Le shopping est devenu une affaire sérieuse depuis que le Corona est passé par là. Flâner a perdu de sa légèreté, quand il s’agit d’être enfermé dans un centre commercial. On a profité des jours de l’été pour tester une certaine expérience de shopping. On s’est baladé, en mode observation, dans les allées pimpantes du Maasmechelen Village.

L’e-commerce roi ? non !

Le village aux cent marques apporte des réponses à la façon de consommer adoptée par le grand public depuis le début de la crise sanitaire. Les attitudes des consommateurs ont changé. Selon Philippe Depautex, directeur des lieux, la crise aura montré le développement de nouvelles tendances.” Quand on était en confinement, la seule manière de consommer, c’était l’e-commerce. Les produits allaient jusqu’à vous. Et on a vu un boom de cette forme d’achat. Ce sont sans doute des tendances structurantes qui vont rester. C’est pratique, on connaît les délais, ça arrive à la maison. Mais l’e-commerce reste une technologie, un moyen d’acheminer un produit comme vous l’avez demandé, et ça s’arrête là. Ni découvertes, ni échanges, pas de souvenirs non plus. Précisément, c’est ce que les gens ont montré après le confinement : “Si je sors de chez moi, c’est pour vivre quelque chose”.”

Et alors qu’on prédisait, il y a encore quelque temps, la conquête de pratiques tels l’e-commerce sur des formes de conso plus traditionnelles, on se rend compte que l’expérience numérique n’est pas près de ravir au monde du réel l’excitation que celui-ci nous procure.

Et le shopping n’y échappe pas, réunissant à Maasmechelen – chose étonnante à observer –, la pyramide des âges, mêlée, dans son entier : des générations de Milleniums aux retraités, prompts à suivre les consignes sanitaires avec civisme. Ambiance bon enfant donc. Le village aux cent boutiques procure un sentiment d’ordre policé. Il y a, aussi, cette sensation d’une “réalité augmentée” que donne le village : ultra-coquet et tranquille, comme dans les décors des séries télévisées qui brossent l’image d’une société qui cherche (de nouveau) la sérénité.

Quid des marques ?

À Philippe Depautex, directeur, on demande comment il procède au choix des marques représentées dans les petites rues du village. Fait-il jouer la concurrence entre les enseignes ? “Elle est nécessaire”, pour que le client puisse comparer, soupeser l’achat avec une tranquillité d’esprit. Quant aux enseignes, “elles vont des marques luxe à des marques premium, contemporaines, mais aussi des enseignes de sport, du outdoor. Il faut en fait pouvoir répondre aux besoins qui sont nombreux et élevés.” Le client est exigeant, il doit donc pouvoir tout trouver.

Le luxe, sous forme d’enseignes italiennes notamment, tente les villageois d’un jour, car affiché à un prix moins élevé – ce qui donne des ailes aux clients potentiels de l’enseigne milanaise fraîchement installée, Prada. “On a parmi notre public des Belges, des Hollandais (la frontière est à 10 km, NdlR) et des Allemands (à 15 km) mais aussi, des Français, des gens venus d’Angleterre, et même des Chinois.” Les résidents chinois qui accueillent leur famille en visite en Belgique font presque un passage obligé : l’Atomium, la Grand-Place, puis le Maasmechelen village. C’est donc tout naturellement que, chez le maroquinier de luxe Coach, les vendeuses passent du mandarin à l’anglais, sans sourciller.

On aura, pour notre part, cédé aux sirènes de marques maison belges, comme Sarah Pacini qui fabrique éthique, en Italie ou en Europe. C’est d’ailleurs l’une de nos questions au directeur qui répond : la communication sur les origines des vêtements est “un besoin contemporain.” Un véritable critère de consommation pour le public actuel qui a perçu qu’il faisait partie d’un grand tout planétaire dans la crise du coronavirus.

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Trois bonnes raisons d’aller à Maasmechelen ?

raison n°1  Visiter la campagne environnante avec un ranger

Maasmechelen est aussi la porte qui ouvre sur le parc national de la Haute Campine, unique parc national de Belgique. Depuis le point d’accueil Connectera, on sillonne un environnement fait de dunes et de bruyères, où se cachent des espèces rares et protégées comme le courlis, l’alouette des bois, ou l’autour des palombes qui planent au-dessus d’un paysage de sable et végétation courte sur pattes, parsemés de marais et de tourbières. Une équipe de vrais rangers sillonne le parc national avec les visiteurs qui veulent tout savoir des spécificités de ce microcosme. Les circuits de randonnées sont pléthore, réservez-y une demi-journée au moins. Infos : www.nationaalpark.be et www.connecterra.be

© d.r.

raison n°2  Faire du ski nautique

C’est possible aussi ! Alors, là. Vous ne l’aviez pas vu venir !… Mais si, si, au Cablepark, à quatre kilomètres du village de Maasmechelen, vous surfez sur la vague. Et pour les débutants, on vous instruit sur les pratiques du wakeboard et du kneeboard. À la fin de la journée, vous ne tombez plus que volontairement dans l’eau. Infos : https://terhills.be/en/terhills-cablepark/

raison n°3  Voir l’étranger de près

Maastricht est à 15 minutes à peine de Maasmechelen, et traverser la frontière s’avère toujours une expérience. Voir, de ses yeux, si la ligne qui sépare les humains laisse des traces dans le paysage et le comportement des humains…. Et on est en effet ailleurs, quand on est à Maastricht ! La ville du traité européen est un havre de paix appréciable où l’ambiance demeure bon enfant, malgré le contexte sanitaire pas toujours propice à la tranquillité. Édifiée à l’époque romaine, à la confluence de la Meuse et du Geer, la ville frappe par son dynamisme architectural, et notamment une réflexion urbanistique qui fait se rencontrer les habitants de la cité et les agréables bords de Meuse – les bâtiments de l’administration provinciale sont épatants, qui ont l’air de piquer le derrière du ciel hollandais. En retraversant le Pont Saint-Servais, on ira se perdre dans le quartier historique du Vrijthof.

© aurore vaucelle

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Trois adresses testées pour vous !

À Maasmechelen, l’hôtel Terhills. La mine d’Eisden a été en activité jusque 1987, information tout à fait étonnante, tant il est difficile de se figurer l’activité industrielle qui animait ce paysage il y a encore trois décennies. L’environnement est désormais dévolu à la nature et à la sérénité. Dans les anciens bâtiments administratifs du site minier, l’hôtel Terhills – un nom qui souffle aux visiteurs son origine minière – a élu domicile depuis cinq ans. La restauration qui met le minéral à l’honneur (dans le mobilier, et les espaces de vie), a été prise en charge par le bureau d’architecture belge Simoni – qui travaille désormais à l’international. Pour l’anecdote, le grand-père de l’architecte, responsable de la restauration, était déjà un habitué des lieux, nous raconte Christiaan van Kesteren, directeur de l’hôtel. Le père de Simoni, qui était maître glacier, avait coutume de garer sa camionnette de crèmes glacées devant le bâtiment principal, à destination des mineurs, après leur journée de labeur. Service de conciergerie très développé : on vous organise en deux temps trois mouvements un pique-nique à emporter, une virée à bicyclette jusqu’à l’église des mineurs ou un transfert vers le restaurant une étoile Michelin, Vivendum, à cinq kilomètres de là.
Et si l’on veut poursuivre la connaissance du patrimoine de la mine, on file à Beringen : la mine, est devenue musée.

Infos : https://www.terhillshotel.com/fr/ et https://www.visitlimburg.be/nl

© d.r.

Au Maasmechelen Village, la brasserie chic Le Petit Belge. Une déco inspirée de l’esprit des brasseries bruxelloises, de la belgitude insufflée sous toutes ses formes dans l’environnement du restaurant… Le concept de la brasserie a d’abord été pensé pour exister à Dubaï, avant qu’un exemplaire ne soit rapatrié au cœur du Limbourg. La carte déborde de propositions. La petite sole meunière au beurre entier frit fait son travail, et le tartare alias américain maison ne ment pas. Cocktails bien équilibrés.

Infos : https://lepetitbelge.com/

À Maastricht, la boutique Lifestyle. Quand on entre dans la boutique, on se sent rapidement concerné par tout. Tapis, vanneries, céramiques élégantes. Il vous faudra une maison de campagne en Campine pour stocker ce que vous y aurez acquis. Prudence.

Infos : Onze Lieve Vrouweplein 19, Maastricht. https://www.lifestyle94.com/