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Parce que souscrire un crédit hypothécaire est loin d’être une démarche anodine, il est légitime d’hésiter entre les différents types de taux (fixe, variable) qui s’offrent à vous. Les taux étant encore historiquement bas, nous vous présentons les différentes caractéristiques des formules existantes.

Si la génération de nos parents ne jurait que par la souscription d’un taux fixe lors de l’acquisition ou de la construction d’une habitation, les mentalités semblent avoir quelque peu évolué ces dernières années. Dorénavant, certains particuliers optent pour le taux variable car celui-ci peut leur offrir des conditions intéressantes (réduction de la période de remboursement selon le taux actuel, ajustement des sommes mensuelles remboursées en cas de hausse salariale…), sans pour autant courir des risques financiers démesurés. Ces mêmes taux varient également en fonction du taux de base de l’indice européen ainsi que de la politique de l’organisme prêteur (offrir des taux compétitifs, ou pas).

Le maître-mot : la sécurité

Très populaire pour son aspect rassurant, le taux fixe implique que le souscripteur connaisse la somme mensuelle et totale à rembourser sur une période déterminée lors de la signature du crédit hypothécaire. Avec ce type de taux, aucun risque de fluctuation ni de (mauvaise) surprise ! Bien souvent, ce type de taux est le plus plébiscité par les particuliers n’ayant pas ou peu de connaissances dans le domaine bancaire. Mais cette sécurité a un prix. En effet, dans le cadre d’un taux fixe, les intérêts que vous payez auprès de votre banque sont plus importants.

Parce que les banques ne sont pas toujours les conseillères les plus objectives, vous seul(e) serez capable d’identifier le taux le plus approprié pour vous. Plusieurs éléments influencent votre taux : la durée de l’emprunt, la quotité, les revenus, les charges en cours, vos quotités d’emprunt, votre projet… Si le besoin s’en fait sentir, n’hésitez pas à solliciter un courtier en crédits.

Des risques restreints

En cas d’intérêt pour le secteur bancaire et en toute connaissance de cause, rien ne vous empêche d’opter pour un taux variable. Avec ce dernier, vous pouvez rembourser un montant mensuel à taux fixe durant une période déterminée (1, 5 ou 10 an(s), par exemple). Une fois ce délai passé, le taux est ajusté au taux en vigueur et selon la formule choisie dans le contrat. Le taux est alors à nouveau fixé pour une période déterminée (1 ou 5 an(s), par exemple).

Pas de risques financiers démesurés à craindre cependant. En cas de variation des taux d’intérêt, il existe un « cap » (« un plafond » en anglais) et un « floor » (« un plancher » dans la langue de Shakespeare) qui sont là pour limiter la baisse ou l’augmentation des taux d’intérêt, le taux pouvant au maximum doubler. Par exemple, si l’emprunteur signe un taux variable à 1,40%, celui-ci n’ira jamais au-delà des 2,80%, ce qui représente un taux compétitif lorsqu’on regarde l’évolution des taux ces dix dernières années.

Si votre cœur balance entre taux variable et taux fixe, sachez que le TAEG (taux annuel effectif global) peut vous aider à y voir plus clair. Appliqué depuis avril 2017, le TAEG est un indicateur qui permet à l’emprunteur d’avoir une idée précise de ce que va lui coûter l’emprunt dans sa totalité, et donc d’être mieux à même de comparer les différentes offres des banques. Le TAEG englobe le taux de base ainsi que tous les frais liés à l’opération immobilière (taux débiteur proposé pour le type de crédit souhaité ; frais uniques liés au crédit ; frais liés aux produits souscrits afin d’obtenir un taux avantageux…). À noter que le TAEG ne tient pas compte des honoraires du notaire.

Un compromis entre les deux types de taux

A l’heure actuelle, les banques proposent également un compromis entre les taux variable et fixe. « L’idée est de proposer un taux variable mais avec une mensualité fixe », nous éclaire Christophe Contrucci, à la tête de la société CEC Finance implantée à Mons. « Le client paiera par conséquent chaque mois la même somme, mais c’est la durée de remboursement qui pourra fluctuer », conclut notre expert. Appelée formule accordéon, cette dernière permet de bénéficier de la stabilité du taux fixe avec les avantages potentiels du taux variable. « Un compromis avantageux, même s’il faut veiller à effectuer les bons calculs pour analyser le risque réel du client en cas de modification du taux d’intérêt », prévient Christophe Contrucci.