Kuala Lumpur.