La plus grande des îles charentaises mérite qu’on la découvre dans le calme, à l’abri des foules estivales.

Avec ses quelque 175 km², Oléron est la plus grandes des îles françaises de la côte Atlantique. À peu de chose près, elle pourrait même être la plus grande île de l’Hexagone si elle n’était détrônée par la Corse. Reste qu’Oléron la "lumineuse" veille avec douceur et sérénité sur cet archipel charentais, là où le fleuve rencontre l’océan, avec Marennes comme port d’attache sur le continent. Longue d’une trentaine de kilomètres à peine, les plus motivés pourraient en faire le tour en l’espace d’une demi-journée, à vélo évidemment. Mais il serait dommage de ne pas profiter des nombreuses escales que propose cette terre de grands et de petits plaisirs qu’il faut savoir savourer au bon moment.

Car le succès que connaît la côte atlantique à aussi son revers. On ne dévoile pas au grand jour un tel trésor de la nature sans risquer d’être victime de son succès. C’est sans doute l’un des grands soucis des destinations touristiques qui souffrent de ce que l’on pourrait appeler : le syndrome insulaire. Une île reste par définition un espace confiné. Juste un chiffre : Oléron, c’est 2,5 millions de nuitées pour l’essentiel évidemment en haute saison ! Sans compter que l’île de lumière dispose depuis la fin des années 60, d’un des plus grands ponts de France qui la relie à la terre ferme. Cela implique qu’il faut ajouter aux 23.000 habitants à l’année, près de dix fois plus d’estivants sans compter tous ceux qui empruntent le pont de près de 3 km, forcément encombré au plus fort de l’été.

L’autre île de beauté

Le message est donc clair. Si la superficie d’Oléron permet sans conteste de gérer ce souci avec plus de confort que l’île d’Aix par exemple, c’est hors saison que l’on pourra jouir au mieux de tous les atouts de cette autre île de beauté.

Parmi ces atouts, et même s’il est difficile de résister à l’appel de la plage, le patrimoine historique mérite qu’on s’y attarde. Oléron a été travaillée par Vauban pour en faire une citadelle dont les vestiges sont encore solidement ancrés dans le quartier dit du Château. Sous le règne de Louis XIV, Vauban la renforcera afin de mieux protéger l’embouchure de la Charente et surtout, l’arsenal de Rochefort. On pourrait demander une visite guidée en compagnie de Monsieur de Vauban en personne ? Malheureusement, celui-ci n’est disponible qu’en juillet et août. On en profite alors pour scruter l’Océan et pour déambuler en parcourant le sentier pédestre qui nous guide sur les remparts et dans ses recoins cachés, occupés par l’un où l’autre artiste. Des balades balisées sont d’ailleurs proposées et permettent de découvrir quelques dizaines de cabanes multicolores, inspirées des cabanes d’ostréiculteurs que l’on revêtait alors, de restes de peintures utilisées pour les bateaux. Aujourd’hui, cet espace "couleur-cabanes" accueille artistes et artisans, entre le port de plaisance et le port ostréicole.

Oléron a su entretenir le charme pittoresque des traditions insulaires d'antan. © D.R.

Chez Pierre Loti

Car évidemment, les huîtres sont omniprésentes. Et avant de se précipiter sur un plateau dégustation - pour y savourer notamment une variété de couleur naturellement verte, autant se mettre en appétit en cheminant le long des chenaux pour y découvrir le quotidien des producteurs locaux toujours actifs. Il ne faut pas hésiter à les interroger sur le contenu de ces énormes poches entassées sur leurs chalands et sur l’utilité de ces disques de couleur omniprésents… Et peut-être que l’un d’eux sortira de sa poche, son couteau pour vous ouvrir une huître juste prélevée de la claire. Tout ce savoir-faire fait aussi partie du patrimoine de l’île des saveurs. D’ailleurs, n’hésitez pas à pousser une pointe jusqu’à Saint Pierre d’Oléron. À la Cotinière, on découvre une poissonnerie en libre-service qui fait face au port et qui propose une palette de poissons et de fruits de mer, forcément de première fraîcheur !

Et tant qu’à parler gourmandise, après avoir visité les lieux, un repas sans chichi au Relais des Salines terminera de vous convaincre que nature et terroir, restent des ingrédients incontournables des bonnes expériences culinaires

Oléron, c’est bien d’autres choses encore que l’on prendra plaisir à découvrir au gré de son humeur, de ses balades à vélo et au gré du vent et des mares qui éloignent ou rapprochent aussi les oiseaux marins venus chercher un peu de repos et de nourriture sur les plages généreuses de l’île. C’est cette vivifiante terre marine que décrivait l’officier de marine Julien Viaud dans ses romans pourtant teintés d’exotisme et qu’il signait du nom de Pierre Loti. Né à Rochefort, Julien passait régulièrement ses vacances chez ses tantes qui habitaient l’île. Et c’est donc là, à Saint Pierre d’Oléron qu’il a souhaité être inhumé. Le souvenir de l’aventurier aux mille vie est omniprésent sur l’île même si c’est à Rochefort, dans le musée qui lui est dédié, qu’on pourra le mieux découvrir la vie tumultueuse et tapageuse de ce marin pétri des charmes d’Oléron.

5 bonnes raisons de se rendre à Oléron

1. L’océan

Omniprésent, il est à l’origine de toute l’activité de l’île qui a su préserver ses traditions tout assumant sa vocation touristique.

2. La nature

En dépit de son succès, l’île est restée bien protégée de la grande tentation d’y bâtir des complexes résidentiels qui l’auraient dénaturée. Oléron est protégée au titre de site classé depuis 2011, sur 84 % du territoire. L’immobilier y est dès lors hors de prix ce qui calme les ardeurs des promoteurs.

3. Le vélo

Même si la circulation automobile y est autorisée pratiquement partout, la terre d’Oléron se prête parfaitement à une découverte au ralenti, au rythme des coups de pédales en famille, avec ou sans assistance électrique.

4. Les fruits de la mer

Gourmands et gourmets se retrouveront devant un plateau d’huîtres pour y apprécier l’appellation "fine de claire", en découvrant l’huître à chair verte ou en savourant le label rouge : la pousse en claire qui "engraisse" pendant 4 à 8 mois dans un bassin d’eau.

5. Les artistes

Ils trouvent sur l’île une source d’inspiration subtile et lumineuse qui s’exprime dans tous les arts. Sur les ports du Château d’Oléron, de La Baudissière et de St-Trojan-les-Bains de nombreuses cabanes ostréicoles traditionnelles ont été réhabilitées en ateliers d’artistes.

Comment se rendre à Oléron

Voiture : Même si la destination est une île, on y accède en voiture puisqu’Oléron est reliée au continent par un pont de près de 3 km qui est gratuit… Jusqu’à présent car il semble que le sujet fasse l’objet d’un débat récurrent ! De Belgique, on se dirige vers Paris pour emprunter l’autoroute A10 puis sortir à Saintes (sortie 35). L’aéroport le plus proche est celui de La Rochelle.

Se renseigner

Office du tourisme Office du Tourisme de l’île d’Oléron et du bassin de Marennes 2 rue Dubois Meynardie 17320 Marennes www.ile-oleron-marennes.com