Exki, le Fastgood

Au départ, rappelle Laurent Kahn, General Manager d’Exki, notre fondement et notre raison d’être, c’était d’offrir de la restauration rapide mais saine et équilibrée, à déguster dans un décor agréable " A la recherche d’une nourriture de qualité, les managers d’Exki ont rapidement été amenés à travailler avec des produits bio.

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© Muriel Thies
Isabelle Masson-Loodts

Au départ, rappelle Laurent Kahn, General Manager d’Exki, notre fondement et notre raison d’être, c’était d’offrir de la restauration rapide mais saine et équilibrée, à déguster dans un décor agréable " A la recherche d’une nourriture de qualité, les managers d’Exki ont rapidement été amenés à travailler avec des produits bio. S’en est suivie la mise en place progressive d’une dynamique positive.

Lorsque la chaîne décide par exemple de changer de marque de café, pour des raisons de service, ses responsables rencontrent Max Havelaar, et il leur semble vite évident qu’il faut faire du commerce équitable ! "Or, après le café, il y a le sucre, le chocolat et ainsi de suite. Une fois qu’on tient un bout de la pelote de laine, c’est sans fin !"

Le personnel de la chaîne a lui aussi, dès le départ, joué un rôle de moteur dans ces démarches : "Pas mal de nos collaborateurs venaient travailler chez nous parce qu’il y avait cet esprit différent. Certains, déjà très engagés dans le développement durable, nous poussaient à aller plus loin." Conscients de l’atout que constitue la réunion du personnel autour de centres d’intérêts communs, les "Exki-managers" ont fait du respect de l’environnement et des personnes le fil rouge de leur développement.

En 2006, le besoin se fait ressentir d’offrir un cadre défini à cette philosophie d’entreprise. La chaîne engage alors une stagiaire en éco-conseil, pour faire le bilan de ses différentes démarches environnementales.

"Parfois on croit que certaines actions sont extra alors qu’en termes d’impact, elles ne sont pas nécessairement importantes. On a été parfois confrontés au dur équilibre à trouver entre l’envie de faire des choses, l’acceptation du client, le coût et parfois la réelle finalité écologique." Ainsi, l’histoire des couverts de la chaîne est emblématique.

Choisis en bois en 2003, ils sont vite abandonnés car la clientèle n’apprécie pas leur texture. Après un essai de couverts à base de matière végétale, qui fondent dans la soupe, et une 3e solution efficace mais trop onéreuse, Exki a choisi de revenir aux couverts en plastique, le temps de trouver la solution économiquement viable aujourd’hui en place dans ses restaurants : des couverts en amidon de maïs et pommes de terre.

En 2008, le WWF propose à Exki de calculer son empreinte écologique. Au bout d’ un an, le bilan est instructif : "on s’est rendu compte que l’électricité était ce qui pesait le plus lourd dans notre empreinte écologique." Dans la foulée, Exki s’est engagé dans un plan de réduction de son empreinte écologique de 25% avant la fin de l’année 2010. Cet objectif est englobé dans un plan d’action plus large, baptisé Re-think, qui formalise les engagements de l’entreprise sur 4 axes : la santé, le travail, l’environnement et le partenariat.

L’entreprise est donc, depuis lors, passée à l’électricité verte, récupère la chaleur des compresseurs des frigos pour chauffer l’eau, utilise du papier recyclé et de produits d’entretien écologiques, propose le tri des déchets à ses clients, et les incite à réduire les emballages grâce à la "Green Card", une carte de fidélité qui récompense la réutilisation des sacs en papier, en coton, et des mugs isothermiques.

L’année comptable d’Exki s’est terminée en février, et un nouveau calcul de son empreinte écologique dira d’ici le mois de juin si ces mesures ont permis d’atteindre leur but. Un Bilan Carbone est aussi en cours. Mais déjà, les patrons de la chaîne songent aux solutions qui permettront d’aller au-delà de ces 25 premiers pourcents, les plus faciles.

Planchant sur un plan de mobilité ambitieux, l’entreprise veut encore réduire le nombre de ses produits préemballés. Exki utilise aujourd’hui aussi environ 75% d’emballages soit à base de plastique recyclé, soit recyclables ou compostables, et souhaite "progresser pour arriver à 100%". Elle espère aussi bientôt mettre en place le compostage de ses déchets organiques et de ses packagings... "Notre métier n’est pas de sauver la planète, conclut Laurent Kahn. Mais on a toujours été convaincus qu’on peut diriger une entreprise commerciale et faire du bénéfice tout en prenant au maximum soin de ce qui nous entoure, que ce soit l’environnement ou les personnes !"

Exki est une des 30 entreprises durables épinglées dans "Beyond the hype, sustainable success stories", une publication de Recentre, centre de connaissance et de promotion du design durable dans l’Eurégio Meuse-Rhin.