Le Pays de Galles, un régal à ciel ouvert

Le nord-ouest est un véritable trésor. Parmi ses richesses : Caernarfon la balnéaire et médiévale, et le Snowdonia National Park.

La Libre Belgique
Beautiful landscape panorama of Snowdonia National Park in North Wales. UK
Le Snowdonia National Park ©Copyright (c) 2019 Pajor Pawel/Shutterstock. No use without permission.

La quiétude qui règne à Caernarfon nous imprègne autant que sa splendeur qui a traversé les époques sans pâlir, lorsque nous inspirons notre premier bol d’air marin dans cette petite ville de 9 600 âmes typiquement galloise.

Un peu plus de huit siècles plus tôt, c’est le roi d’Angleterre Édouard 1er qui, après avoir conquis le Pays de Galles, avait régné sur cette perle du comté de Gwynedd, blottie dans le nord-ouest du pays. Laissant derrière lui sur ce bout de terre à l’atmosphère de bout du monde l’une des plus gigantesques forteresses militaires du Moyen-Âge, qu’il avait érigée contre le peuple gallois local mécontent de son occupation, ainsi que trois autres châteaux dans la région, à Conwy, Beaumaris et Harlech. Très bien conservées, les quatre enceintes figurent sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Royales par la taille, les fortifications qui prolongent les murailles du château, et encerclent un cœur historique tapissé de façades multicolores, le sont également. S’il fait bon flâner dans les ruelles de ce poumon invulnérable, nous avons tout autant de plaisir à traîner la patte sur quelques centaines de mètres entre l’extérieur des remparts et le détroit de Menai. Et un port pittoresque, dans les eaux duquel baigne le château, et un port de plaisance. Toujours avec ce vent qui nous caresse le visage, parfois aussi sauvage que les cartes postales qui ceinturent également Caernarfon.

Impossible d’ouvrir les yeux plus loin que Caernarfon, sans que ce qui défile dans notre angle de vision ne pique notre curiosité. Des décors encore plus irréels, et pourtant, quand à sa tombée derrière l’île d’Anglesey, le dragon soleil crache ses plus belles flammes, parfois aussi rougeâtres que l’emblème du pays. Si le dieu ciel est aussi généreux avec vous qu’avec avec nous, posés sur une jetée sur des flots transformés en une palette aux nuances de couleurs vives qui se déclinent à l’envi.

Une localité au nom imprononçable

Nous nous laissons porter par un vent d’ouest direction Anglesey, par l’un des deux ponts qui surplombent le détroit de Menai, bras de la mer d’Irlande qui sépare la terre ferme et l’île qui flotte sur 714 km².

Et Llanfairpwllgwyngyllgogerychwyrndrobwllllantysiliogogogoch précisément, la localité au nom le plus long d’Europe, avec 58 caractères. (Ou "seulement" 51 lettres, les "ch" et " ll" n’étant qu’une seule lettre dans l’alphabet gallois). Mais plutôt que de vous essouffler à tâcher de le prononcer, mission impossible même écriteau sous le nez, sauf pour un local, en vitesse même parfois accélérée, dites plutôt Llanfair PG ou Llanfairpwll, ses abréviations officielles ! Ou "L’église de Sainte-Marie dans le creux du noisetier blanc près du tourbillon rapide et l’église de Saint-Tysilio près de la grotte rouge", sa traduction française, énumération des sites d’intérêt du village.

Le nom en entier entré dans le cadre de notre boîtier photo, et après avoir pris un peu de hauteur pour immortaliser aussi le détroit et d’autres horizons, dont les montagnes de Snowdonia, nous retraversons celui-ci. Nous nous laissons cette fois-ci soufflés vers l’est, et ce massif tapissant à perte de vue l’arrière-pays de Caenarfon, et les comtés de Gwynnedd et Conwy. Et couvre aussi la majeure partie du Snowdonia National Park, le second plus grand parc national britannique (2 142 km²) derrière le Lake District en Angleterre (2 280 km²).

Vers Llanberis, à 12 km, village niché dans la vallée au pied du mont Snowdon, avec ses 1 085 m d’altitude le plus haut sommet du Pays de Galles, mais pas de Grande-Bretagne, le Ben Nevis écossais culminant à 1 345 m dans les Highlands. S’il rend 260 mètres au géant écossais, l’Everest gallois n’a rien à envier à ce dernier. Parole de visiteurs qui ont déjà escaladé le Ben Nevis !

Pour rejoindre le mont Snowdon, nous empruntons le Llanberis Path. Les paysages sont époustouflants. Entre les lacs, torrents, rivières, vallées boisées, falaises et plaines rocheuses, moutons, poneys et 1001 autres merveilles, nous ne savons plus où donner de la tête 14,5 km durant. Nous suivons aussi longuement des rails. Et pour cause, on peut aussi accéder au sommet en train. Au départ de Llanberis toujours, avec le Snowdon Mountain Railway ou le Llanberis Lake Railway, deux convois à vapeur d’un autre temps, via le seul chemin de fer à crémaillère de Grande-Bretagne.

Une fois au sommet de la "colline enneigée" dans la langue de Molière, plutôt embrumée lors de notre passage, il ne nous reste plus qu’à tourner à 360 degrés. Pour contempler du toit du Pays de Galles, à condition d’être plus chanceux, une bonne partie d’un cirque majestueux de 96 sommets se dressant à plus de 600 m, des 100 lacs, dont le Bala Lake, le plus grand du pays (4,8 km²), et peut-être même les côtes d’Irlande, d’Écosse, d’Angleterre et de l’Île de Man.

Redescendus à Llanberis, vous ne serez pas au bout de vos découvertes. Vous passeriez à côté d’un important pan de l’histoire économique, bien plus encore que de Snowdonia, sans franchir les portes du National Slate Museum, le musée national de l’ardoise. De 1780 à 1940, la région a été leader mondiale de la production d’ardoises. Des traces de cette activité sont encore bien visibles dans les montagnes schisteuses.

Dans un imposant bâtiment victorien qui a jadis abrité un atelier d’entretien des outils des 3 000 hommes travaillant dans la carrière de Dinorwi, vous, aussi, assisterez entre autres à des démonstrations d’extraction ou visiterez des maisons ouvrières reconstituées.

Vous l’avez compris : Histoire, patrimoine, grands espaces sauvages et protégés, et économie, même ancienne, se conjuguent en toute harmonie dans ce coin de paradis du Pays de Galles. Et quasi toujours souvent au grand air, ce qui pourrait limiter considérablement votre ardoise !

--> Cet article résulte d’un voyage de presse organisé par l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc).

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