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Sus au sucre !

La maladie est sournoise, elle envahit le sang de ses victimes, vampirise ses organes, le cerveau, les yeux, le cœur… Rares sont ceux qui lui échappent. Non soignée, elle entraîne sur le long terme diverses complications. Décelée à temps, elle peut être mieux accompagnée et contrôlée. Le diabète sévit par excès de sucre dans le sang, mais ce n’est pas aussi simple.

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Régis Radermecker, diabétologue au CHU Liège et Secrétaire général de l’Association du diabète
Régis Radermecker, diabétologue au CHU Liège et Secrétaire général de l’Association du diabète ©Lilly Benelux

Alors, le glucose seul responsable ?

C’est un des acteurs importants, mais plus le seul incriminé ! D’autres paramètres sont décisifs comme la maîtrise de facteurs de risques cardiovasculaires, l’hygiène de vie, l’équilibre émotionnel, social... Exit donc l’approche glucocentrique, place à l’approche holistique.

Le Professeur Régis Radermecker, diabétologue au CHU Liège et Secrétaire général de l’Association du diabète explique : « Le patient est cartographié, dans sa globalité. Tous les paramètres sont analysés pour un suivi hygiéno-diététique, pharmacologique et pluridisciplinaire avec, selon les profils, un-e infirmier-e, un-e kinésithérapeute, un-e diététicien-ne, un-e psychologue… La personne est au centre de la prise en charge et en droit de recevoir des explications claires, de comprendre les soins administrés. C’est l’approche holistique. »

Combattre l’ignorance

Sans disposer de chiffres précis, on estime que prédiabète et diabète touchent aujourd’hui 10 % de la population belge et est en augmentation constante. Pour Régis Radermecker, les intervenants de première ligne sont essentiels et il faut renforcer la prévention : « On estime qu’au moins trois personnes sur dix ignorent leur condition. » Des symptômes avant-coureurs peuvent pourtant donner l’alerte : besoins fréquents d’uriner, manque d’énergie et fatigue extrême, soif excessive… Or, plus tôt cette maladie chronique évolutive est prise en charge, moins dégénérative elle sera. « Les moyens sont de plus en plus performants pour améliorer les conditions de vie et réduire la vitesse de dégradation d’organes vitaux. Encore faut-il savoir qu’on est atteint de la maladie et que les soins soient accessibles à tous ».

Une goutte de sang dans un océan de patients

Autre cheval de bataille, la consolidation d’une base de données fiable et la plus complète possible. Aujourd’hui, le gouvernement fédéral recense les patients conventionnés, qui reçoivent des injections d’insuline et qui disposent de matériel d’autosurveillance. Cette base de données ne reprend cependant qu’une partie de ces patients conventionnés. Le manque d’informations est considérable sur tous les autres cas, bien plus nombreux, qui pourraient alimenter la recherche et améliorer la prise en charge.

Gérer avec bienveillance

Et là, tous les protagonistes s’arrachent un peu les cheveux. Comment recenser tous les patients, étudier et faire des statistiques sans que certains en profitent pour s’engraisser du sang du peuple en faisant mauvais usage des informations recueillies ? « Protéger la vie privée est un devoir », déclare le Professeur Radermecker. « Il est indispensable de trouver un cadre légal strict et un gestionnaire bienveillant ». Le diabète, en raison de sa prévalence et de la pluridisciplinarité de sa prise en charge, ouvre la voie et pourrait inspirer des études pour d’autres maladies.

Nous vous avons compris !

Depuis 80 ans, les deux associations contre le diabète du pays (Association du diabète et Diabetes Liga) travaillent de concert pour l’amélioration de la prise en charge. Elles participaient cette année, dans le cadre du Forum Belge du Diabète, à un premier colloque soulignant les objectifs de ce Forum dans un livre blanc.

Un livre blanc qui a déjà eu le mérite de mettre tout le monde autour de la table : entreprises pharmaceutiques, autorités fédérales et régionales, médecins, paramédicaux, associations de patients… Un livre blanc qui a mis en lumière les besoins et les attentes du monde médical, la nécessité de disposer d’un outil scientifique de gestion d’une base de données qui reflèterait davantage la réalité en Belgique…

La Belgique est-elle ambitieuse ? « On n’est jamais assez ambitieux quand il s’agit de santé, mais nous sommes privilégiés en Belgique et notre modèle est à pérenniser. Il faut encourager les connexions entre les lignes de soins, mutualiser les efforts et agir sur la prévention parce qu’à long terme, ça coûtera moins cher, à l’État et par définition, à la collectivité. » Et puis faire des rappels sur l’hygiène de vie, l’importance de pratiquer une activité physique et combattre la malbouffe à l’envi.

« Article réalisé avec le soutien de Lilly Benelux ».