Le changement climatique - une dimension qui prend de l’ampleur dans le secteur de l’immobilier

Alors que la COP 26 se déroule en ce moment à Glasgow, certains réparent encore les dégâts des catastrophes naturelles de cet été. La crainte de nouveaux phénomènes pourrait pousser les futurs propriétaires à revoir certains critères pour l’achat de leur maison.

Le changement climatique - une dimension qui prend de l’ampleur dans le secteur de l’immobilier
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Acheter une maison est bien souvent une stratégie à long terme. La plupart des personnes en recherche d'un logement à acquérir ont en tête d'y passer une grande partie de leur vie, ou du moins jusqu'à ce que leur prêt hypothécaire soit entièrement remboursé. D'autres pensent acheter pour revendre dans quelques années, ou bien tout simplement louer leur bien pour toucher un revenu supplémentaire. Bref, dans la plupart des cas, une maison que vous achetez aujourd'hui sera encore la vôtre en 2040, voire 2050. Mais face aux phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes, un nombre croissant de personnes se pose la question : serai-je à l'abri des éventuelles inondations et tempêtes, des vagues de chaleur, ou même de la montée des eaux ?

L’été 2021 aura marqué la Belgique par de dramatiques inondations, tandis que les incendies de forêt se sont multipliés un petit peu partout dans le sud de l’Europe. De nombreuses habitations ont été détruites, et à en croire les rapports alarmants de la communauté scientifique, la situation ne va faire qu’empirer. Est-ce dès lors une bonne idée d’acheter un bien à proximité d’une rivière ou bien de s’offrir une seconde résidence en bordure d’une forêt en Espagne, en sachant les risques encourus ? Quels sont ces “nouveaux critères” auxquels vous pourriez vouloir faire attention avant d’acheter votre maison ?

La localisation du bien

La localisation a toujours été un critère important pour le choix d'une habitation. Jusqu'il y a peu, on préférait un endroit près des commerces, facile d'accès, près des écoles ou du bureau. Aujourd'hui, on pense aussi à des choses comme "suffisamment en hauteur" ou "loin d'une rivière". Difficile de prédire où et quand la prochaine catastrophe naturelle surviendra. Mais en tenant compte des phénomènes observés ces dernières années, on peut déjà déduire qu'en Belgique, la principale inquiétude est liée aux inondations, aux tempêtes, et à la montée des eaux. Dans cette carte interactive réalisée par l'institut Climate Central, on peut voir qu'une montée des eaux de cinquante centimètres en moyenne pourrait déjà menacer de nombreuses villes côtières le long de la mer du Nord. C'est donc un facteur de risque à ne pas négliger pour ceux qui souhaiteraient s'offrir un appartement à la mer.

En Wallonie, l’été 2021 nous a déjà montré que les risques d'inondations sont bel et bien réels pour ceux qui habitent près d’une rivière ou d’un fleuve, et ce même si des bassins d’orage et des systèmes d’évacuation des eaux sont mis en place. Verrons-nous de moins en moins d’habitations en construction le long des cours d’eau ? La question est en droit d'être posée.

L’isolation thermique

Entre dômes de chaleur en été, et vortex polaires en hiver, les écarts de températures pourraient s’accentuer de plus en plus au fil des années. C’est un facteur à ne pas négliger, surtout pour ceux qui souhaitent construire sur un terrain à bâtir : avoir une bonne isolation thermique. Une maison qui reste fraîche en été, et qui ne consomme pas trop d’énergie en hiver, voilà un critère que les agents immobiliers vont entendre de plus en plus souvent.

Une conséquence qui pourrait se faire sentir dans plusieurs autres secteurs liés à l’immobilier

La crise sanitaire et les mesures de confinement ont eu un effet significatif sur le secteur immobilier. Dès 2020, on a pu observer une augmentation de la demande pour les habitations avec jardin que les experts n’hésitent pas à mettre en lien avec la peur d’être à nouveau confinés. On peut donc s’attendre à ce que les phénomènes climatiques extrêmes aient aussi leur influence sur le choix des acquéreurs. Le secteur de la construction lui aussi pourrait évoluer, avec des immeubles plus résistants aux intempéries, mieux isolés, mais donc aussi plus chers. Mais le secteur qui inquiète le plus est celui des assurances qui pourraient, dans un avenir plus ou moins proche, revoir le montant des primes à la hausse à force de couvrir de plus en plus de sinistres liés aux phénomènes météorologiques.

Faut-il fuir les lieux à risque ?

Dire qu’il faut éviter les lieux à risques est, pour l’instant, un petit peu trop pessimiste. La Belgique n’est pas la plus à plaindre en matière de dérèglement climatique et de montée des eaux. Mais ces différentes menaces peuvent difficilement être ignorées plus longtemps. Il est donc recommandé de penser sur le long terme si vous achetez une maison prochainement, et de vous poser quelques questions : Quels pourraient être les risques environnementaux ? Quelle sera la valeur du bien dans 30 ans si le climat continue de se dégrader ? Quelle formule d’assurance habitation offre la couverture la plus adéquate ? Cela paraît alarmiste de prime abord, mais on ne sait pas de quoi demain sera fait.