Une croisière de rêve dans les Antilles

Naviguer la nuit et découvrir en journée des îles paradisiaques. Qui n’a jamais rêvé partir en croisière ? Mais avec le défi climatique et la pandémie, ce rêve est-il toujours permis ?

Une croisière de rêve dans les Antilles
©J-L.T.
Jean-Louis Tasiaux

Samedi 7 mars 2020, Fort-de-France en Martinique. On embarque avec près de 3 000 autres passagers à bord du paquebot MSC Preziosa, pour une croisière de sept jours dans différentes îles des Antilles. Même si on parle déjà du Covid-19, on est encore loin d’imaginer à quel point il va profondément bouleverser nos habitudes quotidiennes. Et puis le soleil, la douceur de vivre et les paysages paradisiaques ont vite fait de balayer ces “petits tracas” qu’on a laissés en Europe. Durant une semaine, notre paquebot nous porte d’île en île, toutes plus belles les unes que les autres. Mis à part le gel hydroalcoolique avant chaque repas et la prise de température de tous les passagers à chaque escale, la vie de rêve suit son cours entre cocktails et plages de sable fin. Ce voyage dans les Caraïbes est pour nous l’occasion de fouler des endroits reculés dont on ignorait jusqu’à présent l’existence et où les habitants semblent vivre paisiblement en harmonie avec la nature et les gros paquebots de croisière qui y déversent leur flot de touristes.

De retour sur les mersMSC Croisières affirme avoir réalisé des efforts en matière environnementale, non seulement dans le fonctionnement même du navire, mais aussi dans l’organisation de la vie à bord.Samedi 14 mars 2020. Fin de croisière, fin du rêve. La pandémie a rattrapé l’Europe où tout se ferme. Notre bateau va rester à quai de longs mois. Les croisiéristes, comme tout le secteur touristique, tirent la langue. Novembre 2021. La pandémie est toujours là, mais elle est mieux contrôlée. Les protocoles sanitaires ont été affinés, le Covid Safe Ticket offre certaines libertés. Les navires de MSC sont de retour...

Au gré des îles, à chaque escale

Une croisière de rêve dans les Antilles
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 1. Martinique 

C’est là qu’on embarque sur notre navire. Une fois les formalités accomplies, nous disposons de quelques heures pour visiter Fort-de-France. Les rues pittoresques de la ville avec son architecture coloniale et sa végétation luxuriante offrent déjà un dépaysement. Sans parler des 29 °C qui, en cette fin d’hiver, sont les bienvenus.

2. Guadeloupe 

Au premier réveil sur le bateau, nous voici à Pointe-à-Pitre. La ville foisonne de vie, mais l’excursion du jour nous emmène vers l’île du Gosier. Juste pour une après-midi à profiter du sable blanc et de l’ambiance relax à l’ombre des palmiers. En ce dimanche, bon nombre de locaux en ont aussi profité pour venir pique-niquer sur l’îlot.

3. Îles Vierges

Nous voici en territoire britannique. On aurait bien voulu aller jusqu’à l’île de Tortola, réputée pour sa plage, mais en ce Commonwealth Day, c’est jour férié. L’horaire des navettes maritimes ne nous permet pas le déplacement. À Road Town, la capitale, tout est fermé. Pas grave, un peu de marche sous la pluie (chaude) n’est pas désagréable.

4. Saint-Martin

Retour en Europe sur cette île dont la France et les Pays-Bas se partagent la souveraineté. La plage près de l’aéroport néerlandais est connue des fanas d’aviation et de sensations fortes. Allongé sur le sable, vous pouvez voir un avion de ligne qui termine son approche à quelques mètres au-dessus de votre tête.

Une croisière de rêve dans les Antilles
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5. Dominique

Des îles visitées, c’est la plus pittoresque car la plus naturelle. La faune et la flore y sont spectaculaires. On a vite fait de trouver un petit bus local qui nous emmène voir de vertigineuses cascades qui tombent de la forêt tropicale. Notre taxi local nous emmène aussi dans de petits villages voir des soufrières.

Une croisière de rêve dans les Antilles
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6. Saint-Kitts-et-Nevis

On n’a pas eu le temps de grimper au sommet du volcan endormi. Dommage. Mais à Basseterre, l’unique ville de cette petite île, on a été séduit par l’atmosphère qui règne : un mélange improbable de style british et de nonchalance à l’africaine qui donne envie de s’y attarder.

7. Antigua-et-Barbuda

Sans doute plus peuplée que ses voisines, cette île est cependant une merveille. Ses collines, ses petits ports de plaisance sont un plaisir pour les yeux. Et que dire des 365 plages et criques qui la parsèment ? On aimerait y rester au moins un an pour toutes les explorer.

Les navires tà l’abordage

Le secteur des navires de croisière n’a pas été épargné par la pandémie.  Rencontre avec Patrick Pourbaix, directeur de MSC Croisières France.{{5}}

Les bateaux de croisière sont donc de nouveau sur les océans ?

“Depuis un certain temps déjà. Après mars 2020, on a eu cinq mois d’arrêt total, mais le 16 août de la même année, MSC Croisières était déjà de retour en Méditerranée. Cet été, nous avons organisé des croisières avec escales en Europe du Nord. Aujourd’hui, onze de nos navires ont repris la mer, toutes destinations confondues, dont deux navires au départ de Miami. Un autre sera positionné aux Antilles fin novembre et entamera les croisières de sept nuits début décembre, sans oublier nos croisières dans les Émirats arabes.”

On a pointé le secteur des croisières comme étant vecteur de propagation du virus. C’est justifié ?

“On a souffert de la médiatisation du cas du Diamond Princess en février 2020, quand ce navire de la compagnie Carnival a été placé en quarantaine par les autorités japonaises à la suite d’un cas diagnostiqué à bord. Aujourd’hui, ce serait inacceptable de faire ça mais, à l’époque, les autorités étaient encore ignorantes. En plaçant ce navire en quarantaine, les autorités en on fait un énorme cluster alors qu’au contraire, quand les mesures sanitaires adéquates sont respectées, un navire doit plutôt être vu comme une immense bulle.”

Comment avez-vous géré cette pandémie ?

“On a étudié un protocole pour voir comment repartir au plus vite. Avec des scientifiques, des immunologues et en partageant avec différents États, on a mis au point notre protocole qui a déjà été rodé ces derniers mois. Le principe, c’est que tout le monde doit faire un test antigénique dans le terminal avant le départ. Le résultat est connu en 20 minutes. Si une personne est positive, elle subit alors un test PCR et si elle est de nouveau positive, Europe-Assistance se charge du rapatriement et le passager est remboursé. En cas de personne positive à bord, elle est isolée et peut aussi être rapatriée ainsi que ses proches. Bien entendu, notre protocole est adapté en fonction de la vaccination. On peut maintenant s’adapter très vite.”