Les canaux d'Ardenne et de Campine aspirent à une reconnaissance par l'Unesco

Une proposition nationale et commune portée par la Flandre et la Wallonie vise à faire reconnaitre l'abissage, pratique d'irrigation des prairies par canaux à flanc de colline, comme patrimoine immatériel de l'humanité reconnu par l'Unesco, rapportent vendredi les titres Sudpresse.

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Une réunion s'est tenue lundi pour mettre en avant le dossier flamand, qui concerne la région de Lommel, en Campine, et le wallon, qui vise les zones d'irrigation anciennes éparpillées dans la province de Luxembourg, la partie ardennaise de la province de Liège, la frange du Condroz où dominent les prairies et le bassin de la Lesse, en province de Namur.

La technique de l'abissage est attestée dès le 15e siècle dans nos contrées, pratiquée à flanc de colline en déviant les eaux d'un ruisseau. Ces canaux avaient leur raison d'être à une époque où les engrais chimiques étaient encore inconnus.

Pierre Luxen, qui porte le projet pour l'Ardenne, illustre qu'en Belgique, dans le sud de l'arrondissement de Verviers, "on trouvait de l'abissage un peu partout (...) Dans les communes de Trois-Ponts, Stoumont, Stavelot, Lierneux? À Jalhay, il y en avait aussi beaucoup". Les canaux ayant été négligés au fil du temps, on ne compte plus qu'environ deux kilomètres de ces réseaux encore en état de fonctionner dans la commune d'Houffalize, au nord de la province du Luxembourg.

Le dossier wallon, rédigé en français, devrait être prêt pour fin 2021 et présenté par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

M. Luxen souligne que d'autres régions d'Europe ont déjà obtenu la reconnaissance pour certaines zones d'irrigation, comme au Valais, en Suisse, au Tyrol, en Autriche, et dans le Palatinat, en Allemagne.