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D’année en année, le souvenir du Débarquement du 6 juin 1944 se fait plus flou à mesure que la génération qui l’a vécu s’éteint peu à peu. Et pourtant, jamais le tourisme de mémoire ne s’est aussi bien porté dans cette région où l’immense bataille s’est déroulée, prélude à la Libération de l’Europe de l’Ouest.

Aujourd'hui, à l’occasion du 75e anniversaire, on attend d’ailleurs la toute grande foule avec la présence des présidents Trump et Macron. Ce sera la dernière grande date à laquelle assisteront les vétérans... L'an passé, ils étaient encore plusieurs dizaines, la plupart nonagénaires, à honorer l’événement. Plus toujours bon pied bon œil mais affichant une vitalité étonnante. À croire que d’avoir bravé la mort garantit une longue existence.

Si la zone du Cotentin, cette partie de la côte normande où les soldats alliés ont pris pied sur le continent, attire un nouveau public, c’est grâce au cinéma et la télévision qui ont fait découvrir l’histoire aux plus jeunes (Il faut sauver le soldat Ryan ou Band of Brothers). Mais il faut souligner que la mise en valeur des sites a beaucoup gagné en qualité avec le temps. De nombreuses villes et villages disposent désormais d’un lieu de souvenir à la présentation dynamique et moderne.

© AFP

La nature magnifique, le souvenir, partout

Parmi le public venu du monde entier, les Belges ne sont pas en reste. C’est l’occasion de se rappeler que la présence de notre pays lors du Débarquement ne fut pas insignifiante. La Brigade Piron a pris une part active au combat et en de nombreux endroits, des plaques commémoratives et des statues rappellent son action.

Une autre raison pour laquelle nos compatriotes viennent nombreux en Normandie tient à d’autres attraits comme la nature - par exemple le superbe domaine d’Etienville - ou la gastronomie. Plusieurs sont même passés de l’autre côté de la barrière, à l’image de Koen Sileghem, d’origine flamande, qui dirige le Manoir de Mathan, un hôtel restaurant de prestige non loin d’Arromanches.

Outre les sites principaux, il n’y a guère de localité qui n’évoque pas un temps fort du Débarquement. C’est à Sainte-Mère-Eglise que sont tombés les premiers parachutistes, dont l’un restera accroché à la façade de l’église. C’est à Arromanches que l’on construisit un port artificiel pour acheminer le matériel et les vivres. N’oublions pas les cimetières militaires. Celui de Bayeux et ses 4.000 tombes, le plus grand de la Seconde guerre mondiale pour les pays du Commonwealth, est fleuri et entretenu à la manière d’un jardin anglais. Autre style, plus dépouillé mais tout aussi imposant, celui de Colleville-sur-Mer, dans le secteur américain.


Une page unique de l'histoire

Chaque visite permet d’entendre des anecdotes qui en disent long sur l’état d’esprit de l’époque. Par exemple ces jeunes qui trichaient sur leur âge pour s’enrôler. Ou ces pères de famille qui insistaient pour porter les armes alors qu’ils auraient pu se faire affecter à l’arrière. Combien en feraient autant aujourd’hui ?

C’est d’ailleurs un enseignement que l’on retire de toutes ces visites. Malgré l’admiration et l’émotion que l’on éprouve devant tous ces gestes héroïques, rien ne donne envie de les imiter. Que ce soit dans la peau d’un parachutiste entassé dans une carlingue avec son lourd équipement avant d’être largué. Ou dans celle d’un soldat allemand parqué dans un bunker étroit et mal aéré sous les bombardements incessants, dans l’attente de l’assaut destiné à le liquider comme un renard dans son terrier.

Le Débarquement du 6 juin fut une page unique de l’histoire militaire. Mais il a coûté la vie à des milliers de jeunes gens. C’est en allant sur les lieux de leur sacrifice que l’on se rend vraiment compte des conditions de vie qui ont été les leurs. Et que l’on ne souhaiterait revivre à aucun prix.

© reporters


5 bonnes raisons de venir en Normandie

Le mémorial de Caen

Sans doute la porte d’entrée idéale et même obligatoire avant de visiter la région. En l’espace de deux heures minimum, mais de préférence une demi-journée, vous saurez tout sur le Débarquement mais aussi sur les années de conflit qui l’ont précédé. En remontant plus loin dans le passé, dès l’Armistice de 1918, on comprendra mieux comment le monde a pu en arriver là.

La batterie de Merville

Ce n’est pas le site le plus connu mais c’est à coup sûr l’un des plus intéressants. Ce point fortifié de la défense allemande a été bombardé puis pris d’assaut par des parachutistes britanniques dont beaucoup se noyèrent dans les marécages. Un Dakota remarquablement préservé accueille le visiteur qui peut ainsi imaginer de l’intérieur ce qu’était la vie des équipages aéroportés..

La pointe du hoc

Cet endroit a été immortalisé par le film Le jour le plus long. Il fut le théâtre d’un exploit sportif mais hélas inutile puisque les redoutables canons avaient été déménagés.

Utah beach

Sur cette plage libérée par les Américains, la muséographie immerge le visiteur aux côtés des soldats des deux camps qui ont participé à la bataille à travers des témoignages et une riche collection de matériels dont un authentique bombardier B26.

Bayeux

Bayeux fut la première ville de France libérée par les Alliés. Mais elle avait déjà une longue histoire dont l’élément le plus illustre est la tapisserie de la Reine Mathilde représentant la conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066. Jolie petite ville calme et très touristique, Bayeux s’enorgueillit d’une magnifique cathédrale et d’un centre historique miraculeusement épargné en 1944.



Comment venir en Normandie

En voiture : sans quitter l’autoroute depuis la Belgique. Prendre l’A 1 puis l’A 29 via Rouen, le pont de Normandie et Caen.

En train : Thalys jusque Paris-Nord. Puis avec OUI.sncf, prendre le train pour Caen à la gare Saint-Lazare : https ://be.oui.sncf/fr/ . Grâce à l’Alerte Petits Prix de OUI.sncf, il suffit par ailleurs d’indiquer sa destination, les dates et le prix voulus et dès que cette demande est disponible, un mail ou une notification sur mobile est adressé. Il suffit alors de cliquer pour réserver. https ://www.oui.sncf/best-price-alert/ create .

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Office Régional de Tourisme de Normandie - normandie-tourisme.fr - 00 33 (0)2 32 33 79 00