Une assurance qui s’adapte au comportement de conduite, bonne ou mauvaise idée ?

Avec l’émergence de la Big data et des objets connectés, les compagnies d’assurance s’intéressent de près à l’assurance comportementale. Notre assurance auto va-t-elle bientôt s’adapter en temps réel à notre comportement de conduite ?

Une assurance qui s’adapte au comportement de conduite, bonne ou mauvaise idée ?
©Seraphin
Adops

Tesla a déjà franchi le pas en lançant son assurance auto qui s’adapte mensuellement, disponible uniquement au Texas pour le moment. Va-t-on voir ce type d’assurance se généraliser en Belgique ? Quels sont les avantages et les dessous de l'assurance comportementale ? La fin du bonus-malus a-t-elle sonné ?

Seraphin, courtier digital en assurances, a enquêté pour vous.

Elon Musk veut révolutionner l’assurance auto

Il y a un mois, Tesla a fait le buzz en annonçant le lancement de sa propre assurance qui adapte mensuellement sa prime au comportement de ses conducteurs. Actuellement en version de test, l'assurance n'est disponible qu'au Texas. Il existait déjà des assurances récompensant les bons conducteurs se basant sur les données de boitiers placés dans les véhicules. Mais ici, Tesla révolutionne le marché avec une assurance qui s'adapte quasiment en temps réel et sans aucun dispositif supplémentaire nécessaire. L'entreprise calcule son "Safety score" sur base des systèmes intégrés dans ses véhicules. Dès lors, impossible pour une autre compagnie d'assurance de se servir de ces données. Tesla pourrait donc avoir le monopole des assurances de ses véhicules ce qui irait à l'encontre de la liberté de la concurrence.

Comment ça marche ? La prime d'assurance de Tesla est calculée sur base du "Safety score", note donnée au conducteur chaque mois et qui se base sur 5 critères. Ces critères sont le nombre d'alertes sonores (les fameux BIP) par 1000 miles, les freinages secs, les virages trop agressifs, le non-respect des distances de sécurité et ou la désactivation de la fonction de pilote automatique. Ces critères incitent les conducteurs à se montrer plus prudents. En effet, les meilleurs conducteurs peuvent économiser jusqu'à 60% par rapport à une assurance auto classique. En moyenne, Tesla affirme que son assurance fait économiser entre 20 et 40% aux conducteurs. Mais attention, gare aux mauvais conducteurs, ce sont eux qui paient la différence.

Premières tentatives timides de l’assurance comportementale en Belgique

En Belgique, l'assurance comportementale n'en est qu'à ses débuts. Certaines compagnies proposent déjà de récompenser les bons conducteurs, mais aucune n'adapte les primes en temps réel comme le fait Tesla. Axa, par exemple, offre la formule "DriveXperience" aux jeunes conducteurs afin de diminuer leurs primes d'assurance. Cette formule propose aux assurés de télécharger une application qui enregistre les données de conduite. La première année, la prime est calculée de manière standard sur base de l'âge et de l'historique de sinistres, mais chaque année la prime est revue en fonction du comportement de conduite de l'assuré. La prime peut diminuer de moitié en fonction du score de conduite.

D'autres compagnies proposent l'installation d'un boitier télématique qui se branche à la prise allume-cigare pour recueillir des données : nombre de kilomètres parcourus, longueur moyenne des trajets, heures d'utilisation du véhicule (jour/nuit), type de routes empruntées, à l'intensité des accélérations et des freinages,… Toutes ces informations permettent aux compagnies de noter le style de conduite et d'adapter la prime en fonction du risque de sinistre.

Bien que l'assurance auto comportementale permette de diminuer les primes et de récompenser les bons conducteurs, elle n'est pas encore tout à fait au point et peine à convaincre les consommateurs. Ce modèle pose encore des problèmes techniques, stratégiques et éthiques.

Premièrement, le développement d'une assurance qui s'adapte en temps réel et non chaque année demande de repenser toute la structure logicielle des compagnies d'assurance. De plus, la collecte, le stockage et le traitement de la datamasse (Big Data) provenant des objets connectés requiert des investissements informatiques considérables. Tesla a pu le faire en bâtissant une structure à partir de zéro mais les compagnies traditionnelles ne peuvent révolutionner leur modèle si facilement.

Ensuite, la fiabilité des données collectées pour la prédiction des sinistres peut être remise en question. Selon une étude, il y aurait 20 à 50% de profils évalués comme bon conducteur à tort lorsqu'ils peuvent désactiver le système de collecte de données (en débranchant le boitier par exemple).

Enfin, l'assurance comportementale ne plaît pas à tout le monde car elle pose une série de questions éthiques. Elle ouvre la voie à une société où nos moindres faits et gestes sont observés et évalués et où les "meilleur" sont récompensés en laissant de côté les "moins bons". Pour prévenir ce scénario à la "Black Mirror", il est important de se fixer des limites à l'analyse des données des assurés. Ces questions éthiques semblent poser moins de soucis aux consommateurs américains qu'européens.

L’entreprise Tesla va-t-elle ouvrir la voie à l’assurance comportementale en Europe ? Ou les normes européennes plus strictes seront un frein à l’essor de ces technologies chez nous ?

Vous êtes à la recherche d'une assurance auto ? Que vous souhaitiez une assurance qui s'adapte à votre conduite ou une assurance auto classique calculée sur base du bonus- malus, le courtier Seraphin peut vous aider. Effectuez une simulation d'assurance et un conseiller vous rappellera pour trouver l'offre d'assurance la plus adaptée à votre profil.