Des idées qui valent de l’argent

Les associations "nature" sont sans cesse à la recherche de fonds pour mettre en place des actions "vertes". Cet argent est en général récolté de manière traditionnelle via la demande de subsides ou l’appel au don de sympathisants. Mais ces façons de faire ont leurs limites. Deux associations, Virelles-Nature et Natagora, tiennent à réaliser un projet, et ont usé de créativité pour récolter le capital financier nécessaire...

Des idées qui valent de l’argent
©ADAM
Julie Anciaux

Les associations "nature" sont sans cesse à la recherche de fonds pour mettre en place des actions "vertes". Cet argent est en général récolté de manière traditionnelle via la demande de subsides ou l’appel au don de sympathisants. Mais ces façons de faire ont leurs limites. Deux associations, Virelles-Nature et Natagora, tiennent à réaliser un projet, et ont usé de créativité pour récolter le capital financier nécessaire...

Virelles-Nature a le désir de rendre l’Aquascope, un centre d’éducation à la nature situé sur la berge de l’étang de Virelles, dans la Botte du Hainaut, autonome énergétiquement, en utilisant les ressources naturelles du site. Ainsi, la pose d’une turbine hydro-électrique sur l’étang permettra, à l’avenir, de fournir deux tiers de l’électricité nécessaire au bâtiment. Mais ce projet coûte cher : 80 000 €.

Alors, l’association a eu l’idée de mettre aux enchères un tableau, offert par Electrabel, Groupe GDF Suez. "Cette peinture représente un faucon pèlerin, avec, en arrière-plan, les falaises de Freyr. Il a été dessiné par le peintre animalier André Buzin, qui avait illustré une série de timbres de La Poste sur les oiseaux", explique Anne Sansdrap, la chargée de communication à l’Aquascope de Virelles.

Une première offre a été déposée par l’Abbaye Notre-Dame de Leffe à 5 500 €. Bien sûr, cette somme ne couvrira qu’une petite partie des travaux Mais "la turbine hydro-électrique est un investissement durable, elle aura un impact positif sur les finances de l’association quand elle sera opérationnelle".

Virelles-Nature songe encore à doter ses bâtiments de panneaux photovoltaïques ainsi que d’un chauffage qui fonctionnerait sur base de pellets de... roseaux. "Chaque année, nous sommes obligés d’enlever les roseaux morts de la roselière de l’étang dans le but de la régénérer. Cette matière est actuellement brûlée sur place, mais pourrait être valorisée", conclut Mme Sansdrap.

De son côté, Natagora, l’association pour la protection de la nature, fait également preuve d’imagination pour récolter des fonds, comme l’explique le directeur général Philippe Funcken. "Un partenaire, la société Elia, nous offre un euro pour chaque nouveau sympathisant sur notre page Facebook. Nous avions 3 000 amis quand nous avons lancé l’action, une fois que nous en aurons 8 000, Elia nous donnera donc 5 000 €." Le but ? Acheter une réserve naturelle dans la Vallée de Bellemeuse, en province de Luxembourg.

Cette vallée abrite des prairies humides, riches en fleurs rares, comme des orchidées, ainsi qu’en papillons, en oiseaux "Nous possédons déjà des réserves naturelles dans la région et nous avons l’opportunité d’en acheter une de plus, ce qui permettrait de créer un espace cohérent. La négociation a déjà eu lieu avec le propriétaire, il ne nous manque que l’argent", raconte notre interlocuteur. Les fonds ne devraient pas tarder à arriver puisque Natagora compte déjà plus de 7 500 "amis" sur le réseau social !

L’action a un autre avantage : "Elle permet d’établir un canal de communication avec le grand public pour le sensibiliser à la protection de la nature, l’inviter à se mobiliser pour des causes " Tant et si bien que le directeur général de Natagora songe déjà à un appel Facebook numéro deux