En prévision de son intervention sur le "big data" au prochain événement Libre Network, le 20 juin prochain, Thierry Geerts, CEO de Google Belgium, évoque pour nous l'importance de ces "méta-données" au sein des entreprises belges.

Que vous inspire le big data ?

Selon moi, le big data est un concept qui est clairement sous-estimé. En effet, toutes les entreprises, qu’importe leur secteur d’activité, génèrent une masse (très) importante de données (données commerciales, facturation, visite sur le site, interaction (tel/visite),…), dont elles peuvent (et doivent) tirer parti. Paradoxalement, le big data est un concept qui est également très surestimé. Aujourd’hui tout le monde en parle comme si c'était la solution magique et la clé du succès des entreprises qui réussissent. Or, une entreprise n'est pas riche quand elle possède des données, mais quand elle parvient à les récolter et les analyser intelligemment.

Pour les entreprises, le big data représente-t-il des opportunités ?

Le big data permet d’augmenter l'efficacité au sein des entreprises, c’est certain. Par exemple, une chaine de magasin peut, au moyen de données récoltées, optimiser le stock des articles dans les différents points de vente en fonction de la demande, la météo, la saison, l'historique ou encore le profil des clients... Le big data permet aussi l’augmentation des services proposés aux clients. Quand vous avez un problème avec un opérateur télécom, on vous demande généralement votre numéro de téléphone ou votre numéro de client pour traiter votre demande. Or, en utilisant bien le big data, il est assez simple de pouvoir pré-remplir ces données et même connaître à l'avance la raison de l’appel du client, ce qui permet naturellement un service mille fois meilleur.

Quels en sont les risques ?

La masse des données disponibles entraine le risque de s’y perdre ! Il y a probablement des dizaines de sources et bases de données qui augmentent de façon exponentielle la complexité du traitement, sans pour autant augmenter énormément la qualité du service proposé aux clients. Rien ne sert de traiter cinq années de datas alors qu’avec quelques jours d'historique sur un site, on peut déjà fortement améliorer l'expérience utilisateur. N’oublions jamais que le big data n’est qu'un outil, pas une solution en soi.

La Belgique figure-t-elle parmi les bons élèves de la classe en la matière ?

Notre pays est clairement à la traine ! Tout d’abord, il y a une certaine frilosité à s’y mettre. Les sociétés belges épingles souvent les risques inhérents au big data, au lieu d'expérimenter et de se focaliser sur ses opportunités. Ensuite, pour traiter les big data de façon convenable, il faut d'abord passer au 'cloud computing'. Or, l'adoption du cloud en Belgique prend du temps comparé à certains de nos voisins européens. Enfin, si vous voulez réellement bénéficier des avantage du big data, il faut maitriser la digitalisation au sens large (bon site internet, site mobile, mesures diverses et variées dans l'entreprise qui génère des datas, ...) ce qui n’est pas toujours le cas chez nous.

Que faire pour améliorer la situation ?

Comme le fait remarquer le comité d’experts « Digital Minds for Belgium », qui a travaillé sur ces questions auprès du Ministre de l'Agenda digital durant cette législature, certains points essentiels sont à mettre en avant. Il faudrait ainsi :

- augmenter la compréhension du monde digital ;

- assurer un web sécurisé au travers d’une législation compréhensible et applicable

- montrer l'exemple en digitalisant les différents gouvernements et administrations publiques

- stimuler l'économie digitale (législation, fiscalité, ...)


Pour en savoir plus sur le big data, et venir écouter Thierry Geerts, n’hésitez pas à vous inscrire pour le prochain événement de La Libre Network.